Des clubs
à la F.F.TRI.


L'histoire du triathlon

Des clubs à la F.F.TRI.

L'histoire du triathlon

  • Les « Origines »

    Bien que la naissance du Triathlon avec ses valeurs physiques (endurance et enchaînements multidisciplinaires) et morales (défi et dépassement) soit rattachée à un jour bien précis, certains ont tenté d'identifier les prémices de la discipline bien en amont de cette date.

    On retrouve dans la littérature journalistique française, une compétition surnommée « les Trois Sports » enchaînant dans la continuité la course à pied, la bicyclette et le canotage. Nous sommes en 1902 avec pour décor les renommées guinguettes de Nogent-sur-Marne et Joinville-le-Pont (94 - Val-de-Marne).

    En 1920 : la natation remplace le canotage.

    En 1934, la course des Trois Sports a lieu à la Rochelle (17 - Charente-Maritime). Il s’agit de traverser le chenal à la nage soit environ 200 mètres, de parcourir 10 kilomètres à bicyclette, du port de la Rochelle au parc de Laleu, quartier situé plus au nord, et enfin d’avaler trois tours de piste, soit 1.200 mètres, du stade André Barbeau.

    En 1944, une épreuve est parrainée par l'Auto (l'ancêtre de l'Equipe). Elle se déroule à Joinville-le-Pont.

    En 1945, cette compétition migre vers la banlieue ouest de Paris et plus particulièrement à Poissy (78 - Yvelines). Alors dénommée « Course des Débrouillards », elle devient dans les années 1970 « la Course des Touches à Tout », associant au gré des organisations des disciplines variées.

    Ces archétypes d’organisation de triathlon se fondent sur une pratique populaire, non élitiste, ainsi que sur des formats qui ne sauraient être qualifiés d’extrêmes. Il faut regarder désormais vers l’ouest et traverser l'Atlantique pour retrouver trace de cette pratique enchaînée.
    Il est probable que le terme de « triathlon » résulte de cette situation. En effet, à cette époque, la population pratiquante était uniquement composée d'athlètes issus de l'athlétisme.
    Ainsi, par extension des termes « décathlon » ou « heptathlon », le triathlon est né. Son créateur reste un anonyme.

    Le triathlon est apparu au début des années 1970 à l'initiative du club d'athlétisme de San Diego (San Diego Track club). Il constituait, à l'origine, une autre forme d'entraînement pour l'athlétisme.

    Les premières épreuves se déroulent très rapidement dans la continuité, mais comme en France, la formule et les distances proposées n'ont pas de quoi enthousiasmer les foules, ni des sportifs avides de nouveauté, ni d'un public admiratif et encore moins les médias, pourtant à l'affût d'originalité.

    Le mercredi 25 septembre 1974 est à marquer d'une pierre blanche. L'affiche annonce le deuxième Triathlon de Mission Bay à San Diego (Californie) : 5 miles de course à pied, 5 miles de vélo et 500 yards de natation, pris dans cet ordre ! (soit 8 kilomètres de course à pied, 8 kilomètres de vélo et 800 mètres de natation). Elle stipulait en plus que chaque participant(e) apporte son vélo personnel ! John COLLINS, capitaine de frégate basé à Hawaii, classé 35ème, en finissait avec son premier triathlon.

    Le premier Triathlon américain (dans le bon ordre) se déroule en 1975 à Fiesta Island (Californie du Sud, près de San Diego) et proposait de nager 800 mètres, pédaler 8 kilomètres et courir 8 kilomètres.

    Moins de trois ans plus tard…

  • La naissance d'un Sport

    L'histoire raconte que le capitaine de vaisseau John COLLINS, vétéran de la marine américaine basé à Hawaï, se trouvait un soir de 1977 à la brasserie « Primo », dans le village polynésien d'Honolulu. Dépité de voir son équipe de vétérans battue par des cadets dans une compétition pédestre en relais (l’Oahu Perimeter Relay Race), il décide de leur lancer un « Défi ».
    « Triathlète » sur les courses de Mission Bay et de Coronado (Californie), il propose que le débat soit arbitré par une épreuve unique regroupant les trois compétitions les plus longues de l'archipel :

    - La Waikiki Rough Water Swim en natation, longue de 2,4 miles,

    - L'Around Oahu Bike Race en cyclisme, d'une distance totale de 115 miles… sur deux jours (ce n’est que bien après l’annonce de l’épreuve que John COLLINS se rendit compte de ce détail !),

    - Le Marathon d'Honolulu : 26,2 miles.

    Le 18 février 1978, ils sont quinze au départ (tous des hommes). Gordon HALLER, un chauffeur de taxi retiré de la Navy, entre dans la légende, en devenant « le premier homme de fer hawaïen ». Il boucle les 226 kilomètres de ce défi en 11h46’58’’. Seuls douze des quinze concurrents engagés terminent l'épreuve.
    Chacun des « finishers » reçoit son propre tee-shirt, que John COLLINS imprime au pochoir, et un trophée de douze centimètres de haut représentant un homme : L’Ironman.
    Un sport vient de naître.

    Photo : 1978 - Sortie de l’eau de Gordon HALLER
    Il n’y a pas foule !
    (Document fourni par Triathlète n° 6)

     

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  • Le 1er Triathlon de Nice

    Devant le succès événementiel des premières épreuves d'Hawaï de TRIATHLON, notre sport réalise une percée internationale et revient sur le vieux continent. Le rôle des médias dans ce déploiement est, bien sûr, lié au caractère exceptionnel de l'effort qui retient toute l'attention des journalistes sportifs.

    Franchissant l'Atlantique, cette discipline amorce la conquête de l'Europe par la Tchécoslovaquie, à Plzen, le 30 août 1980. Tous les autres pays européens se mettent au diapason dès 1981 (Pays-Bas, RFA, RDA, Hongrie,…).

    En France, tout commence quand l’International Management Group (IMG) dirigé par Mark MAC CORMACK décide d’organiser un triathlon à Monte-Carlo pour que la côte d’Azur soit à l’Europe ce qu’Hawaii est devenu pour les États-Unis. La mort de la Princesse GRÂCE voit l’évènement se déplacer du rocher sur la promenade.

    Ils sont cinquante-sept, ce 20 novembre 1982, au départ du 1er Triathlon de Nice. Seul dix azuréens (neuf hommes et une femme : Majo BOUTELEUX) relèvent le défi anglo-saxon, dont Georges DAUDU : « Pourquoi ? Pour prouver que les américains ne sont pas les seuls à pouvoir réaliser une pareille performance ».

    L’eau est à 14°C en cette fin d’année. Á l’issue des 1.500 mètres de natation l’anglais FLAGERTY sort le premier de l’eau. Il est rapidement dépassé en vélo par le hollandais Axel KOENDERS qui fait durer le suspense pendant les 100 kilomètres du parcours. Le marathon a raison de ses forces. Mark ALLEN le passe, puis Scott MOLINA, Scott TINLEY, Jeff TINLEY (le frère) et encore quelques autres. Le premier européen est un hollandais, Jim KOSTER, qui termine 7ème. Le premier français, Jean-Paul THEULIN, termine 15ème (8h14’12’’). Majo BOUTELEUX, la première triathlète française, termine la course en 10h41’37’’.

        Podium Individuel Homme        Podium Individuel Femme
    1    Mark ALLEN    6:33:52           L BROOKS    7:40:44
    2    Scott MOLINA  6:41:50           J DAHKLOETTER    
    3    Scott TINLEY   6:45:50          S EDWARDS    8:06:50

    Il y a dix-sept abandons… et sept transports à l’hôpital !

    Le lendemain dans Nice Matin on peut lire : « L’entrepreneur Mac CORMACK et sa troupe de bateleurs ont réussi un joli coup. Hier à Hawaii, aujourd’hui à Nice. Venez voir les increvables… Mais ce défi à l’endurance, qu’a-t-il prouvé ? Rien. Sinon qu’on pouvait le faire et c’est tout !… Comment situer cette journée grimaçante de souffrances dans un contexte sportif ? Et puis, sont-ce réellement des sportifs ? Ou des bêtes à courir, à pédaler, à nager ? »

    Peu de français échappent au reportage d’Antenne 2 diffusé le 11 décembre 1982 dans l’émission les Jeux du Stade. Des cinquante-deux minutes retransmises, Jacques BELIN (critique à Télérama) écrit : « C’est sans doute aussi un record de mauvais goût. » ou « Á trop vouloir prouver, on risque d’atteindre le contraire du but recherché ». En fait, il prédisait la limite de son analyse.

  • La création de la CCTF (Comité de Coordination du Triathlon en France)

    En juillet et août 1984, devant un afflux anormal de demandes de renseignements au Secrétariat d'État chargé de la Jeunesse et des Sports (SEJS) alors dirigé par Alain CALMAT, aussi bien de la part de triathlètes potentiels que d'organisateurs d'épreuves « en herbe », le ministère décide de contacter les trois fédérations sportives pour connaître leur avis sur cette nouvelle pratique.

    On imagine les réponses de chacune des fédérations, techniquement à des années-lumière des attentes de cette nouvelle compétition. Parce qu’ils la considèrent, probablement, comme un épiphénomène à la mode, issue d'un délire américain, le tout dans un contexte qui sportivement, va à l'encontre de toute logique physiologique.

    Malgré tout, le SEJS donne son accord au Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), présidé par Nelson PAILLOU, pour mettre en place une commission avec l'aide des trois fédérations concernées.

    Après des échanges de courriers, notamment avec la Fédération Française d'Athlétisme, le CNOSF, à l'initiative d’Henri COURTINE, nommé à la « va-vite » par Nelson PAILLOU, organise le 10 octobre 1984 une réunion informelle réunissant Jean PITALLIER (Fédération Française de Cyclisme), Bernard RAYAUME (Fédération Française de Natation), Daniel BRISSET (Fédération Française d'Athlétisme), Christian DENIS et Thierry ROUDIL (Fédération Nationale du Sport Universitaire). Cette double présence de la FNSU s'explique par son action dans l'organisation des triathlons de 1983 et du triathlon annulé de la Grande-Motte de 1984, mais aussi en raison de sa présence au sein du CNOSF.

    Il ressort de cette réunion la volonté d'éviter que les organisations de triathlon n'échappent au contrôle des trois fédérations sportives concernées. Pour cela la création d'une commission de triathlon, interne au CNOSF, est envisagée. Sa composition regroupe treize membres :
        - un représentant du CNOSF, Henri COURTINE, nommé Président,
        - deux représentants de chaque fédération concernée,
        - deux représentants des athlètes,
        - deux représentants des organisateurs,
        - deux représentants extérieurs, dont un médecin (demande expresse du SEJS qui a du mal à mesurer les risques en la matière).

    Ce projet de Commission de Coordination du Triathlon en France (CCTF) reçoit l'approbation des participants qui décide de la présenter au Conseil d'Administration du CNOSF du 16 novembre 1984, pour l'officialiser¹, avant présentation au SEJS pour reconnaissance².

    Dorénavant le triathlon français sera régi par deux structures : l’une associative, le CONADET, l’autre reconnue par le ministère, la CCTF.

    ¹ Après présentation des pièces statutaires au CNOSF le 15 janvier 1985, la création de la CCTF est soumise le 12 février 1985 à son Conseil d'Administration qui officialise à l'unanimité la création de cette structure.

    ² Début 1986, un dossier de demande d'agrément est déposé par le CONADET auprès du SEJS. Les trois fédérations sportives concernées, contactées par Henri COURTINE le 11 février 1986, donnent leur accord le 17 pour attribuer l'agrément « Sport » au CONADET. André LAURENT écrit dans une lettre du 14 mars 1986 qu’en fonction, de la reconnaissance officielle du CNOSF, des accords des fédérations sportives concernées et des liens qui unissent le CONADET à la CCTF, « … vous bénéficiez ipso facto de l'agrément ministériel accordé à celui-ci (le CNOSF) ».

  • La création du CONADET (Comité National du Triathlon)

    Après la réunion de la Grande-Motte, le CONADET se réunit officiellement pour la première fois les 20 et 21 octobre 1984 aux Mureaux. Cinquante personnes de tous les horizons sont présentes.

    Lors de ce que l'on peut qualifier d'Assemblée Générale Constitutive, les débats, dirigés par Christian DENIS, évoquent la Commission de Coordination du Triathlon en France et analysent les aspirations des premiers organisateurs et pratiquants.

    Ils doivent définir une attitude concertée car les représentants du CONADET vont rencontrer les représentants de la CCTF le 16 novembre 1984. Il ressort des discussions, parfois houleuses, que la création immédiate d'une fédération, voulue à tout prix par certains, n'aboutirait pas à l'obtention de l'agrément délivré par le ministère. Celui-ci souhaite associer les 3 fédérations délégataires au démarrage de ce sport. Christian DENIS résume parfaitement la démarche entrevue : « La commission est un petit moment de la vie du Triathlon, la fédération en est un second. Pour préparer une fédération indépendante, il faut accepter dans un premier temps d'être sous tutelle, afin d'être couverts ». Cette phrase a son importance car elle a été prononcée après un premier vote allant dans le sens fédéraliste et a inversé la tendance lors du vote définitif.

    Douze membres sont élus pour former le Comité Directeur :
    - Président : Gilles PETIT
    - Trésorier : Jean-Pierre PINON
    - Secrétaire-Général : René CAILLET
    - Plus neuf membres : Antonio LOPEZ, Vincent PÉDOIA, Pierre TOLLINI, Jacques BOUISSIÈRES, Claude MEYER, Thierry ROUDIL, Alain NOVELLA, Françoise PRAT et Jean-Claude MÉRIC.

    Les statuts du CONADET sont déposés à la sous-préfecture de Mantes-la-Jolie dont dépend le siège social situé à l'école EDF-GDF 17 rue Albert Thomas 78130 les Mureaux. L'agrément préfectoral sera délivré le 14 décembre 1984 et la parution au Journal Officiel est effective le 2 janvier 1985.

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  • Début de Structuration

    En dehors du triathlon de Nice, les premières épreuves amateurs sont organisées en 1983 à Hyères (83 - Var) ou La Grande Motte (34 - Hérault) et on remarque quelques tentatives de-ci de-là, laissant à penser que le sud-est de l’hexagone ne sera pas le seul touché par ce sport marginal et novateur. Il va alors connaître un fort engouement par la médiatisation de ces quelques évènements organisés tant bien que mal.

    C’est à cette époque que se monte à Grenoble (38 - Isère) le premier club de France : les Mille-pattes, est né d’une rencontre entre un nageur - skieur de fond (Jean-Luc CAPOGNA) et un universitaire (Alain NOVELLA). Cinquante-huit autres clubs suivent en 1984.

    Cette année-là, Antenne 2, par l’intermédiaire de Gilles COZANET et de sa société de production Sportéus, sensible aux images spectaculaires qu'elle peut diffuser, organise un ersatz de circuit national, baptisé « Coupe de France », composé par quinze des dix-sept triathlons existant en France en 1984.

    Cette Coupe de France débute donc aux Mureaux le 19 mai 1984. Au centre de cette commune existe une école de formation continue réservée aux futurs ingénieurs EDF-GDF. Chaque année, il est demandé à l’ensemble des jeunes cadres de s’associer et de travailler en groupe sur des projets novateurs. C’est dans ce cadre que Marc ROZANES, élève de 2ème cycle, imagine d’organiser un triathlon, après avoir vu les images télévisées de Nice 1983. Gérard LANGLET, le Directeur de l’école, convaincu de trouver là une idée originale, approuve le projet et met tous les moyens humains, logistiques et financiers pour appuyer l’événement. Par l’intermédiaire d’une association interne à l’école (l’Apogée), la nouvelle se transmet rapidement vers les cadres de l’enseignement sportif du centre : René CAILLET son responsable et Pierre CESSIO son adjoint.

    Dans une eau frigorifique, plus de quatre cents concurrents prennent le départ. On retient la victoire de Georges BELAUBRE (parce qu’il est l’un des rares athlètes à ne pas avoir souffert du froid grâce… à une combinaison !), l’investissement personnel de l’équipe organisatrice et surtout la volonté de Gérard LANGLET de confier à René CAILLET la gestion du triathlon dans le centre des Mureaux.

    Le 18 août 1984, sur une idée de Jean-François BONNET, relayée par le Comité des Fêtes, et sous le patronage du club d’athlétisme de Digne, une nouvelle épreuve de triathlon voit le jour : Embrun (05 - Hautes-Alpes).

    On ne retrouve rien d’extravagant dans l’épreuve : 750 mètres de natation, 30 kilomètres en vélo et 10 kilomètres de course à pied. Gérald IACONO n’est qu’un partenaire parmi quelques autres et Gérard HONNORAT, vainqueur en 2h00’45’’, un triathlète parmi tant d’autres. L’engouement de quelques dirigeants et l’enthousiasme de tout un village, bientôt de toute une vallée, vont transformer une simple épreuve en mythe.

    8 septembre 1984 - Quatre cent dix-huit concurrents sont au départ du 3ème triathlon de Nice (cf. Triathlète n° 23) organisé par la société International Management Group (I.M.G.). Ce qui choque le plus, c’est l’augmentation du prix d’inscription : 400 francs (contre 50 en 1982 et 80 en 1983). Après deux trous financiers pour la ville de Nice, il fallait bien combler le déficit pour poursuivre l’aventure.

    La Grande-Motte accueille la dernière étape le 29 septembre 1984.

    Tout est en place pour cette finale, événement retransmis en direct, mais hélas la nature en décide autrement. Le vent souffle en tempête, la mer est déchaînée. Les plus téméraires se jettent à l'eau et sont renvoyés sur la plage par les vagues, les embarcations de sécurité chavirent… Face à cette vision apocalyptique, la mort dans l'âme, les organisateurs décident d'annuler l'épreuve.

    Sur l'instant, tout le monde pense que l'expérience du triathlon va s'arrêter là...

    Bien au contraire, athlètes, organisateurs et journalistes décident de se réunir le 30 septembre 1984 au Palais des Congrès de La Grande-Motte. Plutôt dépités par les contraintes de la veille, les différents membres présents analysent l'année de Triathlon écoulée. Il en ressort que face à cette anarchie des organisations, une structuration minimale est nécessaire pour que vive ce sport.

    Bien que cette réunion naisse d’un mouvement collectif, le coordonnateur des débats est un haut responsable de la FNSU, Christian DENIS, invité pour l’occasion par un des organisateurs, Thierry ROUDIL, qui fait partie de cette fédération.

    Très rapidement, un consensus se fait jour entre les intervenants les plus actifs. Tous s’accordent pour établir un calendrier plus cohérent des compétitions, des modalités de classement visant à unifier le circuit ainsi que des règles sportives et médicales.

    Reste à définir l’instance qui va organiser cette Coupe de France de Triathlon.

    Si la totalité des membres est d'accord sur l’idée, deux groupes s'opposent : l'un prône la constitution directe d'une fédération, l'autre la création d'une association loi 1901. Le second point de vue l'emporte mais l'article 1 des statuts précise : « Objet : Association chargée de régir et promouvoir le développement du Triathlon et de préparer la mise en place d'une Fédération Française de Triathlon ».

    Ainsi, le 30 septembre 1984, la décision est prise de créer le Comité National pour le Développement du Triathlon (CONADET).

    Gérard LANGLET, qui assiste à cette réunion, propose à l’ensemble des membres présents de se réunir rapidement au centre EDF-GDF des Mureaux afin d’officialiser cette décision en organisant l’assemblée générale constitutive de l’association.

  • Les Premiers Triathlons Scolaires

    Avant 1987 le plus jeune triathlète ne pouvait avoir que dix-huit ans. Difficile d'impliquer les enfants et les adolescents dans le triathlon, tant les distances exigées sur les épreuves sont incompatibles avec leur physiologie.

