Photos : FFTRI
Dans une optique de développement et d’ouverture du triathlon et ses disciplines enchaînées sur des thématiques sociales, la FFTRI a souhaité expérimenté en mobilisant, sur la saison 2024-2025, six clubs autour d’un accompagnement AFDAS sur le socio-sport (3 jours d’accompagnement collectifs et 4 jours en individuel).
Le socio-sport, qu'est-ce que c'est ?
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Le socio-sport utilise la pratique sportive comme un outil de développement à destination de publics présentant des vulnérabilités permettant d’arriver à d’autres finalités que celle de la performance sportive. Ces actions peuvent entrer dans douze thématiques différentes: l'éducation, le social, l’emploi, la pauvreté/ précarité, le développement durable, l’intégration, la justice, la santé, le handicap, l’égalité, les loisirs et enfin la cohésion des territoires. |
Ainsi, pendant un an, les clubs de Mâcon, Raid Evasion Azimut, Saint-Grégoire Triathlon, Fast Guebwiller, Pau Triathlon et Best Saint-Nazaire ont été accompagnés et sensibilisés à une utilisation différente, non compétitive du triathlon, avec l’appui de Impact Social par le Sport, Clubs sportifs engagés de France Travail et l’AFDAS.
Après un diagnostic de leur clubs, ils ont pu formaliser un projet associatif et déployer au moins une action d’insertion socioprofessionnelle dans leurs structures telle que des opérations “Du Stade Vers l’Emploi” de France Travail.
↪️Cette action permettant de “recruter autrement” a été réalisée notamment par le Best Triathlon Saint-Nazaire (pour demandeurs d’emploi en situation de handicap) et le club de Saint-Grégoire Triathlon (auprès des jeunes de mission locale).
Les stages de remobilisation sont également un bel exemple d’actions visant l’insertion socioprofessionnelle des personnes. Ces stages qui ont déjà été réalisés par les clubs de Saint-Nazaire et Pau sont un levier pour mobiliser des personnes loin de l’emploi, leur donner confiance et mettre en avant les qualités et compétences de chaque participant.
Cette sensibilisation autour du socio-sport, le diagnostic et le déploiement d’au moins une action socioprofessionnelle ont permis aux clubs de s’ouvrir sur diverses thématiques et publics, de créer/ pérenniser un emploi et engendrent d’autres bénéfices.
Diversification des publics au sein des clubs
Selon leur public visé, certaines actions socio-sportives favorisent une augmentation du nombre de licenciés, notamment chez les jeunes et les féminines. C’est le cas du club Raid Azimut Évasion, qui mène des actions en direction des jeunes, telles qu’une section sportive raid au sein d’un collège. Cette initiative a conduit à la prise de licence de 50 jeunes au sein du club, cela démontre l’impact des actions de découverte des disciplines enchaînées auprès d’un public jeune.
D’autres actions socio-sportives, plus ponctuelles, comme les opérations « Du Stade vers l’Emploi », touchent un public moins durablement sensibilisé aux disciplines liées à la FFTRI, ce qui limite davantage les prises de licence. Cependant, cela permet de créer du lien localement et potentiellement de toucher de futurs bénévoles.
Développement de l’emploi au sein des clubs
Sur les six clubs ayant bénéficié de l’accompagnement, cinq sont aujourd’hui employeurs. Le sixième avait pour projet de salarier quelqu’un dans une optique de développer des actions socio-sportives. Cependant, en raison de contraintes internes liées à son fonctionnement, ce projet n’a pas abouti.
Parmi les clubs accompagnés, on note une diversité :
• deux clubs comptent deux salariés à plein temps ; avec 99, 345 licenciés, un autre composé de 250 licenciés d’un salarié à plein temps et un autre à mi-temps.
• deux clubs disposent d’un salarié, avec 110 et 260 licenciés (dont un club ayant également recours à un prestataire représentant un total de 1,2 ETP) ;
Les missions des salariés ont, pour la plupart, évolué vers des fonctions de coordination et des missions à dimension sociale. Les activités dites « traditionnelles », comme l’entraînement orienté vers la performance, conservent néanmoins une place importante.
Mis en perspective avec les données des autres clubs, ces chiffres montrent que la mise en place d’actions socio-sportives constitue une réelle plus-value pour les clubs. En effet, on considère généralement qu’un club peut pérenniser un emploi à partir de 130 licenciés. Pourtant, deux des clubs accompagnés sont employeurs malgré un nombre de licenciés inférieur à ce seuil, dont l’un avec deux salariés.
Le club de Fast Guebwiller, composé de 99 licenciés, a depuis cet accompagnement deux salariés : la création d’un poste d’agent de développement et d’une chargée de communication / marketing, puis prochainement un DEJEPS triathlon. Cette structure met en place une action sur le thème du développement durable, des sensibilisations sur le thème du handicap et ouvre sa pratique à tous lors de journées découvertes. Pour la prochaine saison, le club souhaite développer des actions socioprofessionnelles et le triathlon santé dans le club. En parallèle, il se lance dans le sport en entreprise, ce qui permet d’augmenter le temps de travail des salariés du club et de diversifier les sources de financement.
