24 septembre 2026

LES P’TITS D’O BUGEY RAID ALP OUTDOOR : LE RÊVE DU RIF DEVIENT RÉALITÉ

Photo : ARWS

Ils ont entre 20 et 26 ans, mais déjà un palmarès impressionnant. Champions de France à plusieurs reprises chez les jeunes, performants au niveau senior et déjà titrés à l’international, Rémi Bonin, Armel Berthaud, Clémentine Bellet et Titouan Tate font partie de cette nouvelle génération de raideurs qui monte.

Habitués à courir ensemble depuis les catégories jeunes et déjà forts d’une solide expérience des raids, les quatre équipiers vont franchir une nouvelle étape sous les couleurs des « P’tits d’O Bugey Raid Alp Outdoor ».

Grâce au dossard offert à la Fédération Française de Triathlon par l’organisateur du Raid in France pour promouvoir la pratique du raid aventure chez les jeunes, ils s’apprêtent à prendre le départ de l’Adventure Racing World Championship (ARWC) en Corse.

À quelques jours du départ, ils racontent leur préparation et la manière dont ils abordent leur première grande aventure sur un raid de plusieurs jours.

Vous nous disiez il y a quelques mois que participer au RIF était un rêve. Comment avez-vous appris la nouvelle ? Quel a été le premier sentiment ?

Les P’tits d’O Bugey Raid Alp Outdoor :

Nous avons appris la nouvelle par mail, à la suite de la décision de la commission Raid. Forcément, nous étions très contents et surtout très reconnaissants.

Nous pensions avoir un dossier solide et nous espérions vraiment être sélectionnés, mais tant que la décision n’était pas prise, rien n’était acquis. Recevoir ce mail a donc été un moment particulier.

Nous savons aussi que sans cette opportunité, nous n’aurions probablement jamais pu participer à une course comme celle-ci. C’est donc quelque chose qui nous touche beaucoup.

Il y avait beaucoup de joie, mais aussi une petite part de peur ! Parce qu’une fois la sélection obtenue, il faut se dire : maintenant, il va vraiment falloir aller faire le RIF !

Vous souvenez-vous du moment où vous avez réellement réalisé : « Cette fois, on va faire le RIF » ?

Je pense que nous le réalisons encore progressivement ! Au départ, le RIF nous paraissait complètement inaccessible. Quand nous avons découvert le Raid, on regardait ces athlètes et on se disait qu’ils étaient presque surhumains, et qu’on n’arriverait jamais à réaliser ne serait-ce qu’un quart de ce qu’ils faisaient.

Avec l’expérience, les discussions avec des raideurs plus expérimentés et nos propres participations sur des formats plus longs, notre regard a changé. On comprend mieux ce qu’est réellement une course comme le RIF et tout ce qu’elle représente, aussi bien sportivement qu’humainement. Le RIF Spirit nous avait déjà permis de découvrir une partie de cet univers. Aujourd’hui, on a envie de passer à l’étape suivante.

Quel objectif vous êtes-vous fixé pour cette première participation au Championnat du monde ?

Notre objectif numéro un est de faire notre course à nous et d’aller le plus loin possible.

Forcément, dans un coin de notre tête, il y a l’idée de faire la course complète. Mais on sait aussi que nous avons encore beaucoup à apprendre sur un format aussi long.

Nous voulons donc prendre de l’expérience, découvrir cette aventure et essayer de profiter au maximum de tout ce qui va se présenter à nous.

Lors du RIF Spirit, Pascal Bahuaud (organisateur du Raid In France) nous avait dit après une nuit passée dehors : « Vous avez fait le plus dur, maintenant il n’y a plus qu’à faire la suite ». Cette phrase nous est restée.

On sait que ce sera difficile, mais il faudra avancer étape après étape.

Vous êtes jeunes, mais vous arrivez avec déjà beaucoup de titres nationaux et une expérience internationale. Comment définiriez-vous aujourd’hui votre équipe ?

Nous avons tous les quatre commencé le raid relativement jeunes et nous nous connaissons depuis les catégories jeunes.

C’est une vraie force parce que nous avons grandi dans le même environnement sportif et construit une amitié autour de cette passion.

Nous avons aussi des qualités assez complémentaires. Certains sont plus à l’aise en orientation, d’autres sur l’endurance, la technique ou la gestion du groupe. Nous avons également des tempéraments différents.

Notre complémentarité physique, mentale et technique est sans doute l’un de nos plus grands atouts.

Vous avez justement défini des rôles précis. Comment allez-vous fonctionner pendant la course ?

Nous avons voulu définir certains rôles pour savoir qui est responsable de quoi, tout en gardant une règle importante : les décisions doivent autant que possible être prises ensemble.

Rémi sera le capitaine. Son rôle sera notamment de prendre la décision lorsque nous ne sommes pas tous d’accord.

Pour l’orientation, Armel sera principalement aux commandes en VTT, avec Clémentine et Rémi en soutien. À pied, Clémentine et Rémi seront les principaux orienteurs, avec également un système de back-up.