    C’est à un professeur d’éducation physique et sportive que l’on doit la première expérience en la matière. Durant l’année 1985, dans un collège des Essarts-le-Roi (78 - Yvelines), Didier ABAUZIT, après avoir assisté au triathlon de Valras-Plage (34 - Hérault), met en place un programme annuel visant à faire réaliser un triathlon à tous ses élèves. Le déroulement de l'épreuve, le 14 juin 1985 à Verneuil-sur-Seine (78 - Yvelines), prévoit l'attente des derniers de la discipline avant le démarrage de la suivante. Il faut dire que le menu est copieux : 500 mètres de natation, 15 kilomètres à vélo (12 pour les filles) et 5 de course à pied. L'opération est une réussite et se trouve reconduite.

    Podium Individuel Garçon
    1. Stéphane ROBINET       56:09
    2. Philippe HORMAIN        58:09
    3. Emmanuel LARCHET    59:45

    Podium Individuel Fille
    1. Nathalie PRUD’HOMME  1:00:52

    2. Laurence COQUILLOT     1:02:31
    3. Fabienne BARAT             1:03:53

         
    D’autres expériences existent à la même époque. Á Montluçon (03 - Allier), sous la houlette de Yves CAHOUET, professeur d’éducation physique au lycée Paul Constans qui organise le 1er triathlon scolaire le 22 mai 1985, à Narbonne (11 - Aude) au Collège Victor Hugo, sous l’autorité de Jean-Pierre OLIVE.

    Mais ces créations sont plus du domaine de l’organisation dans un périmètre scolaire que de réels programmes éducatifs comme aux Essarts-le-Roi. Néanmoins dans un cas comme dans l’autre, ces actions sont remises en place à la rentrée scolaire 1985.

    Le triathlon chez les jeunes a trouvé son mode d'implantation : par l’intermédiaire des clubs, il sera pratiqué en milieu scolaire.

    Didier LEHÉNAFF prend en charge la Commission Scolaire et négocie une convention avec l'Union Nationale du Sport Scolaire (UNSS). En 1986 le triathlon est inscrit dans son programme d'Association Sportive (AS). Plusieurs établissements proposent ce sport à leurs élèves qui le pratiquent, trois heures durant, le mercredi après-midi.

    Parallèlement, Thierry ROUDIL qui appartient à la FNSU, confirme l’organisation d’un Critérium National Universitaire.
    Devant le succès du Triathlon « à l’école » en 1986 (32 épreuves), une épreuve par département avec la réalisation d'une finale nationale scolaire est évoquée. Ce découpage, très proche du modèle des championnats académiques avec finale est couramment développé par l'UNSS. La première se déroule le 7 juin 1987 sur le plan d'eau de Meuse Madine (55 - Meuse), suivie par Montluçon (03 - Allier) le 28 mai 1988 et Fréjus - Saint Raphaël (83 - Var) le 25 mai 1989. Cela permet l’arrivée des jeunes dans les clubs, recensés pour la première fois en 1987 (103 licences). Ils vont augmenter régulièrement.

    Ce système se modifiera en 1992 pour adopter un découpage « académique » avec réalisation d'un « Championnat de France UNSS » qui se pérennisera jusqu'en 2001.

    Côté FNSU, le 1er Critérium National Universitaire voit le jour à Nantes le 20 septembre 1987 et le Championnat de France Universitaire deux ans plus tard.

  • L’Ouverture vers l’ETU

    Une fois la CCTF et le CONADET créés, il s’agit pour l’équipe dirigeante nouvellement élue, de développer le triathlon avec comme seul objectif la création d’une fédération comme le prévoient les statuts dans leur 1er paragraphe : « Le CONADET est une association mise en place pour développer et gérer le triathlon en France et pour créer les conditions d'une évolution vers un statut de fédération. »

    Cela nécessite l'aval de l'ensemble des institutions du mouvement sportif français. De fait, entre le simple statut associatif initial du CONADET et sa transformation terminale en fédération, on différencie un ensemble d'étapes successives, franchies l'une après l'autre, comme on monte un escalier pour atteindre le sommet ; chaque marche nécessitant de remplir les conditions fixées sur la feuille de route.

    En « interne », le CONADET doit prouver l’importance du triathlon en France. Sur ce plan les choses vont bon train. Le nombre de clubs et d’épreuves se multiplient, un Championnat de France est mis en place, une ligne politique de formation est définie, le règlement intérieur et les statuts évoluent, un règlement médical voit le jour, les distances sont catégorisées (triathlon catégorie A - B - C) et un triathlon Promotion est créé, une politique jeune se profile en collaboration avec l’UNSS.

    Cet ensemble est à mettre à l’actif de l’équipe de René CAILLET devenu Président le 13 avril 1985 après la défection de Gilles PETIT.

    Acquérir le statut de fédération c’est aussi se tourner vers l’international. Or il n’existe aucune instance reconnue. Tout juste note-on une organisation américaine du nord centrée sur des intérêts commerciaux liés au triathlon d’Hawaï.

    Á l’initiative des nations à influence anglo-saxonne, l’Union Européenne de Triathlon (ETU) est créée début 1985. L’irlandais Con O’CALLAGHAN est élu Président alors que le britannique Dick POUND et le hollandais Joop VAN ZANTEN occupent respectivement les postes de trésorier et de secrétaire général. Le CONADET envisage de constituer une Equipe de France dite « Sélection Nationale du CNOSF » pour participer au 1er Championnat d'Europe de Belfast (Irlande).

    L’année suivante, le 4 avril 1986, se tient, à Bruxelles, une réunion à laquelle participent trois représentants du triathlon français : Pierre TOLLINI, Didier LEHÉNAFF et Philippe CHÂTEAU. Á cet instant, l'European Triathlon Union, regroupe 11 pays (Autriche, Belgique, Suède, Danemark, RFA, Pays-Bas, France, Luxembourg, Tchécoslovaquie, Grande-Bretagne et Irlande).

    Ses objectifs sont de fédérer les structures du triathlon dans chaque pays européen et de contrebalancer le poids du triathlon américain dans les origines d’une future fédération mondiale. Mais elle a peu de pouvoir et d’influence.

    Il apparaît que la France est le pays le mieux organisé en terme de structures dirigeantes. La France s’avère être la seule où le triathlon soit reconnu par le Comité Olympique National et par les pouvoirs publics.

    Pour ces raisons, l’idée est lancée d’un représentant français au Comité Exécutif de cette organisation européenne. Les 4 et 5 juillet 1986 à Säter (Suède), Henri COURTINE est élu au Comité exécutif de l’ETU avec en retour l’organisation du Championnat d’Europe de Triathlon Catégorie A, à Marseille le 31 mai 1987.

    Cette implication précoce du triathlon français dans les structures internationales, voulue par la CCTF, contribuera à accélérer la mutation de la structure CONADET vers le statut fédéral.

    Marseille (13 - Bouches-du-Rhône), le 31 mai 1987, est la première épreuve internationale organisée sur le territoire avec ce Championnat d’Europe de Triathlon Catégorie A. Sur un parcours exigeant, Rob BAREL et Sarah COOPE montrent qu’ils sont bien les meilleurs triathlètes européens. En individuel, Philippe MÉTHION (médaille d’argent) et Chantal MALHERBE (médaille de bronze) tirent leur épingle du jeu. Par équipe, la France est 1ère chez les hommes et 2ème chez les femmes.

    Podium Individuel Homme              Podium Individuel Femme
    1    Rob BAREL             1:58:12        Sarah COOPE             2:17:03
    2    Philippe MÉTHION    2:01:03        Sarah SPRINGMAN     2:20:39
    3    Karel BLONDEEL     2:01:22        Chantal MALHERBE    2:22:31

    Sur le plan individuel, il faudra attendre le Championnat d’Europe Catégorie A à Cascais (Portugal), le 11 juin 1989, pour que la Marseillaise retentisse pour la première fois sur une épreuve internationale. Qui plus est ce n’est pas pour le français prévu sur ce type de distance : Yves CORDIER. De son aveu même, il est surpris d’avoir pu repousser les attaques de la cohorte de Hollandais et d’Allemands qui placent huit athlètes dans le Top 10.

    Podium Individuel Homme         Podium Individuel Femme
    1    Yves CORDIER    2:02:08        Simone MORTIER    2:16:59
    2    Rob BAREL         2:02:55        Kirsten ULLRICH      2:22:18
    3    Jürgen ZÄCK       2:03:05        Sarah SPRINGMAN  2:22:36

  • La Naissance de la F.F.TRI.

    Entre les 21 octobre 1984 et 21 octobre 1989 (date de l’officialisation de la F.F.TRI.), le CONADET n’a jamais perdu de vue l’unique objectif qu’il s’était fixé : devenir une Fédération Française Sportive. Une multitude d’hommes et de femmes se sont relayés pour atteindre ce but. Eux seuls peuvent encore dire que ce ne fut pas simple… puisque tout était à faire.

    Globalement, il fallait organiser la discipline, donc contraindre l’ensemble des structures naissantes à s’incorporer dans un « système national », sans casser la croissance celles-ci, de manière à montrer à la CCTF, donc au Ministère, que la discipline n’était pas un feu de paille et que ce système était viable.

    On peut scinder cette période en 2 parties.

    La première période s’étend du 21 octobre 1984 au 27 avril 1987. Un nom ressort : René CAILLET. Il est élu Président le 13 avril 1985 suite à la désaffection persistante de Gilles PETIT.

    Dès sa nomination, la régionalisation est créée (les COREDET), un contrat d’assurance national est signé ce qui induit la délivrance de licences et un secrétariat s’organise dans le centre EDF-GDF des Mureaux. Sur le plan sportif, le triathlon « Promotion » est créé ainsi qu’un Championnat de France par points prenant en compte l’ensemble des épreuves du territoire, une ébauche de formation sportive est définie, ainsi qu’un système d’accréditation des arbitres. Sur le plan statutaire, une Réglementation Générale est éditée dont près du tiers concerne la réglementation médicale. Il faut préciser qu’à cette époque, le triathlon est considéré comme « un sport de fous ! » et qu’il fallait bien dédramatiser l’activité au moins auprès des instances ministérielles.

    Et ça marche !… puisque le nombre de pratiquants, de clubs et d’organisations ne fait qu’augmenter. Du coup, la CCTF et le Ministère donnent l’agrément « Sport » à cette discipline (14 mars 1986) et ne peuvent que reconnaître le CONADET comme l’instance qui régit le triathlon (21 avril 1986).

    La seconde période débute le 25 avril 1987 suite à l’élection de Jean COTE à la Présidence du CONADET. Cette transmission s’est faîte dans la douleur puisqu’une grande partie des acteurs d’alors démissionnent. Qu’importe ! La machine est lancée. Il faut conclure.

    En interne, après le transfert du siège social à Paris (août 1987) et l’embauche de Bernard SAINT-JEAN à la Direction administrative de l’association (1er mars 1988), les voyants (licences, clubs et organisations) sont toujours au vert. Les systèmes de formation et arbitraux sont aboutis. Une politique de développement jeune est mise en place. Les catégories d’âges sont finalisées. Le triathlon « Sprint » voit le jour en 1989.

    L’action la plus remarquable est l’orientation internationale du CONADET. La participation aux instances européennes, et le rôle pris pour créer l’ITU et organiser le 1er Championnat du Monde de Triathlon Catégorie A, en témoignent.

    Dorénavant la CCTF n’a plus aucune fonction si ce n’est d’orienter les modifications statutaires du CONADET pour les rendre compatible avec celle d’une Fédération Française Sportive. Elle est dissoute le 13 octobre 1989.

    Le 21 octobre 1989 s'ouvre l'Assemblée Générale Extraordinaire du CONADET visant à officialiser la Fédération Française de Triathlon. Elle se déroule à l'hôtel PLM Saint-Jacques de Paris et regroupe l'ensemble des membres du CONADET, deux représentants du ministère (Véronique BILLAT et Bernard PAGES), deux du CNOSF (Edmond SEUILLARD et Joël DELPLANQUE), et un de chacune des fédérations associées (Guy GUÉZILLE, Vice-Président de la FFA, Pierre HUET, Directeur Administratif de la FFS, Jacques PERROT, Vice-Président de la FFC et Georges PÉCHERAUD, Vice-Président de la FFN).

    Vingt-trois membres sont élus auquel faut ajouter les quatre sièges des fédérations et celui du CNOSF (attribué à Edmond SEUILLARD) pour obtenir le premier Comité Directeur de la F.F.TRI. qui compte donc vingt-huit membres.

    Premier Bureau Directeur de la F.F.TRI. :
        - Jean COTE - Président de la F.F.TRI.
        - Pierre DUBOS - Vice-Président
        - Antoine FLUMIGNANI - Vice-Président
        - Antonio LOPEZ - Vice-Président (élu sur le collège médical)
        - Marc VIRION - Trésorier
        - Yves RAHIL - Trésorier-Adjoint
        - Frédéric ZIZINE - Secrétaire-Général
        - Jacques MOUZARD - Secrétaire-Général-Adjoint

    Autres membres du Comité Directeur :
        - Yves DUMONT              - Philippe CHATEAU
        - François DOAT             - Henri PUNDYK
        - Michel SAINT-BONNET  - Anne-Marie ROUCHON
        - Alain NOVELLA            - Jacques BOUISSIÈRES
        - Jacques LAPARADE     - Michel MARIDET
        - Christian POTIER          - Claire-Lise QUEFFELEC
        - Ludovic JOLIVET
        - Michelle D'AGATA (élue sur le collège féminin)
        - Raymond MAHAUT (élu sur le collège corporatif)

    Cette assemblée générale se termine par la présentation de Bernard PAGES nommé par le ministère Directeur Technique National dont la carrière était liée depuis douze ans (de 1977 à 1988) à la Fédération Française de Volley-ball.

    Les nouveaux statuts sont déposés auprès de la Préfecture de Paris le 9 janvier 1990 et paraissent au Journal Officiel du 14 janvier 1990. Parallèlement une demande d'affiliation auprès du CNOSF est adressée le 16 novembre 1989 et reçoit un avis favorable du service juridique de celui-ci le 5 décembre 1989. L'affiliation ne sera effective que le 3 avril 1990 lors de l'Assemblée Générale du CNOSF.

    Il faudra attendre l'arrêté du 19 juillet 1990 pour que le ministère, par délégation du Secrétaire d'Etat au Directeur des Sports, M. GRAILLOT, officialise la délégation du triathlon à la Fédération Française de Triathlon.

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  • Création de l’ITU (International Triathlon Union)

    Lors du congrès mondial d’Amsterdam les 14 et 15 novembre 1987 le triathlon se dote, enfin, d’une fédération internationale. Jean COTE (le nouveau Président du CONADET et membre du Comité Exécutif de l’ETU à la place d’Henri COURTINE) et Didier LEHÉNAFF y représentent la France.

    La « Triathlon Fédération International » (TFI) élit le hollandais, Jop VAN ZANTEN, à la présidence, l’irlandais Con O’CALLAGHAN devient secrétaire et l’américain David CURNOW trésorier. Son siège est à Belfast (Irlande du Nord). Elle comprend vingt-deux fédérations nationales. Chaque continent, sauf l’Afrique, obtient une Vice-Présidence.

    Parmi les décisions prises, on retrouve, la création de deux Championnats du Monde ; pour les catégories C et A.  Hawaii (USA) est pressentie pour la catégorie C. Pour la catégorie A, ce sera à Kelowna (Canada) le 20 août 1988. Dans la foulée on prévoit même une orientation pour l’année suivante et la France se voit confier l’organisation pour la catégorie A. Cette attribution résulte à la fois, de la participation active du CONADET à l’instance européenne et au paradoxe du triathlon français, le seul à être reconnu par le mouvement olympique mais sans statut de fédération.

    Dans cette instance, la cohabitation entre les USA et l’ETU est la règle de départ, mais l’atmosphère ne tarde pas à se dégrader. En cause, un système de vote, peu en faveur des américains et de leurs sympathisants (Australie, Nouvelle-Zélande, Japon, Canada). Au sein de la TFI chaque pays compte une voix. Comme les européens représentent plus de la moitié des membres de cette instance, et qu’ils forment un bloc uni, l’influence proaméricaine est quasi nulle.

    Nonobstant, ce bloc pro-américain possède une arme : l’argent. Et il ne veut surtout pas le confier aveuglement aux européens. Le résultat ne se fait pas attendre, il y a rupture.

    Oui, mais… si les USA and Co ferment la porte, c’est avec l’espoir de la rouvrir après obtention d’un système de vote différent. De cette situation, un homme émerge pour son leadership : Les MAC DONALD. Canadien d’origine, il est marié à une française et maîtrise la langue de Molière. Il a une autre tactique : ne pas modifier le système de vote mais faire du lobbying auprès des pays d’Asie, d’Amérique du Sud et même du bloc européen de l’Est pour contrer le pouvoir en place. En réponse, l’ETU ne reconnaît pas les Championnats du Monde.

    Juan Antonio SAMARANCH, Président du CIO tente un rapprochement. Il obtient un accord de principe de l’Union Internationale de Pentathlon Moderne et de Biathlon (UIPMB) pour en modifier les statuts et permettre l'intégration du triathlon. L’objectif est de le placer comme sport de présentation aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, donc sport olympique dès 1996. Ce congrès de rapprochement se déroule les 20 et 21 août 1988 à Stockholm (Suède). La décision est sans équivoque. L’entrée dans l’UIPMB est votée à l’unanimité.

    Lors de cette réunion, se décide l’organisation du 1er Championnat du Monde Catégorie A. Pour 1989 la France était pressentie lors du congrès d’Amsterdam neuf mois plus tôt… et la France se voit officiellement confirmée dans ce rôle.

    Du 14 au 22 février 1989, une poignée d’hommes se réunit à Vancouver (Canada) chez Les MAC DONALD. Sont présents, autour du maître des lieux, Jean COTE, Sture JONASSON, Carl THOMAS, Phil BRIARS (Nouvelle-Zélande), un russe et un asiatique. Durant cette semaine, tous les statuts et règlements seront rédigés. Le futur premier bureau exécutif de l’ITU est également décidé. Il y a deux candidats à la présidence. Le canadien est préféré au français.

    Le congrès s’ouvre le 31 mars 1989 dans la salle du Conclave du palais des papes en Avignon. Si le rapprochement de l’ensemble des différentes composantes internationales conduit à l’adoption des statuts de l’ITU, les divergences apparaissent lors de la motion de rattachement à l’UIPMB. Si, pour certains européens, la voie royale est olympique et l’adhésion son passage obligé, pour le lobby anglo-saxon, l’institution nouvelle doit temporairement profiter d’une indépendance afin de développer des secteurs, amateur et professionnel, dans un marché financièrement juteux. C’est cette position qui est adoptée à une courte majorité et qui conduit, donc, au non-rattachement à l’UIPMB. Émile JARROT, le représentant français de l’instance sort furieux, suivi d’une minorité de délégations nationales. Une pause, judicieusement placée, permet de calmer les esprits et de reprendre le cours normal du congrès.

    La fin du congrès est marquée par l’élection des membres du Comité Exécutif. Comme prévu, Les MAC DONALD est nommé Président, Jean COTE Vice-président, Sture JONASSON Secrétaire Général et Carl THOMAS Trésorier… et la ville d’Avignon est confirmée pour l’organisation du 1er Championnat du Monde de Triathlon catégorie A.

  • Greg LEMON et son Guidon

    Les conditions d’une épreuve de triathlon étant très particulières, il a fallu que les techniciens s’adaptent aux spécificités des compétitions et des modalités d’entraînement. Il en résulte des évolutions techniques permettant d’améliorer les performances et les conditions d’une course, tant sur le plan de la sécurité que pour le sport lui-même.