Ainsi, la formalisation du projet, le déploiement d’actions socio-sportives jouent un rôle sur la professionnalisation des clubs.
Des financements dédiés au socio-sport
Les clubs ayant bénéficié de l’accompagnement socio-sportif accèdent également plus facilement à des financements publics et privés. Les subventions soutiennent de plus en plus des projets à destination de publics spécifiques et des actions générant des impacts sociaux.
De leur côté, certaines entreprises souhaitent s’engager dans une démarche de responsabilité sociétale (RSE), notamment autour des enjeux sociaux et sportifs, l’occasion de nouer des partenariats locaux. Vous pouvez retrouver le réseau “Les entreprises s’engagent” localement et vous mettre en relation avec elles.
Les clubs peuvent également répondre à des appels à projets spécifiques, comme ceux portés par l’Agence Nationale du Sport et France Travail dans le cadre du dispositif « En jeu pour l’emploi » (prolongé jusqu'au 05/06/2026).
Au fil des années, de nouveaux projets émergent, tandis que la majorité des actions déjà engagées sont maintenues et développées, même si certaines disparaissent.
Bénéfices de l’accompagnement et présentation des nouvelles actions
Le socio-sport dans sa globalité et l’accompagnement proposé ont été jugés utiles par les clubs, notamment pour :
• Les bénéfices apportés aux clubs et aux publics accompagnés
• Réaliser un diagnostic plus précis du clubs et ses besoins
• Structurer et cadrer les actions mises en place
• Mieux comprendre le socio-sport, ses enjeux et ses modalités d’action
• Bénéficier d’informations méthodologiques notamment les financements
• Acquérir une meilleure compréhension du secteur social et partager un langage commun avec les partenaires concernés.
• Une opportunité de recrutement dans la structure
• La construction d’un projet associatif davantage aligné avec les valeurs des membres
• L’identification de nouvelles sources de financement
• Une meilleure compréhension des publics visés, favorisant leur fidélisation ;
Cet accompagnement a également permis de renforcer les projets associatifs des clubs : les actions socio-sportives y sont davantage valorisées, les projets évoluent vers un meilleur accueil des publics vulnérables et le socio-sport devient un axe de développement. Cette dynamique contribue aussi à améliorer la visibilité et l’attractivité des clubs auprès des partenaires. Afin de permettre un ancrage durable du socio-sport, le club de Saint-Grégoire a créé une commission dédiée à la thématique.
Un an après, ces clubs mènent désormais tous plusieurs actions socio-sportives dans des thématiques différentes.
- Le club Raid Evasion Azimut opère plusieurs actions ; une sur le thème de l’éducation avec la mise en place d’une section sportive dans les collèges et lycées. Le club ouvre également des créneaux pour des personnes en situation de précarité bénéficiaires des Restos du Coeur ainsi que des personnes issues de l’immigration. Par ailleurs, il met aussi en place des colos apprenantes afin d’apporter aux jeunes une ouverture sur le patrimoine naturel et culturel, de développer leur autonomie et de découvrir des pratiques sportives. Les mobilisations autour de la thématique de l’éducation est un véritable levier pour développer la pratique et augmenter la part de jeunes dans les clubs de triathlon.
- De son côté, le club de Mâcon propose une journée découverte du triathlon aux élèves de la ville, ce qui permet à la structure d’avoir une part de licence jeune supérieure à la moyenne nationale.
Par cette mobilisation, les clubs se font connaître par d’autres acteurs associatifs de leur ville et peuvent créer des partenariats. Mettre en place de telles actions permet de démystifier le triathlon et montrer que c’est une pratique qui peut être accessible au plus grand nombre.
Un outil fédéral dédié au socio-sport
A l’issue de cet accompagnement, la FFTRI a créé en 2025 un outil socio-sportif à destination des clubs souhaitant s’engager : TRIomphons avec le socio-sport répertorie les différentes actions mises en place dans le monde du triathlon, les partenaires mobilisables ainsi que des partenaires spécialisés sur les 12 thématiques socio-sportives. De quoi retrouver des actions inspirantes à mettre en place dans vos structures !
Maintenant que vous avez toutes les informations, c’est à vous de jouer !
Le Projet Sportif de la Fédération (PSF) 2026 peut financer vos actions socio-sportives via l’enveloppe nationale spécifique (en plus de deux autres actions mobilisables via votre code régional). Plus d’informations :
https://www.fftri.com/actualite/campagne-psf-2026-des-aides-financieres-pour-vos-projets/
Pour plus d’informations sur le sujet du socio-sport, vous pouvez contacter mcrouzat@fftri.com et avasse@fftri.com

