Pour nous ça nous semble important de définir clairement les personnes qui prennent les décisions en orientation. Si tout le monde remet constamment le choix en question, on peut rapidement perdre du temps et surtout de la confiance.

Titouan aura la responsabilité du road-book et de la gestion de la nourriture. Il veillera à ce que les orienteurs aient toujours suffisamment de « gasoil » pour avancer.

Nous avons également réparti les rôles sur les ateliers cordes et le kayak. Sur l’eau, Armel et Titouan auront le rôle de direction depuis l’arrière du kayak.

L’objectif est vraiment que chacun sache ce qu’il a à faire lorsque la fatigue commencera à s’installer.

Justement, après plusieurs heures ou plusieurs jours d’effort, pensez-vous que cette répartition des rôles sera encore aussi importante ?

Oui, probablement encore plus. Sur une course de plusieurs jours, la fatigue peut complètement changer la manière dont on fonctionne. Il faut donc pouvoir compter les uns sur les autres et avoir confiance dans les décisions de chacun.

Nous savons aussi qu’il y aura forcément des moments où quelque chose ne se passera pas comme prévu. C’est là que le collectif va devenir essentiel.

Un conseil de Jean-Noël Poméon nous accompagne beaucoup : ne jamais abandonner et toujours chercher une solution à nos problèmes.

C’est probablement l’une des choses les plus importantes à retenir en Raid. Il y aura forcément des problèmes, mais il faut réussir à trouver une solution et continuer.

Comment avez-vous préparé une épreuve dont vous ne pouvez finalement pas vraiment reproduire les conditions à l’entraînement ?

Nous avons dû composer avec les agendas de chacun, mais nous avons essayé de travailler spécifiquement les points sur lesquels nous avions le moins d’expérience. Nous nous sommes notamment beaucoup formés sur les techniques de cordes et le kayak.

Nous avons aussi cherché à apprendre auprès des athlètes qui ont déjà participé au RIF. Le partage d’expérience est extrêmement important dans notre discipline.

Nous avons également participé à différents formats de 24 à 30 heures et nous avons pu nous préparer au raid long grâce notamment à un stage de Sébastien Raichon en Ardèche, il y a plusieurs années.

Nous savons malgré tout que rien ne remplacera l’expérience que nous allons acquérir directement sur le RIF.

Le matériel est évidemment un autre enjeu majeur. Comment avez-vous fait vos choix ?

Nous avons beaucoup réfléchi à ce que nous devions réellement emmener. Sur ce type de course, chaque gramme compte, mais il ne faut pas non plus partir trop léger et se retrouver en difficulté après plusieurs heures.

Nous avons notamment travaillé sur les sacs à dos, avec des volumes autour de 30 à 35 litres, et surtout sur l’organisation du matériel à l’intérieur.

Nous avons également emprunté beaucoup de matériel autour de nous. C’est quelque chose qui nous a permis de tester différentes solutions sans forcément devoir tout acheter.

Nous avons essayé de penser aux détails qui peuvent faire la différence sur plusieurs jours : le matériel obligatoire, le confort, les vêtements, l’alimentation…

Certains choix peuvent sembler anecdotiques, comme prendre du talc pour les combinaisons ou même une brosse à dents, mais après plusieurs jours de course, ce sont justement ces petits détails qui peuvent avoir leur importance.

Et avez-vous découvert des astuces auxquelles vous n’auriez jamais pensé avant de préparer cette course ?

Oui, beaucoup ! Nous avons notamment énormément réfléchi à la gestion de l’alimentation et des transitions.

On découvre aussi qu’il y a des choses auxquelles on ne pense absolument pas au départ. Par exemple, certaines idées très simples peuvent finalement être utiles dans la gestion du matériel ou de l’alimentation.

Vous allez affronter des équipes qui possèdent parfois beaucoup plus d’expérience que vous. Votre jeunesse sera-t-elle un avantage ou un handicap ?

Il y aura forcément un manque d’expérience. Nous savons que des équipes auront beaucoup plus de vécu que nous sur ce type de course.

Mais nous avons aussi déjà une grosse expérience malgré notre âge.

Nous avons beaucoup couru chez les jeunes, participé à des championnats de France, à des compétitions internationales et commencé à nous confronter au niveau senior.

Notre jeunesse nous donne surtout beaucoup d’envie et une grande capacité à découvrir. Nous allons arriver avec beaucoup d’humilité, mais aussi avec l’envie de montrer que nous avons notre place sur ce type d’épreuve.

Une dernière chose que l’on peut vous souhaiter avant le départ ?

De profiter. De profiter des paysages, de la course, de l’ambiance et de la chance qui nous est donnée.

Et évidemment… de finir le RIF !

Nous sommes vraiment reconnaissants envers la Fédération Française de Triathlon et Raid in France pour cette opportunité. Sans ce dossard, nous n’aurions probablement jamais pu vivre une telle aventure.

Nous voulons également remercier nos clubs, RaidAlp Grenoble, O’Bugey Raid et Outdoor 07, pour leur accompagnement, ainsi que toute la communauté du Raid pour le partage d’expérience, les conseils et le soutien.

Il ne reste maintenant plus qu’une chose à faire : prendre le départ et vivre notre RIF.