    La première grande évolution vient du cyclisme lorsque Look commercialise, en 1984, la première pédale automatique. Performance, confort et sécurité se voient, d’un coup, fortement améliorés. Ce système sera quasiment généralisé en 1989.

    Si les premiers guidons « aéro » ont été utilisés aux États-Unis dès 1986, il faudra attendre la saison 1987 pour que Rob BAREL fasse sensation, lors du triathlon de la Grande-Motte, avec un de ces fameux guidons. Les triathlètes français l’adoptent dans la foulée, mais l’approvisionnement est difficile (Rodolphe RETRAIN ramène le sien en 1988… de Floride). Le succès est tel que quasiment tous les athlètes en seront pourvus lors des 1er Championnats du Monde d’Avignon en 1989.

    Le 23 juillet 1989, la France entière découvre le « guidon de triathlon », à l’occasion du duel au sommet entre Greg LEMON et Laurent FIGNON, sur la dernière étape du Tour de France. Jacques CHIRAC dira à ce sujet : « Je m’intéresse aux données technologiques contenues à l’intérieur de ce combat exceptionnel. Je suis étonné qu’un garçon de l’intelligence de Laurent FIGNON n’ait pas adopté également l’équipement le plus moderne et n’ait pas aligné ses chances sur son adversaire en utilisant, comme lui, le fameux guidon des triathloniens, grâce auquel on améliore considérablement son Cx tout en assurant un appui rénal plus productif ».

    En 1986, la société Look commercialise le premier vélo carbone. C’est un progrès pour le cyclisme, par la diminution du poids de celui-ci qu’il génère. C’est sur ce type de machine que Greg LEMON remporte son 1er tour de France, cette année-là.

    Dans les débuts du triathlon, la protection thermique, en natation, est un gros problème. Nager avec un maillot de bain en eau froide occasionne fréquemment des hypothermies. La combinaison de plongée peut être utilisée mais elle est rigide, épaisse et peu maniable. En 1983, Xavier MÉRIAN de la société Aquaman fabrique le premier modèle spécifique à la discipline. Elle est  sans manche, coupée à mi-cuisse, taillée dans un néoprène classique de plongée, et cousue. Elle ne provoque pas de raz-de-marée commercial. En 1984, la même société propose un modèle intégral collé-cousu. Ce sont les bases techniques des combinaisons utilisées encore aujourd’hui dans le monde entier.

    L’année suivante, elle met au point la fermeture inversée qui facilite le déshabillage et empêche l’ouverture involontaire. Parallèlement, Yohji YAMAMOTO, un fabricant japonais de néoprène, crée en 1986 un néoprène spécial pour le triathlon, plus souple, plus léger et surtout recouvert de SCS, revêtement plus « glissant ».

    L’association des deux savoirs-faire aboutit à la commercialisation d’un modèle qui remporte immédiatement un vif succès. Par la suite plusieurs sociétés imiteront ces principes de fabrication. Si longtemps les combinaisons restent noires, ce n’est pas pour des raisons esthétiques mais bien pour des raisons de protection contre le froid, le noir étant la couleur optimale.

    Au début, le triathlète est tiré … à quatre épingles. Il n’y avait pas d’autre choix pour épingler les deux dossards (un devant et un derrière).

    Plus insidieux mais aussi révolutionnaire, en 1986, on voit apparaître un curieux élastique avec un dossard autour de l’abdomen des concurrentes. Aucun nom n’est associé à ce système ingénieux.

    Il faudra attendre 1988 pour que des manufacturiers inventent le porte dossard qui a transformé les transitions. Pour raison d’esthétique, il sera interdit de l’utiliser sur les épreuves sans natation à partir de 2007.

    Toujours cette année-là, André ELUSTONDO met au point la première gourde dorsale tenue par un système bretelles / ceintures. Son secret : elle est cloisonnée donc le liquide ne ballotte pas. Pour boire, un long tuyau spiralé vient de la gourde à l’épaule.

    Pour être complet sur les évolutions techniques de cette période, il ne pas faut oublier la tenue du triathlète et le cardiofréquencemètre. Celui-ci  apparaît en 1982, commercialisé par la société Polar. Il mettra du temps à se généraliser, pour devenir par la suite, l’objet indispensable du triathlète à l’entraînement comme en compétition.

    Quant à la tenue une pièce, les premières sont commercialisées par Le Coq SPORTIF et GO Sport, en même temps que la constitution de leur équipe professionnelle. Plus tard, elle est abandonnée au profit de tenue deux pièces chez les hommes et d’un maillot de bain une pièce chez les femmes.

    Pour finir, citons la première roue aérodynamique créée par Corima en 1987, avec la roue paraculaire (pleine). Elle sera peu utilisée, compte tenu des aléas météorologiques qui conditionnent le bon déroulement des épreuves, et de l’arrivée des roues à bâtons.

  • Premier Championnat du Monde de Triathlon Catégorie A

    Lors de la création de l’ITU entre le 31 mars et le 2 avril 1989, la France se voit officiellement confié l’organisation du 1er Championnat du Monde de Triathlon catégorie A. Cela aurait du être la deuxième édition après celle de Kelowna (Canada) prévu le 20 août 1988, mais les tensions entre américains et européens en ont décidé autrement.

    Le choix de la ville retenue par le CONADET pour organiser ce Championnat du Monde est pris le 10 novembre 1988. Cinq dossiers sont en lice : Montpellier, Lyon, Avignon, Embrun et Paris. Les célébrations des cérémonies du bicentenaire de la révolution éliminent rapidement cette dernière. Idem pour la cité des Gaules dont le dossier est incomplet.

    Restent Montpellier, Embrun et Avignon. Mais la partie est biaisée. Les conditions de transport (aéroport, autoroutes et TGV) font la différence. Embrun en est dépourvu et le site montpelliérain choisi (le lac du Salagou) est trop éloigné et manque d’infrastructure hôtelière. C’est donc l’épreuve d’Avignon, organisée par Michel MARIDET, qui est retenue.

    C’est le point d’orgue de la saison internationale. Le 6 août 1989 en Avignon (84 - Vaucluse), se déroule donc le 1er Championnat du Monde Catégorie A. Quelques chiffres témoignent des moyens mis en jeu pour l’occasion : 10 millions de francs de budget, un PC course de 10 hectares, 700 bénévoles, plus 500 personnels de police, 190 personnes pour le médical, 110 journalistes, 7 chaînes de télévision et 30.000 spectateurs.

    Ils sont 161 (en élites - 750 avec les groupes d’âge) de 38 pays à se présenter au départ, répartis en quatre vagues.

    La distance natation a été rallongée à 1.750 mètres en raison d’un courant supposé favorable. Dès le départ, deux groupes se forment, celui qui va chercher le courant au centre du Rhône et celui qui va au plus court. Or il n’y a pas de courant. Le groupe central a perdu toute chance de bien figurer. Le néo-zélandais Richard WELLS sort le premier de l’eau mais c’est Garett MAC CARTHY qui sort en tête du parc à vélos en 26’34’’.

    Sur un parcours roulant, ils se succèdent en tête de la course. Á mi-parcours ils possèdent 40’’ d’avance sur un groupe de poursuivants comprenant Mike PIGG, Mark ALLEN, Glenn COOK et Miles STEWARD. Philippe MÉTHION, présent dans ce groupe, a abandonné au 10ème kilomètre (doubles crevaisons à un kilomètre d’intervalle). Les positions évoluent peu dans la seconde partie du parcours.

    Richard WELLS et Garett MAC CARTHY sortent les premiers de la seconde transition. Mike PIGG est à 80 mètres, Glenn COOK, Miles STEWARD et Mark ALLEN sont à 100 mètres. Tout se joue sur le premier kilomètre et demi de la course à pied. Garett MAC CARTHY, Mike PIGG et Miles STEWARD sombrent. Mark ALLEN dépasse ses adversaires et se retrouve en tête alors que Glenn COOK rejoint puis dépasse Richard WELLS. Mark ALLEN a beau se retourner, il n’y a plus personne. Il savoure la fin de parcours sachant bien avant l’heure qu’il est le 1er Champion du Monde de l’histoire du triathlon.

    La course est plus limpide chez les femmes. Elles partent dix minutes après les hommes. Un seul groupe se constitue en natation. Jan RIPPLE et Erin BAKER sortent en tête. L’américaine réalise un parcours vélo impressionnant mais n’arrive à prendre que 31’’ à la néo-zélandaise. En deux kilomètres de course à pied, elles sont ensemble. Très fatiguée, Jan RIPPLE révèle son inquiétude de voir revenir un paquet de derrière. Au 5ème kilomètre à l’occasion d’une courbe surplombante, Erin BAKER l’informe qu’il n’y a personne. Jan RIPPLE est rassurée… et décroche. Á l’inverse de Mark ALLEN, Erin BAKER ne sera jamais assurée de sa victoire avant les trois cents derniers mètres et se retourne de nombreuses fois. Personne ne reviendra pour lui dérober son titre.

    Podium Individuel Homme                   Podium Individuel Femme
    1    Mark ALLEN (USA)    1:58:46        Erin BAKER (NZ)                   2:10:01
    2    Glenn COOK (GB)     2:00:03        Jan RIPPLE (USA)                 2:10:33
    3    Richard WELLS (NZ)  2:00:56        Laurie SAMUELSON (USA)    2:12:49

    Où sont les français ? Patrick GIRARD est le premier… en 33ème position (2h06’21’’) alors que Sylvain DAFFLON est le deuxième en 50ème position (2h07’41’’). Chez les féminines c’est un peu mieux. Anne-Marie ROUCHON termine 20ème (2h19’23’’) et Catherine JAY - GABEL 29ème (2h22’06’’). Patrick DRÉANO, responsable des triathlètes nationaux, dira : « Avignon a été l’occasion d’avoir un point de repère réel face à une élite au complet… Nous avons le potentiel. Á nous d’en tirer le maximum. Mais il faut être patient ».

  • La Découverte de la Crise Financière

    L‘assemblée générale du 21 octobre 1989 étant extraordinaire et dans le seul but d’officialiser la création de la Fédération Française de Triathlon, une assemblée générale ordinaire est programmée à Blois (41 - Loir-et-Cher) le 13 janvier 1990, pour fournir les bilans de l’année 1989.

    Elle revient largement sur la création de la fédération et souligne la bonne santé du triathlon français en termes de licenciés, de clubs et d’organisation, les bons résultats sportifs internationaux, la nomination de Bernard PAGES en tant que Directeur Technique National et les affaires internationales (création de l’ITU et Championnat du Monde en Avignon).

    Paradoxalement, aucun bilan financier de l’année écoulée n’est présenté. Devant les quelques voix qui s’élèvent pour contester cette anomalie, Jean COTE, le premier Président de la F.F.TRI., fournit des raisons techniques expliquant ce retard à la vue de l’intensité des évènements de fin d’année. Le vote de l’assemblée accepte cette absence, devant la promesse du Président de les présenter vers la mi-février.

    La forte personnalité et le charisme de Jean COTE, son pouvoir de persuasion et son important travail fédéral qui lui ont valu la confiance, sans limite, non seulement de ses collaborateurs, mais aussi des membres de l’assemblée, lui permettent de rester en place.

    Antoine FLUMIGNA NI dira dans son rapport moral de l’assemblée générale du 19 janvier 1991 : « Depuis l’assemblée générale de Blois, certains d’entre nous se sont impatientés de ne pas être informés sur les résultats comptables de l’exercice 1989. Les réponses verbales à nos questions n’étaient pas alarmantes, puisque le déficit annoncé était très largement inférieur au million de francs, et nous n’avions aucune raison de ne pas y croire. Ce n’est qu’après le Comité Directeur de Saint-Maixent, en mai, au cours duquel les demandes formelles de quelques membres du Comité Directeur ont été énoncées, que le doute s’est instauré. Pour ma part, j’avais bien eu, en mars, une information du Trésorier (Marc VIRION) qui me signalait un déficit réel de 1,2 million de francs au 30 septembre 1989, mais les réponses obtenues du Président m’avaient tranquillisé, et ce n’est que fin juillet que j’ai su, chez le comptable, qu’effectivement le déficit était bien celui annoncé ».

    Le 1er juillet 1990, Jean COTE démissionne de tous ses mandats électifs nationaux et internationaux, officiellement pour suppléer un départ dans le comité d’organisation des Jeux Olympiques d’Albertville.

    Lors de la même réunion Antoine FLUMIGNANI est élu Président par intérim. La décision est prise d’établir un audit interne pour évaluer avec précision la dette et ses origines. Ce sera pendant six mois le sujet essentiel des réunions du Comité Directeur, pour l’occasion, systématiquement élargies aux Présidents de Ligues Régionales.

    Il faut dire, et c’est un doux euphémisme, que la situation est catastrophique. Si l’estimation de Marc VIRION à 1.2 million de francs de dettes au 30 septembre 1989 s’avère exacte, la dette fin juillet 1990 est bien plus importante, pour atteindre près de 2 millions au 31 octobre 1990.

    Il est bien plus simple de résumer cette période par quelques lignes que de la vivre. Reste à souligner l’attitude résolument positive de l’ensemble du Comité Directeur de cette époque qui a refusé de plier boutique et a tout fait pour passer le cap. Antoine FLUMIGNANI résume ainsi la réaction du bureau directeur (extrait de l’assemblée générale du 19 janvier 1991) : « Qu’avons-nous fait après la découverte de nos graves problèmes, fin juillet, début août ? C’est-à-dire en pleine période internationale ! Nous avons estimé de notre devoir de faire face. Bien sûr, il eut été plus confortable de démissionner, nous aussi, mais nous n’avions pas les mêmes motifs, et entre les insomnies dues aux tracas du redressement à opérer et celles dues au sentiment de désertion, nous avons choisi les premières ».

    Après analyse, les causes apparaissent multifactorielles et témoignent d’une gestion passée et présente « légère », mais sans aucune malversation. Un plan de redressement est élaboré.

    Épuisé par cette année d’angoisse, Antoine FLUMIGNANI ne se représente pas à la présidence lors de l’assemblée générale de Limoges (87 - Haute-Vienne) le 19 janvier 1991. Il reste néanmoins au Bureau Directeur en qualité de vice-président en charge d’organiser le duathlon.

    C’est Jacques LAPARADE qui reprend le flambeau. Il est chargé de mettre en application ce plan de redressement. Il réussira. Néanmoins, il faudra près de 10 ans… et un gros sacrifice des licenciés (c’est de l’augmentation répétée des coûts des licences que viendront les fonds) pour effacer cette dette.

  • Le Triathlon Adopte le Duathlon

    Difficile de dire que l’une ou l’autre des grandes nations sportives soit le berceau du Duathlon. Pendant très longtemps, notamment en Europe et aux USA, certaines séances hivernales d’entraînement de cyclistes professionnels consistaient en une succession course à pied/cyclisme/course à pied, avec des transitions qui n’en étaient pas. Le Duathlon, comme le Triathlon, pouvaient donc être apparentés à de simples méthodes d’entraînement.

    Comme pour le triathlon, il faut rendre aux américains ce qui leur appartient : l’idée de la première compétition de Bike & Run et de Duathlon (Biathlon¹ chez eux).

    Il existait à l’époque du Pony-Express, sans que l’on puisse réellement donner de date, le Ride and Tie où deux athlètes couraient à pied en sous-bois en prenant place alternativement sur un cheval. Dans les années 80, le cheval étant remplacé par un vélo, on parle de Ride and Strides.

    Les triathlètes américains qui passaient leur hiver, vide de compétition, à s’entraîner, appréciaient ce type d’effort dans sa forme compétitive. Plusieurs triathlètes de renom s’y essayèrent (Colleen CANNON, Scott TINLEY, Mark ALLEN,…) devenant sans le savoir des pionniers.

    Le grand changement a lieu à New York en avril 1985. Dan HONIG, président d’un petit club de triathlètes (2.500 membres), a vent de cette forme d’entraînement. Son raisonnement est simple. En hiver, il fait froid, la natation est impossible. Remplaçons la natation qui pose problème par la course à pied qui n’en pose aucun. Ainsi est né le New York Biathlon qui intègre un challenge spécifique bidisciplinaire de cinq épreuves propre à New York (d’où le terme de biathlon longtemps utilisé aux USA). De quelques centaines au départ ils sont rapidement plusieurs milliers à s’inscrire. Un challenge identique voit bientôt le jour dans le New Jersey, la Pennsylvanie, la Georgie et la Californie. Entre novembre 1985 et février 1986 apparaît le Desert Princess Biathlon de Palm Springs (Californie), épreuve emblématique proposant l’enchaînement d’un très court (3/13/3) et d’un très long (10/62/10) biathlon. Tous les adeptes de l’enchaînement s’y retrouvent.

    Le calendrier passe de deux cent cinquante épreuves fin 1987, à plus de mille à la fin 1990. Entre temps, les partenaires investissent, amenant avec eux les chaînes de télévision. Le Coors Light Biathlon réunit 17.000 athlètes sur quatorze manifestations, dont 2.100 au départ de l’étape de Chicago. L’année suivante, une prime de 50.000 $ est à l’affiche. Les triathlètes professionnels dressent l’oreille mais les biathlètes ont leurs idoles. Au féminin elle s’appelle Liz DOWNING et au masculin Ken SOUZA. Globalement, les primes sont moindres en duathlon, les deux sports sont bien différents, et peu de triathlètes viennent sur ces compétitions, contraints aussi à respecter la planification rigoureuse de leurs entraînements spécifiques.

    En Europe, il arrive par la Suisse Allemande à Zofingen, et se propage dans tous les pays européens à la même vitesse qu’aux USA. Le terme de biathlon existant déjà dans les disciplines hivernales, le terme allemand de duathlon est préféré au « barbare » cyclathlon français.

    Le 1er Championnat d’Europe de Duathlon (5/30/5) se déroule à Zofingen (Suisse) le 30 septembre 1990. Aucune délégation française n’y participe, faute de structuration suffisante. Mark KOKS remporte le titre devant Michael HOLM et Olivier BERNHARD. Chez les femmes Thea SYBESMA s’impose devant Simone MORTIER et Dolorita GERBER.

    Dans la foulée européenne, l’ITU charge Cathedral City (Californie) d’organiser, le 24 novembre 1990, le 1er Championnat du Monde de Duathlon (10/62/10). Comme à Zofingen, la F.F.TRI. n’envoie aucune délégation. Ken SOUZA, l’idole incontesté du duathlon, l’emporte devant son compatriote George PIERCE et le mexicain Benjamin PAREDES. Chez les féminines c’est à nouveau la hollandaise Thea SYBESMA qui l’emporte devant l’américaine Donna LANDREVILLE-PETERS et la canadienne Sylvianne PUNTOUS.

    Cette double absence de la France sur ces premières épreuves internationales témoigne avant l’heure de ce que sera le duathlon dans le giron de la F.F.TRI. : Une adoption ratée. Á la décharge de l’instance, les responsables d’alors étaient plus préoccupés de réanimer la mère que de promouvoir l’enfant.

    (1) Dans les prémices de la discipline, plusieurs appellations furent utilisées selon les pays. En France le terme de Cyclathlon est largement utilisé alors qu’outre atlantique on parle de Cyruthlon puis de Biathlon. Le terme de Duathlon est germanique et finira par être adopté internationalement.

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  • Le 1er Championnat de France de Triathlon Distance Olympique

    Pendant 5 ans, le CONADET délivra annuellement un titre de Champion de France pour chacune des catégories recensées (A - B et C). Pour chaque catégorie, toutes les épreuves de l’année étaient incluses, chacune avec un coefficient qui prenait en compte la renommée de l’épreuve. Pour chaque épreuve, les responsables avaient imaginé un système de points obtenus à partir de la place de l’athlète. Des classifications officielles étaient créées, en fonction du sexe, du nombre d’épreuves et de l’âge de l’athlète, délivrant un titre de Champion de France.

    Si ce système était viable à ces débuts, il a rapidement était dépassé du fait de l’augmentation du nombre d’épreuves en prendre en compte (en 1989, le nombre d’épreuves servant de base au calcul dépasse la centaine). Il est tellement critiqué que certains athlètes s’en détournent au profit de circuits plus simples et mieux organisés. De plus, le Championnat du Monde d’Avignon atténue totalement la portée de ce titre, où les épreuves sont davantage considérées comme des terrains d’entraînement « lucratifs » et « nutritifs », que comme des lieux de « récolte de lauriers ».

    Changement de stratégie en 1990. En cette année 1 de la fédération, l’évolution du système d’attribution des titres nationaux est perceptible, mais pas idéale. Si rien ne change pour les titres des catégories B et C (les Longues Distances), on note l’apparition d‘un Championnat de France Catégorie A nouvelle formule qui s’applique, aussi bien en individuel que par équipe.

    Ces épreuves de catégorie A sont séparées en deux groupes. Le premier dit « national 1 » regroupe sept épreuves de coefficient 3 et plus (Saint-Maixent - Carcassonne - Brumath - Les Lingons - Vannes - Vesoul et Mâcon) et attribue un titre de Champion de France Catégorie 1. Idem pour le second groupe en remplaçant « un » par « deux », à la différence qu’il comporte une soixantaine d’épreuves de coefficient inférieur ou égal à 2.75.

    Seul le titre national 1, délivré sur les quatre meilleurs résultats, a une réelle importance. Le titre décerné dans le second groupe n’est que purement honorifique car lié à la volonté persistante de la jeune fédération d’intégrer l’ensemble des épreuves dans son championnat national.

    Après six années d’un titre de Champion de France attribué sur un circuit d’épreuves, le 29 juin 1991 à Versailles (78 - Yvelines), la confrontation devient, pour la première fois, directe. Du coup, tout le gratin du triathlon Français sur la Distance Olympique (nouvelle appellation) est réuni le même jour sur la même ligne de départ.

    Le duo Yves CORDIER et Stéphane POULAT sort de l’eau en tête, suivi à 40’’ par tous les autres favoris. Lors de la première ascension cycliste, Stéphane POULAT dans un mauvais jour craque. Il est passé par Philippe MÉTHION qui a déjà faussé compagnie au peloton de poursuivants. Sans rejoindre Yves CORDIER, les deux hommes vont alors creuser un écart définitif. Il y a dès lors deux courses dans la course.

    Après la mi-parcours, un saut de chaîne fait perdre son maigre avantage au niçois. Les deux hommes sont ensemble et le resteront jusqu’au parc à vélo. Ils le posent ensemble et offrent alors un somptueux spectacle de course à pied. Chacun à son tour, ils s’emploient à durcir le rythme, sans succès. Au 7ème kilomètre, Philippe MÉTHION fournit l’accélération qui décroche son partenaire d’échappée. L’écart se réduira bien un instant mais Philippe repart de plus belle pour s’envoler vers la victoire. Derrière, ils sont huit à poser leur vélo en 30’’. La course à pied va profiter aux finisseurs, Philippe FATTORI, Stéphane POULAT et Patrick GIRARD qui franchissent l’arrivée dans cet ordre. Mais les deux premiers sont sanctionnés pour drafting durant la partie cycliste. Du coup Patrick GIRARD prend le 3ème accessit.

    Chez les féminines, les jeux sont faits en vélo. Isabelle MOUTHON est loin devant sa sœur Béatrice qui précède un groupe de trois concurrentes (Sylvie MUGUET, Sophie DELEMER et Anne-Marie ROUCHON). Au 37ème kilomètre le trio écope d’une pénalité de cinq minutes. Anne-Marie ROUCHON réussit toutefois une course à pied extraordinaire qui lui permet, malgré la pénalité, de conserver la 3ème place. Chez les juniors, François CHABAUD et Cédrine SOULET l’emportent facilement.

       Podium Individuel Homme        Podium Individuel Femme
    1.  Philippe MÉTHION    1:53:00       Isabelle MOUTHON          2:09:26
    2.  Yves CORDIER         1:54:00       Béatrice MOUTHON         2:11:26
    3.  Patrick GIRARD        1:56:30       Anne-Marie ROUCHON    2:16:49

    Si le même système s’appliquera dès le 11 août 1991 à Pont-à-Mousson (54 - Meurthe-et-Moselle) pour le 1er Championnat de France Catégorie Sprint de Triathlon, il faudra attendre le 30 mai 1992 à Arcachon (33 - Gironde) et le 15 août 1992 à Embrun (05 - Hautes-Alpes) pour que celui-ci s’applique aussi aux catégorie Moyenne Distance et Longue Distance.

    Côté duathlon, avant même l’officialisation de la délégation (le 1er mars 1994), les titres nationaux seront attribués sur une épreuve unique le 19 avril 1992 à Moliets (40 - Landes) pour les juniors, le 17 mai 1992 à Monteux (84 - Vaucluse) pour le Moyenne Distance (futur Longue Distance) et le 11 octobre 1992 à La Croix-Saint-Ouen (60 - Oise) pour le Courte Distance.

  • Nice 1992 - Le Cauchemar de Cordier

    Il y a des courses qu’il ne faut pas oublier. Elles peuvent être remarquables par tellement de facteurs qu’il est impossible d’en dresser une liste exhaustive. Rares sont celles qui présentent tous les ingrédients réunis. En général, sur le coup, il y en a un au nirvana et l’autre en enfer. Avec le temps, progressivement, les deux se retrouvent au paradis car ils savent que ce jour-là ils ont écrit LA PAGE.

    S’il y a un millésime à retenir du triathlon de Nice pour les rebondissements, le suspense, la France d’Yves CORDIER ou l’Amérique de Mark ALLEN ou de Paula NEWBY-FRASER, pensez 14 juin 1992.

    Ils sont tous sortis de l’eau quasiment en même temps. Wolfgang DITTRICH, Robin BREW, Rob MACKLE et Yves CORDIER sont de peu devant.

    Le rêve prend forme au kilomètre 30 : le sommet de la côte de Broc. Un duo franco-australien (Yves CORDIER et Ben BRIGHT) passe en tête avec des écarts inaccoutumés : 1’50’’ sur Wolfgang DITTRICH, 5’ sur Rob BAREL, Mike PIGG et Nick CROFT et surtout 7’ sur Mark ALLEN. Il est à la dérive, cherche l’air, la bonne cadence. Son regard laisse entrevoir le renoncement : « Dans l’eau, je n’étais pas à l’aise. J’ai nagé avec PIGG et BAREL, mais cela allait beaucoup trop vite pour moi. Si je suis sorti avec eux, j’ai laissé beaucoup trop d’énergie dans l’aventure. Et au début du vélo, j’avais très mal aux jambes, pas de force, pas de puissance pour pédaler. Là, j’ai pensé que c’était fichu et je me posais beaucoup de questions. Je me demandais ce que j’allais faire si je terminais dixième, quinzième,… après le triathlon, le soir, avec mes amis. Car là, j’ai vraiment pensé que je ne pouvais plus gagner ».

    On commence à y croire lorsqu’à mi-parcours les écarts du duo sont plus conséquents : 4’25’’ sur Mike PIGG, 4’46’’ sur Wolfgang DITTRICH, 5’30’’ sur Rob BAREL et plus de 9’ sur Mark ALLEN. Ben BRIGHT est la chance d’Yves CORDIER. C’est plus facile de rouler à deux que seul. Néanmoins l’australien, qui n’est encore que junior, (c’est encore possible, à l’époque, de faire du long à dix-huit ans) lâche prise au kilomètre 80 (il est à 11’ à la seconde transition et termine la course… à l’hôpital). Durant ces quarante derniers kilomètres l’écart se stabilise.

    On y croit de plus en plus quand à la seconde transition Yves CORDIER précède Mike PIGG de 5’, Rob BAREL et Wolfgang DITTRICH de plus de 6’ et Mark ALLEN de 9’.

    Au demi-tour, on est presque persuadé que c’est le grand jour. Yves CORDIER compte 4’50’’ sur un Rob BAREL qui coince et 6’ sur Mark ALLEN. « The Grip » a repris trois minutes. C’est à la fois peu et beaucoup. Peu, car c’est nettement insuffisant pour s’imposer. Beaucoup car : «… Après quelques kilomètres à pied, j’ai senti que les jambes allaient de mieux en mieux, et j’ai commencé à penser que je pouvais encore gagner ».

    Trois kilomètres plus loin, Mark ALLEN passe Rob BAREL toujours à 5’ du français. On y croit toujours.

    Mark ALLEN accélère et l’écart fond. Néanmoins la balance est toujours inclinée vers le français. Á trois kilomètres de l’arrivée, 1’ sépare les deux hommes. Mark ALLEN voit le cortège de véhicules qui accompagne le leader. Sa cadence de course s’accroît encore.

    Á 1.600 mètres de la ligne d’arrivée : « C’était comme dans un cauchemar. Mark est passé à une vitesse incroyable. J’ai à peine eu le temps de le voir. Je ne le voyais pas aussi près. C’était juste au moment où je m’apprêtais à courir le kilomètre de ma vie ».

    Mark ALLEN court les trois derniers kilomètres en 9’30’’. Suprême hommage du vainqueur à son vaincu : « C’est la plus belle course de ma carrière, parce que ça a été la plus dure. Plus dure qu’à Hawaii en 1989 quand j’ai battu Dave SCOTT pour la première fois ».

    Podium Individuel Homme        Podium Individuel Femme
    1    Mark ALLEN        5:59:43        Paula NEWBY-FRASER    6:43:41
    2    Yves CORDIER    6:00:50        Donna PETERS                7:03:17
    3    Rob BAREL         6:08:49        Sylviane PUNTOUS          7:05:35

    Chez les féminines, il n’y a pas de course.

    Paula NEWBY-FRASER s’offre un quatrième succès sur la croisette en devançant Donna PETERS et Sylviane PUNTOUS de plus de vingt minutes… ce qui lui permet de s’arrêter à deux kilomètres de l’arrivée pour donner une interview à la télévision américaine. Why not !

  • La 1ère Coupe de France des Clubs par Équipe

    La Coupe de France est créée en 1986. C’est la nouveauté de l’année. Les séries nationales ayant été supprimées, le CONADET crée les Coupes de France de catégorie A et B. Pour participer à celles-ci, il faut faire partie des trois cents meilleurs triathlètes du classement du Championnat de France (individualisant les cinq cents meilleurs français) et disputer une finale (Lyon le 7 septembre 1986 pour la catégorie B et Nantes le 21 septembre 1986 pour la catégorie A). L’épreuve étant individuelle, on positionne difficilement ce titre par rapport au titre national.

    Ce n’est que le 23 juillet 1988 à Biarritz (64 - Pyrénées-Atlantiques) que l’entité club est prise en compte sur un Catégorie B. Seules les équipes masculines sont concernées au travers des résultats cumulés de leurs cinq meilleurs représentants car l’épreuve est toujours individuelle.

    Il faut attendre le 30 septembre 1990 à Vichy (03 - Allier), pour que la Coupe de France des Clubs de Triathlon identifie la version féminine (sur les trois premières du club et non les cinq comme chez les hommes). Les instances conviennent également d’un classement « Coupe de France des Clubs Mixte » découlant d’un calcul complexe des résultats. Ce dernier est tellement nouveau qu’il n’a fait l’objet d’aucune parution officielle. Les circonstances de course et la règle du drafting non autorisé, y sont probablement pour quelque chose. Claire-Lise QUEFFELEC, arbitre principale de l’épreuve et Présidente de la Commission Nationale d’Arbitrage annonce après course : « Compte tenu des circonstances de course dans la partie cycliste, le corps arbitral a été dans l’impossibilité d’assurer son rôle et d’avaliser les résultats. Les pénalités infligées à certains triathlètes ont donc été retirées. En tant qu’arbitre principal de cette épreuve, je suis désolée de cet état de fait et j’espère que l’expérience vécue aujourd’hui portera ses fruits et servira de leçon pour l’avenir du triathlon ». Il n’y a donc aucun résultat.

    Même topo à Sète (34 - Hérault) le 21 septembre 1991… avec des résultats ce coup-ci car la présence du Mont Saint-Clair, dès le départ du parcours cycliste, a nivelé les participants.

    Pour l’édition du 3 octobre 1992 à Mimizan (40 - Landes), la Coupe de France des Clubs de Triathlon entre dans une ère nouvelle. Elle se déroule, pour la première fois, en contre-la-montre par équipe, sur un Distance Olympique.

    Dans cette période où le drafting pose problème, on demande aux athlètes de Haut Niveau de rouler en peloton. On demande même aux meilleurs d’aider les moins bons. C’est un changement de mentalité et une atteinte aux fondements même de la discipline.

    Trente-neuf équipes masculines et onze féminines sont au départ. L’individualité n’est plus au programme de la course. Ce qui compte c’est l’équipe (cinq chez les hommes et trois chez les femmes). On aime, ou on n’aime pas.

    De l’avis général, on aime. Bernard PAGES (le DTN), plutôt contre au départ, illustre bien la pensée générale : « Pour clôturer la saison, pour insuffler un nouvel état d’esprit dans un sport aussi individuel, cette formule peut être bonne ».

    Durant la course on assiste à des scènes étranges. Simon LESSING devance ses équipiers de Salon Triathlon de quatre cents mètres en natation, pour récupérer et faire le train en vélo. Malheureusement, les coups de boutoir du Champion du Monde font plus de dégâts qu’autres choses.

    Ce qui compte, c’est la cohésion. Á ce jeu, les saint-quentinois s’en sortent le mieux. Il faut dire que Thierry HENRI, Rob BAREL, Éric LACAZE, Pierre HOUSEAUX et Serge RIVIÈRE sont tous cyclistes. Chez les filles Sophie DELEMER pousse, au sens propre, pour que ses coéquipières aillent plus vite. Personne cette année-là n’a pensé à pousser aussi en course à pied. Laissons faire le temps, cela viendra vite.

    Des scènes auxquelles il va falloir s’habituer.

      Challenge Homme                                  Challenge Femme
    1.    Poissy Triathlon                 1:54:38        Racing Club de France    2:13:52
    2.    Racing Club de France       1:54:49        Eveil Nautique Tri            2:15:54
    3.    Voisins Tri Saint Quentin    1:55:00        ASFAS                           2:22:38

    Podium Club Combiné
    1    Racing Club de France    
    2    CO Sèvres Triathlon    
    3    Tricastin TC   

  • Le 1er Triathlon Indoor au Monde

    Les 19 et 20 février 1993, la F.F.TRI. s’associe à la société ITI (International Triathlon Indoor) et à la SIPAS (Société Internationale de Production Artistique et Sportive) pour organiser le premier Triathlon Indoor au monde, à Bordeaux (33 - Gironde). La dotation de 200.000 francs (plus une Renault Clio aux vainqueurs) attire de nombreux athlètes de Haut Niveau qui doivent parcourir 400 mètres de natation, 10 kilomètres de vélo et 3 kilomètres de course à pied au stadium de Bordeaux-Lac.

    Lors de la première soirée, seuls les français figurent dans les trois courses du programme. Une pour les Espoirs masculins, une pour les Seniors hommes et une pour les féminines. Les distances très courtes, le drafting autorisé, et la rotation sur piste, faussent les données habituellement constatées en extérieur. Avantage aux nageurs-cyclistes pense-t-on. Faux. Les deux frères SANSON, Benjamin (Espoir) et Jérôme (Senior), en sont l’illustration. Largement premiers à l’issue de la seconde transition, ils sont passés à plus de 1.500 mètres de l’arrivée. Chez les Espoirs, Alain VIGNÉ, Samuel PIERRECLAUD et Christophe LELUHERNE se qualifient, comme Thierry HENRI, Gilles REBOUL et Vincent JAY chez les Seniors. Chez les féminines, il n’y a qu’une seule course. Lydie REUZÉ, largement en tête après la natation, gère sa course et se qualifie sans problème devant Karen GRESSET et Sophie TANIDI.

    Le lendemain soir, devant 4.500 spectateurs, le plateau est exceptionnel. Quatre courses sont à l’affiche : deux demi-finales hommes et deux finales, une chez les hommes et une chez les femmes. Dans la première demi-finale homme, Simon LESSING s’impose facilement devant Garett MAC CARTHY, Patrick GIRARD et Didier VOLCKAERT. La chute collective causée par Mike PIGG au 7ème kilomètre de vélo a probablement faussé l’ordre d’arrivée de cette série mais le fautif termine néanmoins (7ème)… le dos totalement brûlé. Dans la seconde demi-finale homme, la star est là. Mark ALLEN, en dedans, termine second derrière l’australien Brad BEVEN. Thomas HELLRIEGEL et Rob BAREL complètent les places qualificatives. Vincent JAY est 5ème de la série, mais se trouve repêché au temps. Là encore, une chute émaille la course. En cause Danilo PALMUCCI dont l’écart réduit à néant les chances de Philippe MÉTHION pourtant bien placé.

    La finale féminine oppose les trois françaises, qualifiées le vendredi, à Suzanne NIELSEN, Melissa MANTAK, Üte SCHÄFER, Carolyne HUBBARD, Sophie DELEMER et Annemie SUYS. Après une natation qui ne provoque aucune surprise, sauf le retard pris par Sophie DELEMER, le vélo est grandiose. Une fois son tour de retard comblé, Sophie DELEMER s’envole, emmenant sur son porte-bagages Annemie SUYS. Croyant avoir un tour d’avance sur la belge, Sophie DELEMER est désagréablement surprise de la voir passer dès le premier tour de course à pied. C’est ensuite au tour de Melissa MANTAK (qui remporte la course) puis d’Üte SCHÄFER (3ème au final).

    Dans la finale homme, après être sorti en tête 10’’ devant Garett MAC CARTHY et Simon LESSING, Brad BEVEN fait un premier tour vélo au sprint… lui permettant de prendre un tour à tous ses adversaires. Malgré plusieurs tentatives des uns et des autres, aucun ne le lui reprend. Il pose son vélo, jette son casque et s’envole… pieds nus au sprint pendant que les autres terminent leur parcours et font leur transition. Le temps pour le kangourou de revenir juste dans leur sillage. La course est jouée. Pour la deuxième place, quatre dixièmes séparent Simon LESSING de Mark ALLEN.

    Podium Individuel Homme             Podium Individuel Femme
    1    Brad BEVEN          27:38        Melissa MANTAK        31:28
    2    Simon LESSING    28:16(05)   Annemie SUYS           31:44
    3    Mark ALLEN          28:16(44)   Üte SCHÄFER            31:46
    4    Rob BAREL           28:33         Sophie DELEMER      32:14
    5    Vincent JAY           29:05        Carolyne HUBBARD    32:49

    Ce premier indoor mondial est une réussite, tant sur le plan du spectacle offert que du plaisir des athlètes à y participer. L’idée de la fédération internationale, invitée pour la circonstance, est de créer un circuit hivernal… susceptible de remplir les caisses. Mais les retombées médiatiques étant bien moindres que dans les autres sports, il n‘y aura pas de deuxième organisation à Bordeaux. Néanmoins, la réussite de ce premier indoor de Bordeaux ouvrira les portes de Paris Bercy les 5 et 6 mars 1994.

    En France, l’expérience des indoor’s s’arrêta là… jusqu’à quand ?

  • Une Assemblée Générale Ordinaire « Extraordinaire »

    Cela fait deux ans que Jacques LAPARADE est Président de la F.F.TRI. Cela fait deux ans qu’il applique, scrupuleusement, avec son équipe, le plan de redressement adopté lors de l’assemblée générale du 19 janvier 1991. Il fonctionne puisque le déficit cumulé est passé de 1 930 000 francs à 926 000 francs pour un budget global en augmentation de 46 % (de 5 à 7.3 millions de francs). Ce résultat est dû aux restrictions drastiques opérées dans les finances fédérales et à l’augmentation du nombre des licenciés qui, heureusement, est toujours croissant. Corollaire inévitable de cette situation, cela fait deux ans que le développement du triathlon souffre des finances exsangues. Re-corollaire inévitable, le nombre de licences risque de stagner, voire de diminuer, suite à l’arrêt des investissements dans le développement de l’activité.

    Jacques LAPARADE s’en doutait, il en est maintenant sûr ; les économies budgétaires ne suffiront pas à redresser la barre. Il faut bâtir un plan de relance visant à augmenter le nombre des licenciés… et augmenter les tarifs. Durant deux ans, dans le secret de son équipe de proches, Jacques LAPARADE élabore son plan pour répondre à cette équation antinomique.

    Le 9 janvier 1993 s’ouvre à la maison des sports de Paris, l’assemblée générale élective qui reste une des plus longues de l’histoire fédérale : 14 heures, simplement interrompues de quelques pauses bien légitimes.

    A 9H00, ouverture de la séance.

    Le rapport moral du Président, comme le débat qui lui fait suite, exposent les problèmes de résiliation de contrats, de partenariats, de communication, d’insuffisance de moyens sportifs,… Frédéric ZIZINE, le secrétaire-général, décrit les embauches de personnel, la faiblesse des moyens qui sont mis à leur disposition,… Bernard PAGES, le DTN, détaille les résultats mitigés des équipes de France seniors attribués à un manque de moyens, la détection, les structures d’entraînement permanentes, le centre national de triathlon de Boulouris, la formation des cadres en augmentation même si le diplôme d’État a de nouveau été refusé,…

    Bref, le quotidien depuis deux ans.

    La séance s’anime un peu lors de la lecture approfondie, par le trésorier, Yves RAHIL, du bilan comptable de l’année qui est excédentaire. Jean-Marie DURAND, le commissaire aux comptes, confirme et insiste sur la diminution de l’excédent. En clair, le bilan annuel financier de la F.F.TRI. a pris en compte toutes les économies possibles. Sans apport, il n’existe aucun espoir d’amélioration plus rapide.

    L’agitation vient à l’heure de la sieste avec la lecture du rapport d’orientation du Président. Il débute ainsi : « Aujourd’hui, il reste un déficit à résorber. Nous avons imaginé de garder pendant un certain temps la ligne déficitaire que nous avons toujours au budget. (…) Je constate que nous avons du mal à décoller. Nous devons nous donner les moyens de nos ambitions. (…) Pour décoller et pour les quatre années à venir, nous devons nous baser sur plusieurs axes importants. »

    La suite décrit un ensemble de mesures dont les deux principaux axes sont la communication et la formation. Tout y passe : la communication interne, la communication externe, l’épreuve indoor de Bordeaux, la télévision, la sensibilisation des journalistes, la formation des cadres, des initiateurs mais aussi des clubs, des ligues et comités départementaux, sans oublier le Haut Niveau et les équipes nationales.

    Dans la foulée, le Président annonce une refonte complète du budget : « Tout cela a fait l’objet d’un budget qui tient compte des dépenses de tous les postes et des recettes réelles. J’ai dit à bon nombre de personnes rencontrées un peu partout que je n’étais pas un rêveur et il faut arrêter de rêver en se disant qu’on aura tel ou tel partenariat. Si on l’a, tant mieux, mais il faut rester réaliste. Comment rester réaliste ? En sachant nous donner les moyens d’une politique ambitieuse qui nous fera aller de l’avant et qui doit rendre notre fédération plus importante. J’ai entendu dire que ce n’était pas en augmentant le prix des licences que le nombre de licenciés augmentera. Il faut savoir semer pour récolter. Nous allons aborder plus abruptement les chiffres, mais sachez qu’aujourd’hui nous ne pouvons malheureusement pas imaginer d’autre solution que d’aller chercher les recettes où elles se trouvent, c'est-à-dire en faisant appel à nos licenciés. »

    Et Bernard PAGES de rajouter : « Si les moyens de progresser n’étaient pas donnés à la Direction Technique, il faudrait réfléchir. Cela remettrait en cause le fait d’avoir un Directeur Technique à la fédération et il faudrait en référer au ministère. »

    S’en suit une longue présentation, par son référent, des lignes budgétaires, découpées en six axes : Frédéric ZIZINE pour l’Administration Générale, Didier LEHÉNAFF pour les Affaires Internationales, Jacques LAPARADE pour la Communication et le Commercial, Philippe CHÂTEAU pour le Médical, Bernard PAGES pour la Vie Sportive et le Haut Niveau et François DOAT pour la Vie Sportive pour tous. En clôture, Jean-Marie DURAND présente deux récapitulatifs budgétaires correspondant chacun à un prix de licence différent : 300 francs pour le premier et 350 francs pour le second.

    Un long travail de deux ans livré en près de deux heures.

    L’assemblée est un peu groggy de ce long exposé. Le débat qui suit s’en ressent. C’est surtout l’importance de l’augmentation du prix de la licence qui pose un problème. De plus l’assemblée générale doit, en théorie, se prononcer sur les tarifs 1993 (avant les élections) et 1994 (après les élections). Cette mesure fait suite aux problèmes de timing rencontrés par les ligues. Celles-ci ayant leur assemblée générale avant celle de la fédération qui est seule à décider des coûts, le vote de tarifs anticipés d’une année règle ce dysfonctionnement.

    Même si le chiffre de 425 francs est évoqué, la discussion tourne autour de 300 francs ou 350 francs. On peut mesurer dans ce débat l’effet de la présentation du budget prévisionnel. Personne ne le critique, même si certains évoquent leur scepticisme. Ainsi c’est la loi du tout ou rien qui prime dans le vote qui suit.

    Le résultat de celui-ci donne 57 voix pour, 31 contre et 12 abstentions. Le budget prévisionnel et l’augmentation de 58% du prix de la licence (de 190 à 300 francs), pour la seule année 1993, sont adoptés.

    La partie élective de l’assemblée générale ne présente dès lors aucune surprise.

    Le Bureau Directeur de la F.F.TRI. est composé de :
        - Jacques LAPARADE - Président de la F.F.TRI.
        - François DOAT - Vice-Président
        - Yves RAHIL - Vice-Président
        - Frédéric ZIZINE - Vice-Président
        - Jean-Marie DURAND - Trésorier
        - Philippe LESCURE - Trésorier-Adjoint
        - Antoine FLUMIGNANI - Secrétaire-Général
        - Luc LEYNI - Secrétaire-Général Adjoint

    Il est alors 22h30. Un dernier vote fixant le montant des tarifs 1994 marque la fin de cette assemblée générale. Certains, dont Jacques LAPARADE, souhaitent une seconde augmentation à 350 francs. Mais après un bref débat, cette disposition est rejetée par 45 voix contre, 35 pour et 16 abstentions.

    Il est 23h00, les débats sont clos.

    Cette période de la vie fédérale, qui couvre les années 1991 et 1992, est baptisée, à juste titre « Les Années Noires » par le trésorier de l’époque. La marge de manœuvre est, à cet instant, tellement restreinte que le moindre avatar engendre des complications incommensurables… et une bonne dose d’insomnie et de céphalées. Et des avatars il y en a eu…

    Dans cette sombre ambiance et cette rigueur conjoncturelle, on distingue une fabuleuse opération de communication des dirigeants en place qui installent un dialogue empreint de transparence et de fermeté lequel s’étendra bien au-delà de leur mandature pour s’insérer durablement dans la vie fédérale.

    Á toute chose… malheur est bon.

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  • Le Triathlon entre aux Jeux Olympiques

    Après le refus d’adhérer à l’UIPMB (Union Internationale de Pentathlon Moderne et de Biathlon) le 1er avril 1989, la porte des Jeux de Barcelone 1992 et d’Atlanta 1996 s’est refermée pour le triathlon. Le dialogue entre l’ITU avec Les MAC DONALD et le CIO avec Juan Antonio SAMARRANCH n’est pas rompu pour autant.

    Après le désastre du Championnat du Monde d’Orlando de 1990, les critères d’organisation de cette épreuve se sont considérablement améliorés en 1991 à Gold Coast et en 1992 à Muskoka. La médiatisation aussi. L’ETU et l’ITU travaillent en étroite collaboration, le même phénomène se constate sur les Championnats d’Europe. Celui de Genève le 8 septembre 1991 permet au Président du CIO de le constater de visu. Il est un ardent défenseur de l’entrée du triathlon aux Jeux Olympiques.

    Quels sont encore les obstacles ?

    Le premier est d’ordre technique. La course olympique ne comptera pas plus d’une quarantaine de dossards. Il s’agit donc d’optimiser les modalités de sélection. La création de la World Cup Triathlon en 1991 permet d’envisager un ranking susceptible d’identifier l’élite de l’Élite en complément des grands championnats internationaux.

    Le second est résumé dans l’interview de Les MAC DONALD, paru dans le n° 77 de Triathlète Magazine en mai 1993. La tirade est parlante : « Á l’exception d’Embrun, toutes les courses sont entachées par le drafting. Quelle solution ? Je ne le sais pas ! Honnêtement. Je souhaite qu’on en trouve une, et au plus vite, car ce sport dans l’état actuel des choses, n’est pas olympique.… Dès lors on ne peut plus se permettre d’erreurs. La télévision nous dit déjà : Votre sport est ennuyeux. On n’arrive pas à le vendre. Dix années d’Ironman séries, c’était joli, mais drôlement barbant, à la fin. Faites quelque chose. »

    Voilà l’évidence livrée en quelques phrases. Dans l’esprit du Président de l’ITU, le problème ne se pose pas. Rendre le triathlon olympique, c’est le rendre télégénique. De la sorte, il intéressera.

    A-t-il tort ? À posteriori, non ! Mais en 1993, on assiste à une véritable levée de boucliers. Le drafting est la garantie de l’effort individuel. Le supprimer c’est changer l’essence même de ce sport, ce dont la majorité des dirigeants ne veut pas. Sur cette question, le statu quo officiel demeure en l’état toute la saison 1993.

    Le lobbying, pratiqué par Les MAC DONALD, porte ses fruits en fin d’année. Des voix s’élèvent pour l’olympisme à tout prix. S’il faut sacrifier le drafting des courses Élite sur l’autel de la communication, le triathlon aura tout à y gagner. La France, par les voix de Jacques LAPARADE et de Didier LEHÉNAFF, rejoint cette position. Pour le Président de la F.F.TRI., l’évolution structurelle et sportive de la fédération ne peut se faire sans l’aide du ministère. L’olympisme pourrait être la clé de cette ouverture. Pour le Secrétaire-Général de l’ITU, sponsors et médias n’investiront pas davantage tant que le spectacle ne sera pas plus accessible au grand public.

    Dans ce contexte tendu, la position française est d’importance pour le Président de l’ITU à plus d’un titre. Le prochain Congrès du CIO, qui se tient tous les douze ou treize ans, a lieu à Paris en septembre 1994. Il coïncide avec le Centenaire du CIO. C’est l’occasion rêvée pour Les MAC DONALD, car Philippe CHÂTRIER, l’ancien Président de la Fédération Française de Tennis, a été chargé de la Commission des Programmes au sein du CIO au début de 1993.

    Son rapport place le triathlon dans les disciplines « intégrables » aux JO puisqu’il renferme toutes les valeurs de l’olympisme. La politique de l’instance étant tournée vers la stabilisation du nombre d’épreuves, le plus dur est de supprimer une autre discipline. L’UIPMB en charge du pentathlon moderne est en rupture avec le CIO. Juan Antonio SAMARANCH souhaite le sortir du programme olympique pour faire entrer le triathlon comme sport enchaîné.

    Au final, s’il est décidé que le triathlon n’entre pas à Atlanta en 1996, la synergie du triathlon avec Sidney 2000 et l’Australie, nation forte en triathlon, devrait permettre à celle-ci d’accueillir le triathlon.

    Pour orienter la décision, l’ITU demande à Jacques LAPARADE d’utiliser le Triathlon de Paris, afin de montrer aux congressistes les valeurs de cette discipline. Ainsi le lundi 29 août 1994, le triathlon de Paris se pare des couleurs olympiques. Tous les pontes du CIO sont présents pour célébrer le centenaire de la renaissance du mouvement olympique. Le triathlon souhaite se montrer sous son meilleur jour, devant un CIO qui, réunit en congrès la semaine suivante, débattra de l’avenir de l’olympisme et surtout répondra à la seule question qui anime la planète triathlon : « Sera ou sera pas aux Jeux Olympiques de Sydney ? »

    Autant dire que les organisateurs et la fédération ont mis les petits plats dans les grands. De là, à penser qu’ils ont même prévu les victoires de l’australien Brad BEVEN et de la néo-zélandaise Jenny ROSE, il y a une limite à ne pas franchir. Mais en l’occurrence, çà tombe bien !

        Podium Individuel Homme               Podium Individuel Femme
    1    Brad BEVEN          56:41         Jenny ROSE                   1:03:54
    2    Rob BAREL            57:00         Anne-Marie ROUCHON    1:07:02
    3    Olivier MARCEAU    57:14        Béatrice MOUTHON         1:07:49
    Jacques LAPARADE : « Á l’occasion de la Coupe du Monde à Paris en 1991, nous avions évoqué avec Joël LAINE, adjoint aux Sports à la mairie de Paris, l’organisation du Congrès du Centenaire du CIO qui allait se tenir à Paris, en septembre 1994. Á l’issue de celui-ci, le CIO devait se réunir pour décider si un ou plusieurs sports entreraient aux Jeux de Sydney en 2000.

    En forme de boutade, j’avais dit à Joël LAINE que ce serait une bonne chose que d’organiser le triathlon de Paris le lundi, jour de la cérémonie d’ouverture du Congrès qui devait se tenir en partie au pied de la Tour Eiffel et au palais omnisport de Paris Bercy, dans la mesure où le triathlon de Paris avait pour site le Trocadéro.

    Joël LAINE m’avait alors répondu qu’il fallait que je me rapproche du maire de Paris, Jacques CHIRAC, pour lui en parler. Dans un premier temps, j’ai fait prendre un rendez-vous avec le Directeur de Cabinet du maire qui avait la charge de l’organisation des manifestations sur ces deux sites. Nous l’avons rencontré, avec Bernard SAINT-JEAN, et après lui avoir exposé mon projet, et surtout notre volonté de marquer les esprits à quelques jours des choix pour les Jeux Olympiques de Sydney, il a manifesté un intérêt certain et nous a promis d’en parler au maire.
    Quelques jours plus tard, j’ai voyagé dans l’avion, vers Pau, avec Nelson PAILLOU, Président du CNOSF, qui était souvent mon compagnon de voyage quand il rentrait, le week-end, à son domicile béarnais. Nelson PAILLOU a été un ardent défenseur de notre discipline et il a toujours été convaincu qu’elle serait un jour Sport Olympique. Mon projet l’a séduit et il m’a promis de nous ménager un rendez-vous avec Jacques CHIRAC.

    Nous l’avons très vite rencontré à la mairie de Paris et il a compris l’intérêt qu’il pouvait y avoir pour nous d’organiser un Triathlon devant les 2.500 congressistes réunis au pied de la Tour Eiffel, quelques jours seulement avant le choix du CIO.

    Néanmoins, l’organisation de ce triathlon, un lundi à 16 heures, en plein Paris, même au mois d’août, posait quelques problèmes d’intendance. Tout est allé très vite. La volonté du maire de nous aider dans notre entreprise a résolu bien des problèmes.

    Pendant ce temps, Nelson PAILLOU avait plaidé notre cause auprès de Juan Antonio SAMARANCH, le Président du CIO, et son Directeur de Cabinet donnait sa bénédiction, sans toutefois autoriser que cette organisation figure dans le programme officiel du Congrès du Centenaire. Pour nous, cela n’était pas le plus important. Nous avons annoncé la bonne nouvelle à Les MAC DONALD, Président  de l’ITU, qui s’est chargé de nous organiser le plateau sportif.

    Nelson PAILLOU est resté jusqu’au bout très attentif à toutes nos demandes et m’a annoncé un petit mois avant l’épreuve que, finalement, le Triathlon de Paris figurerait dans le programme officiel des cérémonies du Centenaire.

    L’épreuve a eu un énorme succès. Elle s’est déroulée, sous le soleil, devant les 2.500 congressistes ravis et un énorme public. Brad BEVEN, l’Australien Champion du Monde, a remporté l’épreuve. La néo-zélandaise Jenny ROSE, en a fait autant chez les féminines.

    La remise des prix s’est déroulée juste avant la descente, en parachute, de la flamme olympique. La cerise sur le gâteau fut le choix de Brad BEVEN comme dernier relayeur du parcours de la flamme jusqu’au palais omnisport de Paris Bercy. Dans une salle archi-comble, il est entré sous les ovations d’un public séduit par cette jeune discipline.

    Du mardi au vendredi, j’ai accompagné Les MAC DONALD au Congrès du Centenaire. Indépendamment de l’intervention que j’ai eu l’honneur de faire devant les congressistes, nous avons, tous les deux, approché les décideurs du CIO pour les sensibiliser encore plus sur l’intérêt de choisir le triathlon pour Sydney.

    Le samedi, c’était la grand-messe du CIO Vous imaginez qu’elle fut notre joie d’apprendre que le triathlon entrait aux Jeux de Sydney par la grande porte.

    Je n’oublierai jamais l’aide précieuse de Nelson PAILLOU et de Jacques CHIRAC qui nous ont, à leur façon, déroulé le tapis rouge olympique. Je me dois aussi de rendre hommage à Les MAC DONALD pour son travail sans relâche depuis son élection, en 1989, à la Présidence de l’ITU pour que le Triathlon entre dans la famille olympique.
    »

    Le 3 septembre 1994… C’EST FAIT !

  • La Délégation du Duathlon

    Après le 1er juillet 1990 et la découverte de la crise financière au sein de la toute jeune F.F.TRI., les bonnes nouvelles ne sont pas légions. Quoiqu’attendue, il y en a une qui arrive le 8 février 1991 lors d’une réunion avec les fédérations de cyclisme et d’athlétisme. Jacques PERROT, de la FFC, et Guy GUÉZILLE, de la FFA, entérinent, en présence d’Edmond SEUILLARD, du CNOSF, un protocole visant à confier la gestion du Duathlon à la F.F.TRI.

    Sous l’égide de Nelson PAILLOU, Président du CNOSF, il est officiellement signé, le 29 mai 1991 par les Présidents Robert ROBIN (athlétisme), François ALAPHILIPPE (cyclisme) et Jacques LAPARADE (photo Triathlète n° 64).

    Cet accord a deux conséquences immédiates. La transmission officielle au ministère d’une demande de délégation et la nomination d’un chargé de mission : Antoine FLUMIGNANI, épaulé par Claude MEYER sur le plan technique.

    Dans cette sinistrose ambiante, cette gestion apparaît comme une bouffée d’air pur. L’équipe fédérale y voit une source de développement à moindre frais. Il est concevable d’envisager que les indicateurs annuels (licences, épreuves,…) puissent augmenter par l’arrivée d’une masse importante de pratiquants et d’organisateurs car, même si les distances et les enchaînements ne sont pas codifiés, le nombre d’épreuves sur le terrain est considérable. De plus, la création du premier Championnat du Monde le 24 novembre 1990 à Cathédral City (USA), laisse entrevoir la possibilité d’une seconde filière de Haut Niveau.

    Définir la discipline ne pose pas de problème. Communiquer et trouver la méthodologie nécessaire au changement de fédération des organisateurs sur le terrain, en posent énormément. Les restrictions budgétaires ne dégagent aucun moyen financier pour engager cette communication, et rien n’est fait pour organiser la gestion, sur le terrain, de cette nouvelle pratique, dont l’ébauche ne sera abordée qu’à l’assemblée générale du 18 janvier 1992 à Quimper. C’est certainement pour cette raison que la F.F.TRI. loupe le coche de l’intégration du duathlon dans son giron, par souci d’économie, car même si l’on constate une augmentation des licenciés et des épreuves entre les années 1991 et 1995, cela ne représente qu’une infime partie des masses existantes sur le terrain à cette époque.

    La lettre du Ministère accordant la délégation de cette discipline à la F.F.TRI. arrive au siège le 8 mars 1994, mais elle est datée du 1er mars 1994.

    Après les nombreux couacs qui ont émaillé les premiers pas du duathlon dans l’instance fédérale, il doit y trouver sa place. Lors de l’assemblée générale du 25 février 1995 à la Maison des Sports de Paris, deux solutions s’offrent aux membres présents : soit poursuivre son organisation dans une commission, soit créer un Conseil Fédéral de Duathlon. Si dans la première hypothèse rien ne change, dans la seconde Yves RAHIL, le Président de la Commission, souhaite l’inclure dans les statuts et élargir le Comité Directeur de deux membres supplémentaires dans un collège spécifique au duathlon.

    Bernard PAGES : «… On parle depuis un moment de texte, mais on n’a pas parlé de l’esprit. Actuellement, dans l’esprit, le duathlon est considéré comme le parent pauvre de la F.F.TRI. Les athlètes le ressentent comme tel, les athlètes de Haut Niveau existent seulement dans le triathlon… Alors l’idée de créer ce conseil fédéral est de réunir un groupe de réflexion générale susceptible d’envisager la stratégie à mener si on veut se servir du duathlon. Et si l’on veut donner un peu plus de formalisme à cette entité, un peu plus qu’une commission, c’est pour justement bien identifier cette population. »

    La création du Conseil Fédéral de Duathlon est votée avec 78 voix pour, 26 contre et 18 abstentions, mais l’extension du Comité Directeur de deux membres, avec la création d’un collège spécial duathlon, est rejetée par 15 voix pour, 66 contre et 41 abstentions. L’arrière-pensée d’une possible scission est déjà dans les esprits. Demi-succès ou demi-échec pour Yves RAHIL, il devient Président de ce conseil qui reste non-inscrit dans les statuts.

    Faisant partie de la F.F.TRI., cette entité échafaude le duathlon à l’image du triathlon. Ainsi durant toute l’année 1995, le Conseil Fédéral de Duathlon rédige une Réglementation Générale spécifique, adapte les licences et les agréments au duathlon, développe les grandes épreuves nationales de duathlon, etc. Il est même demandé à chaque Ligue Régionale et Comité Départemental de créer une commission duathlon et aux clubs de mettre en place les structures nécessaires à l’accueil des duathlètes. Bref, un Conseil Fédéral… dans la Fédération… et toujours la perception d’une scission possible.

    Mais le succès est au rendez-vous, puisque le nombre de licenciés augmente en grande partie grâce au duathlon, et que les épreuves de toutes distances s’accroissent.

    Un projet taraude déjà le Conseil Fédéral : réaliser un dossier de demande de reconnaissance de sport de Haut Niveau. Une partie des critères exigés est acquise : sa présence sur le terrain, le volet international, son développement. Il y a pourtant un écueil de taille. La commission ministérielle demande d’identifier la population. Il faut donc différencier triathlètes et duathlètes.

    C’est chose possible suite à l’assemblée générale du 24 février 1996 à Paris, les membres adoptant la création d’une licence triathlon, d’une licence duathlon (aux mêmes tarifs) et d’une licence triathlon & duathlon (majorée de 20 francs).

    Malheureusement ce système de décompte s’avère rapidement obsolète puisque la quasi-totalité des duathlètes recensés, le sont par une licence triathlon / duathlon. Du coup, le dossier de demande de sport de Haut Niveau pour le duathlon est rejeté par le Ministère.

    Malgré l’abandon de ce système en 1999, Yves RAHIL n’en démord pas. Il présente année après année ce dossier en s’appuyant sur d’autres statistiques et notamment celle de la participation aux épreuves nationales. Mais à chaque fois, il essuie un refus.

    Curieusement, alors qu’Yves RAHIL a été remplacé par Roland LEUBA suite à l’assemblée générale élective du 24 mars 2001, l’accord ministériel arrive le 18 décembre 2001.

    Dès lors les jours du Conseil Fédéral de Duathlon sont comptés. Il disparaîtra lors de la réforme des Commissions du 19 octobre 2002 voulue par Philippe LESCURE, le successeur de Jacques LAPARADE à la présidence de la F.F.TRI.

  • Le 1er France Iron Tour (FIT)

    La préfiguration de ce que sera le France Iron Tour se déroule le 26 juin 1993, à Grenoble (38 - Isère), sur un Distance Sprint par Équipes, puis, le 27 juin, sur un Moyenne Distance Individuel. Un coup d’essai qui n’a rien d’un coup de maître.

    Pour le premier jour, Jean-Luc CAPOGNA et Carole GALLY ont prévu que les onze équipes présentes au départ soient soumises au respect des mêmes règles que celles de la Coupe de France des Clubs de Triathlon. L’unité n’est pas l’homme, mais l’équipe (les trois premiers de six partants).

    Passée la natation dans une eau à 9°C (?!), les problèmes commencent. Seules les équipes dont les membres ont l’habitude de rouler ou courir ensemble parviennent à terminer groupées. Pour Poissy, Saint-Quentin ou la Caisse d’Épargne, l’effet est immédiat au classement,… mais pour les autres, c’est un capharnaüm incompréhensible pour les spectateurs. L’épreuve n’a rien d’une course par équipe, mais ressemble à une course individuelle comme on en voit tous les dimanches. Les athlètes passent la ligne d’arrivée, les uns après les autres, avec des écarts atteignant parfois 4’ entre le premier et le troisième de l’équipe. Manque d’habitude de courir en équipe ou règlement à revoir ? La question se pose.

          Podium Club Combiné
    1    Saint-Quentin Triathlon   41:49
    2    Athlon                           41:52
    3    Poissy Triathlon             41:57
    4    Caisse d’Épargne           42:06
    5    Kozo Brioche Dorée       42:22

    Le lendemain, un Moyenne Distance attend les concurrents. Et quel Moyenne Distance ! Après les 2.500 mètres dans le lac de la Terrasse, les coureurs enfourchent leur vélo pour 80 kilomètres dont les vingt-cinq derniers sont… l’ascension vers l’Alpe d’Huez. Pour finir, les 20 kilomètres de course à pied se font à 1.860 mètres d’altitude.

    Au soir de cette répétition générale, peu importe la victoire de Mike PIGG sur Rob BAREL. Après deux courses difficiles en deux jours, une question se pose : les athlètes accepteront-ils de participer à quatre épreuves réparties sur cinq jours ?

    Durant une année les deux protagonistes du France Iron Tour version 1993, vont corriger les défauts de cette répétition générale et monter une opération que les journalistes spécialisés n’hésiteront pas à comparer à un Tour de France… Triathlètique.

    Coup d’envoi à Vichy (03 - Allier), le 31 août 1994, avec un contre la montre par équipe. L’équipe de Simon LESSING, Scott MOLINA, Andrew CARLSON, Wes HOBSON, Jimmy RICITELLO et Mike PIGG fait déjà des siennes en remportant ce prologue devant Saint-Quentin (Rob BAREL, Pierre HOUSEAUX, Éric LACAZE, Stephan BIGNET, Emmanuel DUBREUIL et Thierry HENRI) et l’Alpe d’Huez (Ben BRIGHT, Greg WATSON, L BEAVER, Andrew JOHNS, Brett RICCHINI et Sylvain DAFFLON).

    Vous trouvez le plateau insuffisant ? Ça n’est que le podium ! Derrière il y a : Poissy (Philippe MÉTHION, Serge LECRIQUE, Samuel PIERRECLAUD, Didier LAFARGE, Patrick GIRARD et Gilles REBOUL), Aix (Jean-Luc CAPOGNA, François CHABAUD, Laurent JEANSELME, Franck CLARK, Steven FOSTER et Richard WELLS) et Ralph EGGERT, et Didier VOLCKAERT, et Lothar LEDER, et Thomas HELLRIEGEL, et Alain VIGNÉ, et Rémi RAMPTEAU, et Nigel MARIJNISSEN, et Stéphane POULAT, et etc. etc. etc. Un Championnat du Monde par jour, et ce pendant quatre jours.

    Le 1er septembre, ce petit monde se retrouve à Lyon (69 - Rhône). Un Courte Distance individuel est au programme. Le parcours est plat. Lors du briefing, les organisateurs sont clairs : « le drafting est autorisé ». Ça n’est, ni plus, ni moins, que la première course de triathlon au monde qui ait autorisé le drafting. À la sortie des 1.500 mètres de natation (en fait 2.000), Simon LESSING est premier en 25’ devant Ben BRIGHT. Personne ne les revoit avant l’arrivée. Et de deux pour LESSING. Scott MOLINA empoche la 3ème place derrière Ben BRIGHT.

    Rendez-vous à Grenoble (38 - Isère) le 2 septembre. Au programme, 750 mètres dans la froideur de l’Isère, un kilomètre le long des quais de la même rivière, dix bornes de montée dans un col et retour, suivi de 5.000 mètres tout plats. Malgré un Mike PIGG tonitruant, Simon LESSING fait le hat trick.

    Le 3 septembre, tous les athlètes sont… en voiture pour se rendre à Vaujany (38 - Isère). C’est la journée de repos idéale pour reconnaître le parcours du lendemain.

    Le 4 septembre, ils montent la pente aux 21 virages : la montée de l’Alpe d’Huez. C’est un contre-la-montre individuel, sur Distance Olympique, où les écarts sont ceux du classement général à la fin de l’étape de Grenoble. Simon LESSING part 4’19’’ devant Mike PIGG. Il passe la journée, seul, en faisant à nouveau le meilleur temps.

    Au final :

    Podium Individuel Homme
    1    Simon LESSING    6:16:41
    2    Mike PIGG            6:21:34
    3    Franck CLARK      6:26:34

    Patrick GIRARD, le premier français termine 10ème en 6h33’34’’.

  • Le 1er Championnat du Monde de Triathlon Longue Distance

    Depuis longtemps l’ITU a délaissé le triathlon longue distance pour concentrer son énergie (et ses finances) sur ce qui sera la distance olympique le 3 septembre 1994. La société Ironman, propriétaire d’Hawaii, a su en profiter. Elle a développé un circuit spécifique mondial avec un système de qualification très rentable. Qui plus est, elle n’hésite pas à investir pour avoir « à sa botte » le plus beau plateau d’athlètes. Soyons bref : elle agit comme la fédération internationale du Longue Distance… sans l’être.

    Les MAC DONALD n’est pas homme à s’en laisser conter. Il connaît ses limites (financières) mais il sait aussi que les instances internationales le suivent. C’est son seul atout et il le joue. Pour cela il convainc l’ITU de créer un Championnat du Monde Longue Distance en France. Pourquoi en France ? Double réponse : Nice et Embrun sont alors les deux triathlons emblématiques du long après Hawaii et le triathlon est en passe de devenir olympique lors du congrès du centenaire qui doit se dérouler à Paris.

    Mais il y a des problèmes car les rapports sont tendus entre l’ITU et la F.F.TRI. Passons rapidement sur les décisions de la Commission de Discipline Nationale, présidée par Michel SAINT-BONNET (suspension de deux athlètes internationaux pour dopage) et sur l’annulation du Championnat du Monde de Duathlon Courte Distance des Hauts-de-Seine pour se concentrer sur les problèmes que posent Nice et Embrun.

    Le triathlon de Nice est organisé par la société IMG plus préoccupé par le résultat financier que le prestige d’une organisation labellisée. Le triathlon d’Embrun, suite à l’organisation des Championnats d’Europe de Triathlon Longue Distance de 1993, a une dette de 150.000 francs vis-à-vis de sa fédération nationale d’où une lutte acharnée entre Jacques LAPARADE et Gérald IACONO (il passera en Commission disciplinaire pour cela).

    Or les relations entre IMG et la ville de Nice, sont très mauvaises. Pour des raisons financières, la municipalité est prête à abandonner l’opération. Il s’en faut de peu pour que le premier triathlon organisé en France ne disparaisse. L’intervention de Jacques LAPARADE, pour organiser une grande épreuve internationale, séduit André BONNY, l’adjoint aux sports de la ville de Nice, qui donne son accord. La F.F.TRI. vient enfin de trouver l’épreuve qui pourra lui donner un véritable écho médiatique. Lors du Congrès de l’ITU à Manchester à la fin août 1993, l’annonce est officielle : ce sera Nice.

    Le triathlon de Nice du 26 juin 1994 est un tournant pour la F.F.TRI. C’est sa première organisation en solo. Le triathlon de Paris et les indoors de Bordeaux et Bercy étaient organisés en collaboration avec des sociétés. Après Avignon 1989, la France récidive avec Nice 1994 et le premier Championnat du Monde de Triathlon Longue Distance. Pour finir, Mark ALLEN n’est plus là. La succession est ouverte. Le plateau est exceptionnel puisque tous les spécialistes du long sont présents.

    On aurait pu rêver longtemps de ce jour mémorable si la véritable vedette de l’évènement ne s’était pas invitée subrepticement. Cela fait une semaine qu’il pleut sur Nice. Le plan ORSEC, si mal nommé, est déclenché sur les communes voisines de la capitale azuréenne. Après coup, la presse s’en donne à cœur joie : « Ces conditions climatiques ont forcé l’organisation à parer au plus pressé. Mais le propre d’une organisation n’est-il pas de prévoir le pire et de s’autoriser une capacité de réaction plus rapide ? » Tout dépend de l’interprétation que l’on donne au mot « pire ». Ce jour-là, c’est pire que le pire.

    Tout commence dans la nuit lorsqu’une mini-tornade provoque des ravages dans le parc à vélos. Mille huit cents vélos sont à terre. Le téléphone tire du lit toute l’organisation pour aller les relever. On réveille même en pleine nuit Franck CASTELLAN, un marchand de cycles qui fut le plus jeune partant de l’édition de 1988, pour lui faire réparer quatre vélos. Au petit matin, les concurrents ne se doutent de rien. Si cela n’est pas de la capacité de réaction rapide…

    Il pleut à seaux. Les routes n’ont pas été épargnées par le déluge nocturne. Des parties entières de parois rocheuses sont tombées sur la chaussée. Impossible de balayer cent vingt kilomètres de route. Un camion nettoyeur passe pourtant, mais les graviers retombent derrière lui. On ne fait que le plus gros… mais on fait. Si cela n’est pas de la capacité de réaction rapide…

    La mer n’est pas démontée, mais une houle impressionnante s’est formée (deux à trois mètres - photo ci-contre Triathlète n° 90). Les vagues Élite sont déjà parties. Le capitaine des pompiers a peur et pose son veto au départ des 900 concurrents de la vague Open. Didier LEHÉNAFF prend ses responsabilités, et des risques personnels énormes, en donnant celui-ci. Si cela n’est pas de la capacité de réaction rapide… En remerciement, il reçoit un galet sur la tête.

    Bien sûr, rien n’a pu être fait pour remettre en place les bouées qui se sont perdues dans la tempête, le kilométrage n’est pas inscrit sur le sol du circuit pédestre car la peinture ne tient pas. Béatrice MOUTHON poireaute 5h30’ avant qu’on ne la rapatrie… pour apprendre la victoire de sa sœur. Jacques LE PEN reste six heures dans une R12. Il y aura quatre cents abandons ce jour-là, les sacs des concurrents sont humides et un peu dispersés, le repas de clôture est transféré au palais Acropolis (2.500 personnes prévues) car le site initial (les jardins de Cimiez) est inondé,… Une foule de détails pourtant justifiés, donne l’impression d’une absence d’organisation.  Didier LEHÉNAFF conclut en affirmant : « On pouvait difficilement faire mieux, sauf pour le chronométrage… »

    Ces messieurs les journalistes n’ont pas eu leurs résultats ! L’informatique est installée dans une tente. Elle s’envole… et voilà l’eau dans les ordinateurs. Mauvais mariage, tout explose. Effectivement c’est une faute d’organisation. C’est peut-être la seule. Pour le reste, dans 999 cas sur 1.000, l’informatique n’aurait eu aucune importance. La course aurait été annulée.

    Elle a eu lieu et a envoyé au panthéon du triathlon un « vieux » de 36 ans dont la gentillesse est à l’égal de son fantastique palmarès : Rob BAREL. Et pourtant il est tombé en vélo. Bien sûr, on regrette le coup de pied qu’a reçu Philippe MÉTHION au départ. Il nagera quatre kilomètres et en pédalera cent, avec deux côtes cassées, avant d’abandonner. On regrette aussi la crevaison de Simon LESSING incapable de réparer correctement son boyau sans perdre vingt minutes dans l’opération. Il abandonnera. On apprécie la médaille d’argent de Lothar LEDER et celle en bronze d’Yves CORDIER. On comprend aussi la peur de Pierre HOUSEAUX (7ème) qui a pensé à sa femme et à son gosse durant tout le vélo, tellement c’était dangereux,… avant d’être euphorique à pied. Les triathlètes sont humains, pas surhumains. Chez les féminines, il n’y a qu’elle. Isabelle MOUTHON, surmotivée, corrige Karen SMYERS de seize minutes et apporte à la France son premier titre mondial. Mention spéciale pour Lydie REUZÉ (3ème) qui tombe au début du vélo, se reprend, retombe dans la descente et se met à pleurer de douleur (les contusions partent de la hanche et se terminent au coude) et de désespoir… quand elle crève. Elle termine à seulement quatre minutes de l’américaine.

    Podium Individuel Homme        Podium Individuel Femme
    1    Rob BAREL         5:59:47        Isabelle MOUTHON    6:41:50
    2    Lothar LEDER      6:00:18        Karen SMYERS         6:57:21
    3    Yves CORDIER    6:01:09        Lydie REUZÉ              7:01:17

    Durant tout le temps où la F.F.TRI. organisa le Triathlon de Nice (onze fois entre 1994 et 2004), ce n’est pas moins de cinq Championnats du Monde LD qui y seront réalisés auxquels il faut rajouter deux Coupes du Monde (Courte Distance) et même un Championnat de France (une erreur selon Philippe LESCURE, le Président d’alors).

    Curieux retour de manivelle : à partir de 2005, c’est la société Triangle dirigée par Yves CORDIER qui organise, avec succès,… un Ironman pour la société du même nom.

  • Jour de Révolte « pour le Drafting »

    Le « drafting non autorisé », cette règle qui consiste à ne pas avoir le droit de profiter de l’aspiration du concurrent qui vous précède lors de la partie cycliste d’un triathlon a été inventée par… John COLLINS, « l’inventeur » du triathlon en personne. Dès le 18 février 1978, il avait imaginé « l’Effort Individuel » mais n’avait pas envisagé l’absence « d’aide extérieure ». Á la vue du nombre de participants, la réflexion était plus philosophique que pratique. « L’Effort Individuel » porte bien son nom et implique quelques règles spécifiques au triathlon dont les deux principales sont : l'interdiction du drafting (ou aspiration abri) en vélo et l'absence d'aide extérieure durant la totalité de l'épreuve. Cette seconde partie de la règle fut mis en place en 1981 avec tout ce que cela nécessite en terme d’organisation (ravitaillements et surveillance). Dans la mesure où des règles sont définies, il est nécessaire que quelqu’un veille à leur respect.

    On pourrait penser qu'entre 1981 et 1984, l'arbitre est absent. Ce n’est pas vrai. Lors de certaines épreuves, un officiel gère tant bien que mal la tête de course. Le dispositif ne va, en général, pas plus loin… et cela est inutile car, d'une part, la participation est minime, et, d'autre part, l'écart de niveau est très large. L’esprit des premiers triathlètes est plutôt enclin à respecter les quelques règles en vigueur. Néanmoins, il existe déjà une petite minorité qui n’a pas cette attitude et naturellement un ressenti est déjà palpable.

    La naissance du CONADET le 21 octobre 1984, va tenter de changer la donne en organisant l’arbitrage.

    Le problème est double. Non seulement il faut officialiser la fonction, définir les procédures fonctionnelles, former les hommes et les intégrer à l’organisation de l’épreuve, mais il faut aussi éduquer le participant qui, à cette époque, n'a même pas l'idée qu’un règlement puisse exister.

    En 1985, Jacques BOUISSIÈRES définit le statut de commissaire et organise la formation de ceux-ci. L’année suivante, il rédige le premier cahier des charges des organisateurs (ancêtre de notre Réglementation Sportive) et invente les cartons jaune et rouge avec les sanctions correspondantes.

    Dans les années suivantes, les disqualifications pour drafting ont du mal à s’imposer, le « pas vu pas pris » semble être la règle dans l’esprit des concurrents. L’attitude « tricheur » des triathlètes s’amplifie. Les premiers cas avérés sont difficilement traités. La règle du « passer l’éponge » est la norme habituelle. La sanction est rare et quand elle existe elle est incohérente.

    Par la suite, avec l’évolution de la discipline et l’amélioration de la formation arbitrale, les règles seront de mieux en mieux adaptées, de mieux en mieux respectées, de mieux en mieux surveillées, de mieux en mieux réprimées… sans supprimer cette attitude « tricheur » qui va aussi se répandre sur une partie de « l’Élite ». Pour eux, cette règle du « drafting non autorisé » est nuisible et conduit à des excès de zèle.

    Le 7 août 1994 à Quimper (29 - Finistère) se déroule le Championnat de France de Triathlon Distance Olympique.

    La course féminine est anecdotique. L’absence d’Isabelle MOUTHON permet à Lydie REUZÉ de s’imposer à la régulière. Dans les parties natation et vélo, elle n’a aucune rivale. L’avance prise lui permet de gérer au mieux la troisième partie du triptyque. Derrière, Anne-Marie ROUCHON fait la différence sur Véronique CHASTEL.

    Chez les hommes, rien n’est joué à la sortie de l’eau. Après la première transition, ils sont deux en tête, Philippe MÉTHION et Olivier MARCEAU. Les deux hommes jouent le jeu du relais en appliquant les règles du drafting. L’écart se creuse. Derrière, Sylvain DAFFLON tente une sortie en force. Çà marche. Il est seul, tente de revenir, n’y arrive pas mais n’est pas rejoint. L’ordre d’arrivée après la course à pied est le même une fois l’accélération de Philippe MÉTHION réalisée.

    Si Sylvain DAFFLON n’est jamais rejoint, c’est d’abord parce qu’il effectue un véritable exploit cycliste. Il en a l’habitude. Il a toujours tenté de gagner sur son point fort, en serrant les dents sur la fin, pour glaner ses lauriers. Ce jour-là, à mi-parcours, alors que les trois premiers sont passés depuis 1’, les GIRARD, LEUBA, BIGNET, BLASCO, BECUÉ ou BAVAY sont partis dans la grosse difficulté du parcours pour combler l’écart. Ils précédent un groupe compact d’une vingtaine d’unités. Stupeur en haut de la côte. Un barrage d’arbitres les oblige à s’arrêter. C’est la trouvaille de la journée pour infliger un Stop & Go « de groupe ». Le résultat est fort éloquent. Le groupe en retard passe de vingt à trente. Dix kilomètres plus loin, rebelote. Barrage de motos, arbitres à terre, carton à la main… pour le peloton des trente qui n’arrivent plus à se départager. Dans cette scène, seule la kalachnikov et quelques membres du GIGN manquent à l’appel !

    En Île-de-France, ils seront six à passer devant la commission disciplinaire (Vincent BAVAY, Marc SIMONET, Serge LECRIQUE, Patrick GIRARD, Didier LAFARGE et Thierry HENRI). Ils ont été condamnés à suivre un stage d’arbitrage et à effectuer un arbitrage en course.

    La réaction est immédiate. Les vieux conflits liés à la licence Élite, à Bercy et autres, ressortent d’un coup. « Y’en a marre qu’on nous prenne pour des cons ». La suite se résume à un jogging collectif dans les rues de Quimper. Du côté de la fédération, on parle de sanctions suite à ce coup d’éclat. Même si certaines Ligues Régionales font la démarche, il n’en sera rien au niveau fédéral… car les torts sont partagés.

        Podium Individuel Homme        Podium Individuel Femme
    1    Philippe MÉTHION   1:52:45        Lydie REUZÉ                   2:10:14
    2    Olivier MARCEAU    1:54:11         Anne-Marie ROUCHON    2:12:51
    3    Sylvain DAFFLON    1:55:09        Véronique CHASTEL        2:13:59

    Les jours de la règle du drafting sur les épreuves Élite sont dorénavant comptés en France.

    Indirectement, une partie de la solution vient de l’olympisme accordé le 3 septembre 1994. Pour le CIO, et surtout les télévisions, soit cette règle est abandonnée, soit le triathlon ne rentre pas aux Jeux Olympiques. Même si la majorité des fédérations nationales est contre le principe, l’acceptation de l’abandon du drafting sur les épreuves internationales devient la règle. En 1995, toutes celles-ci se dérouleront avec drafting autorisé. Il faudra attendre le 4 août 1996, à Bessines, pour voir le premier Championnat de France de Triathlon Courte Distance se disputer dans ces nouvelles conditions. La formule ne concernera les autres Grandes Épreuves Nationales que l’année suivante.

    Une page se tourne. Dès lors, si le Triathlon est pratiqué sans drafting par le sportif de base, il se fera avec pour l’Élite.

  • La Création de la Filière de Haut Niveau

    Il est difficile de parler de filière de Haut Niveau avant l’année 1992. D’une part les textes de lois sont quasi inexistants. D’autre part les velléités de construction de Bernard PAGES, le DTN, sont immédiatement mises au placard du fait de la situation financière fédérale. Les regroupements de l’Élite se font alors, tant bien que mal, au sein du Bataillon de Joinville et du 13ème BCA. La non-intégration de certains espoirs dans ces structures en 1991, change la donne.

    En 1992, grâce à son charisme, son sens de la persuasion et un laborieux travail de lobbying au Ministère, il officialise, avant même la parution des textes officiels, une Structure Scolaire d’Entraînement Permanent à la Ferté Bernard (72 -Sarthe). Une deuxième naîtra à Poissy (78 - Yvelines) la même année. Par ailleurs, il ouvre en septembre 1992 le CPEF (Centre Permanent d’Entraînement et de Formation) National de Triathlon à Boulouris (83 - Var).

    Ce centre, dirigé par Patrick DRÉANO, réunit six jeunes Junior de l’Équipe de France (Olivier MARCEAU, Laurent BONNA, Juanito PIRONDEAU, Nathalie DAUMAS, Caroline GAUDENZI et Sophie TANIDI) et assure, en internat durant quinze semaines, les entraînements des athlètes ainsi que leurs études grâce à un aménagement scolaire des horaires. Il a la particularité de fonctionner en parallèle avec une structure d’entraînement située à Cap Estérel (83 - Var). Celle-ci fonctionne du 16 janvier au 10 avril et a pu être créée grâce au partenariat avec « Pierre et Vacances ».

    Deux autres CPEF seront validés par le Ministère en septembre 1993 : La Ferté Bernard (72 -Sarthe) et Montluçon (03 - Allier). Voilà posées les bases d’une hypothétique filière fédérale nationale.

    Face aux potentialités croissantes d’introduction aux JO, Bernard PAGES reprend son bâton de pèlerin pour prêcher sa bonne parole dans le Ministère. Son raisonnement est simple. Si l’introduction du triathlon dans le programme olympique déclenchera automatiquement des finances pour monter des structures reconnues et des postes de cadres techniques détachés, il faut fabriquer les moyens de pouvoir identifier ces cadres en créant l’option Triathlon au Professorat de Sport (passage obligatoire pour devenir cadre d’état) et orienter les filières UFRSTAPS vers le triathlon.

    L’annonce de l’intégration du triathlon aux Jeux Olympiques de Sydney accordée par le CIO le 3 septembre 1994, donne le coup de fouet tant attendu.

    L’option triathlon du Professorat de Sport est accordée par le ministère pour l’année 1995. Elle permettra d’obtenir un réservoir de cadres techniques susceptibles de rejoindre la F.F.TRI. Un poste est accepté dès le 1er septembre 1994. Grégoire MILLET devient le troisième cadre technique national. L’année suivante Anne-Marie ROUCHON et Pierre HOUSEAUX, qui ont réussi le Professorat de Sport, rejoignent l’équipe technique fédérale.

    Toujours en septembre 1994, deux nouveaux CPEF sont labellisés par le ministère : ceux de Poissy (78 - Yvelines) et de Nancy (54 - Meurthe-et-Moselle). Á Montpellier (34 - Hérault), Joël DELPLANQUE, l’ancien chef de cabinet de Nelson PAILLOU au CNOSF, est nommé directeur du CREPS qui est en fin de construction. Il souhaite créer un pôle national de triathlon répondant au projet ministériel adopté en 1994. Bernard PAGES et Anne-Marie ROUCHON font de même à l’INSEP alors dirigé par Henri BOÉRIO.

    Début 1995, les textes sur l’organisation de la filière du sport de Haut Niveau instaurent, pour chaque discipline, le regroupement des athlètes dans des Pôles France et Espoir. Reste au Directeur Technique National à l’appliquer au Triathlon.

    Tout cela conduit à l’officialisation de la filière de Haut Niveau en 1995 comprenant quatre pôles France (Boulouris, I.N.S.E.P., le Bataillon de Joinville et Montpellier) et deux pôles Espoir (Montluçon Auvergne et Nancy), même si ces deux derniers fonctionnent sur des investissements des Ligues Régionales. Par contrecoup, les autres CPEF (La Ferté-Bernard et Poissy) retombent dans l’animation territoriale, donc sous compétence des régions.

    Si le terme de Montluçon Auvergne a été choisi pour dénommer ce Pôle Espoir, c’est parce qu’il comporte deux antennes : l’une à Montluçon à dominante scolaire, et l’autre à Clermont-Ferrand à dominante universitaire.

    Ce Pôle, dirigé par Yves CAHOUET, compte donc deux cadres techniques : Pascal LAFANECHÈRE et Jacques CALLAREC.


    Le choix d’avoir six pôles nationaux pour une fédération comptant aussi peu de licenciés se justifie par la volonté d’avoir des résultats probants lors des Jeux Olympiques de Sydney, mais surtout d’obtenir davantage de postes de cadres techniques rémunérés par l’État.

    On remarque la mauvaise répartition géographique des pôles France. Si les choix de Boulouris, de l’INSEP et du Bataillon de Joinville ne souffrent aucune contestation, l’accession de Montpellier soulève les reproches en raison de sa proximité avec Boulouris. La création de la 1ère UFRSTAPS option triathlon, sollicitée par Joël DELPLANQUE auprès de Thierry ROUDIL, a pesé lourd dans la balance contre Nancy pourtant plus logique.

  • Le 1er Grand Prix de Triathlon - Championnat de France des Clubs

    En 1994, en attendant le grand rendez-vous niçois (le 1er Championnat du Monde de Triathlon Longue Distance), la fédération voit un projet de rapprochement aboutir avec EDF. L’entreprise nationale soutient une soixantaine d’épreuves en France. Elle souhaite financer, avec la F.F.TRI. (le montant global est de 1,5 million de francs dont 20% sont à la charge de la F.F.TRI.) et le partenariat médiatique du journal l’Équipe, un challenge. Après discussion, Jacques LAPARADE, devant la complexité d’un système incluant le traitement d’autant de résultats, réduit le nombre d’épreuves à onze. Et encore, pour diminuer la multiplication des efforts et des déplacements, y a-t-il inclus les grands rendez-vous nationaux et internationaux de l’année (Quimper, Gérardmer, etc.).

    En cette période de disette financière, les 300.000 francs demandés par EDF, sont excessifs. D’où l’idée de créer une « licence compétition Élite » dont le coût est 10 fois plus élevé que la licence compétition classique (3.000 francs au lieu de 300). Les seuls avantages pour son titulaire sont, la priorité de se positionner en première ligne lors du départ de l’épreuve, et l’accès aux grilles de prix supérieures à 2.000 francs.

    On imagine sans difficulté les réactions qu’elle suscite de la part de la soixantaine de souscripteurs cette année-là. Ce surcoût étant utilisé pour abonder la grille de prix de ce circuit, cela revient pour ces athlètes à payer les prix qu’ils vont gagner… ou perdre.

    Qu’importe, le Challenge EDF est né. On parlera rapidement de Grand Prix EDF. La fédération vient de créer le second grand événement, qui, avec Nice, lui permettra de développer une communication suffisante pour grandir.

    Sur le plan sportif, le classement est uniquement individuel par attribution de points en fonction de la performance sur chaque épreuve (Bourges, Saint-Quentin-en-Yvelines, Pau, Dunkerque, Ancône, Quimper, La Baule, Gérardmer,…). Au final, le Challenge EDF 1994, récompense :

    Podium Individuel Homme        Podium Individuel Femme
    1    Olivier MARCEAU              Lydie REUZÉ    
    2    Philippe MÉTHION            Anne-Marie ROUCHON    
    3    Sylvain DAFFLON             Cédrine SOULET    

    EDF ne donnera pas suite à cette expérience car les retombées médiatiques sont jugées insuffisantes. Ainsi en 1995, exit, le « Challenge EDF » ! Vive le « Grand Prix National F.F.TRI. ». Il se déroule sur sept étapes. Comme l’année précédente, le classement est individuel, même si un classement club est établi.

    Après les Grand Prix de Bourges (18 - Cher), Rennes (35 - Ille-et-Vilaine), Mur-de-Barrez (12 - Aveyron), Oyonnax (01 - Ain), Ancône (26 - Drôme), Vesoul (70 - Haute-Saône) et Migennes (89 - Yonne), le classement final du Grand Prix National F.F.TRI. 1995, en individuel :

    Podium Individuel Homme                   Podium Individuel Femme
    1    Olivier MARCEAU    4600 pts        Suzanne NIELSEN    4600 pts
    2    Gilles REBOUL        2780 pts        Kim CARTER           4400 pts
    3    Stéphane BECUE    2615 pts        Jenny ROSE             4100 pts

    Par club :

    Podium Club Homme        Podium Club Femme
    1    Poissy Triathlon            TGV Saint-Quentin    
    2    Triathl’Aix                     TC Boulogne-Billancourt    
    3    TGV Saint-Quentin        Tricastin Triathlon Club    

    En 1996, le « Grand Prix National F.F.TRI. » devient « Grand Prix F.F.TRI. - Championnat de France des Clubs ». On peut considérer que c’est la première édition officielle de ce circuit qui va perdurer plusieurs décennie dans le paysage du triathlon français.

    Deux faits sont nouveaux. D’abord, il n’y a plus que cinq étapes ce qui évite les surcharges physiques aux athlètes dont le calendrier devient pléthorique. Ensuite, le classement est double : individuel et par club, ce qui entraîne une organisation élitiste de ces derniers.

    La 1ère étape se déroule le 5 mai 1996 à Rennes (35 - Ille-et-Vilaine). Le plateau est royal. En dehors de l’absence de Simon LESSING, toutes les écuries sont présentes avec leurs meilleurs étrangers. Cette étape, au parcours plat comme la main, est une préfiguration de ce que le grand prix deviendra à partir de 1997. Le drafting y est interdit, mais comment faire quand un peloton de quarante unités se promène avec un corps arbitral passif ?

    Quatre hommes (Sylvain DAFFLON, Rob BAREL, Jean-Luc CAPOGNA et Johan Peter DILLO) sont devant. Ils roulent à 45 km/h et arrivent à la seconde transition avec 1’30’’ d’avance sur le groupe des quarante. Carl BLASCO est le premier à sortir de l’aire de transition. 29’45’’, c’est le temps qu’il met pour faire les dix bornes. Á la flamme rouge, il passe Rob BAREL et l’emporte. Côté féminin, Kim CARTER gère sa course avec une trentaine de secondes d’avance sur Christine HOCQ, une nouvelle venue à laquelle il va falloir s’habituer.

    Podium Individuel Homme        Podium Individuel Femme
    1    Carl BLASCO    1:45:15         Kim CARTER           2:02:00
    2    Rob BAREL       1:45:27        Christine HOCQ        2:02:15
    3    Dennis LOOZE   1:45:33        Christine DE WITT    2:02:27

    Le 25 mai 1996, Oyonnax (01 - Ain) accueille le Grand Prix F.F.TRI. Le roi LESSING est présent. C’est sa première course européenne de la saison. « On » prétend qu’il n’est pas au mieux. C’est vrai en vélo. Si concéder 3’17’’ à Olivier MARCEAU n’est une injure pour personne, cela fait beaucoup pour le britannique. Que penser alors de l’écart final entre les deux hommes : 37’’ ? Que Simon LESSING est plus en forme en natation et en course à pied que la rumeur le prétend, et qu’Olivier MARCEAU est au top de sa forme. Il n’est pas donné à tout le monde de battre le roi Simon LESSING une fois dans sa vie.

    Podium Individuel Homme        Podium Individuel Femme
    1    Olivier MARCEAU    1:59:18        Jenny ROSE           2:18:33
    2    Simon LESSING      1:59:55        Kim CARTER          2:20:13
    3    Carl BLASCO          2:00:26        Sophie DELEMER   2:21:00

    Le 9 juin 1996, c’est au tour de Saint-Quentin en Yvelines (78 - Yvelines) d’accueillir les meilleures équipes françaises. Simon LESSING absent, Olivier MARCEAU et Carl BLASCO sont favoris. Olivier MARCEAU, sorti de l’eau dans le groupe de tête, ne tarde pas à se retrouver seul en tête. Il creuse l’écart sur ce parcours sélectif pourvu d’une côte à 16%. Il n’a pourtant que 45’’ d’avance sur Carl BLASCO à la seconde transition. C’est insuffisant pour remporter la victoire. Carl BLASCO le dépasse au huitième kilomètre et décroche un succès logique et mérité. Ce n’est pourtant pas l’avis des juges arbitres, qui le disqualifient pour « franchissement de ligne continue » deux heures plus tard. Olivier MARCEAU a gagné sur tapis vert.

    Chez les féminines, qui dit parcours vélo difficile, dit Sophie DELEMER. Elle distance Kim CARTER et assure la partie pédestre. Jenny ROSE, auteur d’un dix kilomètres de folie, double, sur la fin, la sud-africaine pour prendre le premier accessit.

    Podium Individuel Homme                Podium Individuel Femme
    1    Olivier MARCEAU        1:53:45        Sophie DELEMER    2:07:03
    2    Rob BAREL                1:54:00         Jenny ROSE            2:07:36
    3    Sébastien BERLIER    1:55:09         Kim CARTER           2:07:51

    Le 28 juillet 1996, le douzième Triathlon Sobriété de Vesoul (70 - Haute-Saône), accueille la quatrième étape du Grand Prix F.F.TRI. Il fait très chaud ce qui rend le parcours vélo, digne des montagnes russes, encore plus difficile. Chez les hommes, comme chez les femmes, les cyclistes sont à la fête. La journée se résume à un double duel fratricide. Jean-Christophe GUICHARD et Olivier MARCEAU (tous deux de Poissy Triathlon) d’un côté, Jenny ROSE et Sophie DELEMER (toutes deux du TC Boulogne-Billancourt) de l’autre. Le franco-suisse et la néo-zélandaise l’emportent.

    Podium Individuel Homme        Podium Individuel Femme
    1    Jean-Christophe GUICHARD    1:56:09        Jenny ROSE            2:13:55
    2    Olivier MARCEAU                   1:57:03        Sophie DELEMER    2:15:07
    3    Stephen FOSTER                   1:57:10        Kim CARTER           2:16:51

    Pour la finale à Beauvais (60 - Oise), le 15 septembre 1996, trois titres sont déjà attribués. Le Triathlon Club de Boulogne-Billancourt pour le classement club féminin, Poissy Triathlon pour celui des hommes et Olivier MARCEAU en individuel masculin. La seule incertitude plane sur le classement individuel féminin. Jenny ROSE tient la corde, mais Kim CARTER, voire Sophie DELEMER peuvent encore gagner. Le titre de Vice-Championne du Monde Longue Distance obtenu la semaine précédente par la française compromet sérieusement ses chances. Il suffit d’une 2ème place à Jenny ROSE pour l’emporter, même, si Kim CARTER termine 1ère. C’est exactement ce qui se passe.

    Chez les hommes, Olivier MARCEAU absent, on constate que Rob BAREL est encore là.

    Podium Individuel Homme              Podium Individuel Femme
    1    Rob BAREL         1:53:28        Kim CARTER           2:08:25
    2    Carl BLASCO       1:55:39        Jenny ROSE            2:09:40
    3    Gilles REBOUL    1:55:48        Sophie DELEMER    2:10:58

    Au classement final du Grand Prix F.F.TRI. 1996, en individuel :
     

    Podium Individuel Homme        Podium Individuel Femme
    1    Olivier MARCEAU    3400 pts        Jenny ROSE            3700 pts
    2    Rob BAREL            3300 pts        Kim CARTER            3550 pts
    3    Carl BLASCO          2970 pts        Sophie DELEMER    3250 pts

    Par club :
    Podium Club Homme                        Podium Club Femme
    1    Poissy Triathlon          970 pts        TC Boulogne-Billancourt    1000 pts
    2    TGV Saint-Quentin      890 pts        Tricastin Triathlon Club       910 pts
    3    Triathl’Aix                   760 pts        ESM Gonfreville l’Orchet    760 pts

    En 1997, il devient « Grand Prix ARENA - Championnat de France des Clubs » suite à l’investissement du partenaire dans la fédération. Par ailleurs, le drafting y est autorisé, ce qui constitue, dans l’esprit fédéral, une préparation directe aux circuits européens et mondiaux pour les seniors Élite et un apprentissage pour les juniors. En 1998, suite à la création des divisions, il devient « Grand Prix ARENA - Championnat de France des Clubs de D1 ». Il faudra attendre 2001, pour que le format des épreuves ne soit plus systématiquement des Courte Distance, et l’année 2002 pour que le classement individuel soit supprimé.

  • Le 1er Grand Prix de Duathlon

    On a souligné la volonté politique du Conseil Fédéral de Duathlon, présidé par Yves RAHIL, d’organiser le duathlon à l’image du triathlon depuis l’officialisation de la délégation le 1er mars 1994. Il n’a fallu que deux ans à celui-ci pour créer un grand Prix de Duathlon.

    Initialement prévu sur sept étapes, il n’en comprend que cinq au final.

    Le 31 mars 1996, le Grand Prix de Duathlon voit donc le jour à la Ferté-Saint-Aubin (45 - Loiret), sur un Longue Distance (10/66/10). Emmanuel FAUCHER, le « Mike PIGG français », domine la course de la tête et des épaules. Il résiste à François HAMON, l’autre animateur du jour, qui s’effondre dans le dernier tour de la course à pied. Il est alors déposé par Gilbert ROUYER et Jean-Luc BESSE.

    Chez les féminines, Virginie LAFARGUE survole la course, devançant Frédérique FISEL de 3’25’’ et Claire LAPOUBLE de près de 18’.

    Podium Individuel Homme                        Podium Individuel Femme
    1    Emmanuel FAUCHER    2:54:20        Virginie LAFARGUE    3:16:56
    2    Gilbert ROUYER            2:54:45        Frédérique FISEL       3:20:21
    3    Jean-Luc BESSE           2:55:30        Claire LAPOUBLE      3:34:34

    Le 7 avril 1996, c’est au tour de Ruoms (07 - Ardèche) d’accueillir le Grand Prix de Duathlon. C’est un Courte Distance (10/42/5). Victoires faciles de Steeve LAURENT et de Virginie LAFARGUE.

    Podium Individuel Homme            Podium Individuel Femme
    1    Steeve LAURENT    2:05:29        Virginie LAFARGUE            2:20:05
    2    François HAMON    2:07:46        Géraldine COURDESSES    2:35:34
    3    Gilbert ROUYER     2:08:02        Valérie DANTON                  2:36:27

    Le duathlon des notaires de Bouin Plumoisan (59 - Nord) accueille, le 26 mai 1996, la 3ème étape du Grand Prix. Chez les féminines, Virginie LAFARGUE est pratiquement assurée du titre après sa 3ème victoire en trois courses. Chez les hommes, Pierre GEFFROY l’emporte au sprint. Par sa régularité, il prend aussi la tête du classement général du Grand Prix.

    Podium Individuel Homme            Podium Individuel Femme
    1    Pierre GEFFROY       1:20:38        Virginie LAFARGUE    1:32:58
    2    Christian CAZORLA    1:20:40        Claire LAPOUBLE      1:35:49
    3    Nicolas LEBRUN        1:20:43        Sophie CAVÉ             1:40:58

    Le 22 septembre 1996, Saint-Aubin-des-Bois (28 - Eure-et-Loir) accueille la 4ème étape. Les distances inquiètent : 11.5 / 66 / 11.5. Chez les féminines, Virginie LAFARGUE remporte son 4ème succès d’affilée et assure sa victoire dans le Grand Prix.

    Chez les hommes, le podium est encore différent des trois premières étapes. Au sprint, Mikaël GOASDUFF l’emporte devant Joël CLAISSE. Pascal SCHULER est troisième. Ils sont encore sept à pourvoir l’emporter au général : Pierre GEFFROY, Jean-Luc BESSE, François HAMON, Nicolas LEBRUN, Gilbert ROUYER, Christian CAZORLA et Pascal SCHULER.

    Podium Individuel Homme               Podium Individuel Femme
    1    Mikaël GOASDUFF    3:03:50        Virginie LAFARGUE          3:34:48
    2    Joël CLAISSE            3:03:52         Claire LAPOUBLE            3:41:06
    3    Pascal SCHULER      3:06:34         Brigitte SOURROUILLE     3:59:25

    Pour la finale de Sommedieue (55 - Meuse), du 13 octobre 1996, ils ne sont que 69 au départ, dont seulement 5 femmes. La distance a de quoi rebuter : 10 / 60 / 10. Chez les féminines, il n’y a aucune course. Comme pour chaque étape, Virginie LAFARGUE écrase la concurrence. Chez les hommes, par contre, le classement est incertain. Sur les sept vainqueurs potentiels, deux manquent à l’appel : Jean-Luc BESSE et Pierre GEFFROY (blessé). Sur l’étape, François HAMON l’emporte de justesse après un vélo fantastique. Derrière Pascal SCHULER et Christian CAZORLA se partagent les places d’honneur.

    Podium Individuel Homme              Podium Individuel Femme
    1    François HAMON      2:52:04        Virginie LAFARGUE    3:20:31
    2    Pascal SCHULER     2:52:23        Claire LAPOUBLE       3:29:59
    3    Christian CAZORLA   2:52:40        Sophie CAVÉ             3:44:31

    Au classement final du Grand Prix F.F.TRI. 1996 :
    Podium Individuel Homme        Podium Individuel Femme
    1    François HAMON              Virginie LAFARGUE    
    2    Christian CAZORLA           Claire LAPOUBLE    
    3    Pascal SCHULER             Sophie CAVÉ    

    À partir de la saison 1998, il devient « Grand Prix F.F.TRI. de Duathlon - Championnat de France des Clubs » avec deux classements, en individuel et par club. Si le classement individuel est mixte, seuls les clubs masculins sont concernés. En 2003, la création des divisions pour les hommes le transforme en Grand Prix F.F.TRI. de duathlon - Championnat de France des Clubs de D1. Ce n’est qu’en 2004, avec la disparition des classements individuels, que les femmes seront l’égale des hommes.

    Mais cette situation ne plaît pas à tout le monde. Du fait de la prise en compte des équipes féminines, la distance vélo est réduite (de 30 à 20 kilomètres) ce qui ne satisfait pas vraiment les rouleurs opérant sur le circuit : « On a l’impression que le vélo n’a plus d’importance pour les dirigeants et qu’ils souhaitent que tout se joue à pied. Ce qui me gêne également c’est que les championnats du monde et de France se dérouleront sur des distances plus longues. Ce n’est pas en faisant du court que nous serons prêts pour ces échéances ». (Toumy DEGHAM).

     

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  • L’or aux Mondiaux de Duathlon

    Le 23 août 1998, Saint Wendel (Allemagne), reçoit le Championnat du Monde de Duathlon Courte Distance. Cocorico pour les trois podiums français gagnés de haute lutte par Yann MILLON (1er), Nicolas LEBRUN (2ème) et Edwige PITEL (2ème), sans oublier Jean-Luc BESSE (5ème), Christian CAZORLA (9ème), mais aussi Jérémy GACHET (5ème) et Céline BOBEY (8ème) en junior.

    Il ne fait pas bon être Champion du Monde :
    Yann MILLON victime de ragots : « Je n’ai jamais rien pris de ma vie. J’ai été contrôlé une fois cette année à Saint Wendel, et le contrôle s’est avéré négatif. (…) Je n’ai jamais été aussi emmerdé de ma vie depuis mon titre de Champion du Monde. Si c’était à refaire d’ailleurs… Ce que j’attends avec impatience, c’est l’arrivée des bilans sanguins. Car ça me fait terriblement souffrir de voir à côté de moi des gars ‘’chargés’’ ».

    Malgré l’approche de la tornade Irène, Yann MILLION conservera son titre le 17 octobre 1999, à Huntersville (USA).

    Il aurait même pu faire la passe de 3 à Calais (59 - Nord) le 8 octobre 2000… mais il ne termine que deuxième, perdant son titre au profit du phénomène belge Benny VAN STEELANT, qui reste à ce jour le duathlète le plus titré.
     

  • L’Assemblée Générale de Mulhouse

    Denis JAEGER, le trésorier, présente, lors de l’assemblée générale du 20 mars 1999 qui se déroule à Mulhouse, un bilan annuel positif de 743.544 francs, d’où un résultat cumulé positif de 560.000 francs. Les comptes de la F.F.TRI., mêmes fragiles, sont dans le vert pour la première fois depuis la création de la fédération. Il aura fallu 10 ans pour que la situation financière soit apurée. On pourrait penser que ce redressement résulte de la seule augmentation des licences (58%) opérée le 9 janvier 1993 et que le développement du triathlon en a lourdement pâti.

    Il n’en est rien ! En six ans tous les secteurs ont progressé malgré des finances déficitaires.

    - Sur le plan administratif, l’idée de décentraliser la prise de licence vers les Ligues Régionales arrive à son terme. Cette idée, initiée par Jean-Marie DURAND dès 1994, puis relayer par l’ensemble de l’équipe de Jacques LAPARADE, fait qu’à Mulhouse toutes le sont, sauf une (le Nord Pas de Calais). Ce dispositif s’accompagne d’une répartition entre une part fédérale et une part ligue sur le montant global de la licence à l’année, de la licence à la journée et des agréments. Philippe LESCURE est à l’origine de ce dispositif qui permet ainsi à toutes les structures fédérales de pouvoir bénéficier de ressources propres pour améliorer leur structuration.

    Face à ce surcroît d’administration prévisible, la professionnalisation des Ligues Régionales est abordée. Le slogan « Une Ligue, un Emploi » est fréquemment utilisé par Jacques LAPARADE. Une ligne budgétaire est  créée pour venir en complément du Plan Sport Emploi ministériel créé en 1997. Cette mesure ne verra jamais le jour car les « Contrats Emplois Jeunes », du gouvernement JOSPIN en 1998, offrent des possibilités d’embauche et de professionnalisation fédérale à moindre coût. Ce type de contrat aidé est avantageux, 80% du salaire étant pris en charge par l’État pendant cinq ans. EDF devient partenaire de cette opération, proposant à la F.F.TRI. la prise en charge des 20% non financés par l’État, sur un recrutement de 50 postes. En dix-huit mois les postes sont pourvus. La professionnalisation des Ligues Régionales est alors suffisante.

    Le développement de la micro-informatique individuel et l’avènement d’Internet influent également sur ce secteur. Après l’échec d’un système interne de gestion de prise de licence, le Bureau Fédéral prend la décision de sous-traiter cet aspect administratif. La société Orba fournit un système dès la fin 1997. Ce système, poussif la première année, sera amélioré année après année et accélérera de manière conséquente la prise de licence.

    - Sur le plan de la communication, Pascal BILDSTEIN crée les bases d’une véritable politique fédérale. Il faut préciser que le secteur est alors plutôt sinistré. Avant le début 1994, la communication en interne se résume à quelques courriers adressés aux clubs, au minitel resté un échec, à un Bulletin Technique rédigé par la DTN, à Tri à la Une adressé épisodiquement aux dirigeants, dans les courriers dépêchés vers les clubs ou les organisations fédérales.

    Le réveil se produit fin 1994 à l’initiative d’Alain LARIBI (chargé de mission des épreuves des neiges) et d’Yves RAHIL (Président du Conseil Fédéral de Duathlon) qui éditent les premières plaquettes sur ces disciplines. Elles ne tarderont pas à s’étendre au triathlon. Ces formes de communication, certes non transcendantes, ont le mérite d’initier des systèmes de création et de diffusion de documents purement fédéraux.

    Suite à son élection, le 25 janvier 1997, Pascal BILDSTEIN, dont c’est le métier, s’attache à créer les premiers outils de communication régulier (communiqué de presse, dossier de presse, leaflet,… etc.). Il imagine aussi un stand fédéral pour initier une communication de proximité.

    Il réforme Tri à la Une qui reste le seul outil de communication directe vers le licencié, afin de le rendre plus convivial, plus complet. Mais il faut aller plus loin. Il conclut un partenariat avec Triathlète permettant d’adresser le calendrier avec le mensuel. Son contenu ne se limite pas à la longue énumération des épreuves prévues pour l’année car quelques pages de fonctionnement fédéral y sont insérées. Si l’édition du calendrier 1999 est superficielle, l’édition 2000 sera plus aboutie et doit être considérée comme étant le réel premier calendrier conçu par la F.F.TRI. diffusé par Triathlète.

    Il instaure une politique de production d’images télévisées et trouve un diffuseur : TF1. La chaîne retransmet quatre épreuves (Lausanne, Nice, Hawaï et Rennes) dans l’émission Minuit Sport. Ces quatre productions seront regroupées sur un CD-Rom et distribuées aux Présidents de Ligues Régionales en fin d’année. Cela permettra la diffusion des images lors de salons, forums ou opérations de communication locales.

    Il amorce aussi, début 1999, la procédure fonctionnelle pour créer le premier site Internet fédéral (mis en ligne fin 1999).

    Enfin, l’essor du triathlon de Nice, la création des Grands Prix et l’arrivée d’ARENA, transforment la communication fédérale sur les événements.

    - Sur le plan sportif, l’olympisme a accéléré la structuration du Haut Niveau. Avec six pôles, un plan de détection, des cadres techniques supplémentaires, une reconnaissance de la formation fédérale et des Grandes Épreuves Fédérales à profusion, Bernard PAGES remplit bien ses journées.

    À l’inverse les projets de développement de la masse sont quasi inexistants. Il y a bien la création du label Club Formateur et le Challenge du nombre visant à augmenter le nombre de licenciés jeunes, mais le premier a subit des dérives et le second se termine en 1996 faute d’argent.

    Les 19 et 20 avril 1997 s’ouvre à Limoges (87 - Haute-Vienne) un séminaire sur la prospective afin de réfléchir à l’évolution de la discipline sur le long terme et aux mesures à mettre en place. L’augmentation du nombre de licenciés est le fil rouge des débats.

    Trois axes sont retenus :
        - Pour les épreuves, les idées sont nombreuses. Il faut simplifier l’accès et l’accueil, populariser les organisations, amener les pratiquants occasionnels à prendre une licence à l’année dans les clubs et valoriser la qualité des manifestations. Cela implique des distances moins rigides des épreuves loisirs, une diversification de la pratique (par équipe, en contre-la-montre,…) et une ouverture plus large (licenciés à l’année ou non). Indirectement le Super Sprint va faire son apparition et les épreuves Promotion seront modifiées sur le fond et rebaptisées épreuves Découverte.
        - Pour les clubs, le fond du problème reste la valorisation de leurs actions. Mais elles sont tellement nombreuses et disparates, et les politiques locales de développement tellement différentes, que l’action fédérale ne peut être que limitée. Concrètement cela aboutit à une volonté de réformer la labellisation et d’améliorer l’offre sportive en créant des compétitions interclubs, voire interrégionales. Il faudra attendre le passage de l’an 2000 pour percevoir un embryon de ces réformes.
        - Pour les compétiteurs, le vieux souhait de réaliser un classement de l’ensemble des triathlètes nationaux, superposable à celui de la Fédération Française de Tennis, ressurgit. Une formule a existé au temps du CONADET, mais elle est obsolète. L’évolution de la micro-informatique individuelle devrait permettre de moderniser l’ancien système. Mais le projet ne sera jamais concrétisé.

    Si les retombées immédiates de ce séminaire sont minimes, sa tenue aura au moins eu l’avantage de fixer les grandes directives d’une véritable politique de développement qui ne naîtra qu’après le changement de Président, le 24 mars 2001.

  • Le 1er Titre Mondial de Triathlon des Neiges

    La saison hivernale est peu propice au triathlon. Les compétiteurs cherchent un palliatif. Certains ont rencontré le duathlon, d’autres ont imaginé le triathlon des neiges… et, comme d’habitude, une poignée tente d’organiser une compétition de ce qui n’est somme toute au départ qu’un palliatif.

    Un des premiers triathlons des neiges organisé en France est celui de Fontanil (38 - Isère) le 24 février 1985. Au programme plusieurs courses, mais une seule d’importance : celle des « As ». En terme de distances, rien à voir avec tout ce que vous avez pu imaginer dans vos pire cauchemar : 17 kilomètres de ski de fond, 20 kilomètres de course à pied (850 mètres de dénivelé) et 92 kilomètres de cyclisme.

    Ils ne sont que cinquante au départ… dont Mark ALLEN (dix fois vainqueur de Nice et le 1er Champion du Monde CD en 1989) qui totalise… huit heures d’entraînement en ski de fond. Il termine 3ème. En réponse à un journaliste qui lui demande si son inexpérience en ski de fond lui a fait perdre la course il répond en souriant : « Les compétiteurs étaient très bons, c’est pour cela que je n’ai pas gagné ».

    On apprécie la performance de Karl Heinz MORATH et Alain DAELLENBACH ainsi que la ténacité de la seule féminine au départ : Alexandra KRÉMER.

      Podium Individuel Homme                 Podium Individuel Femme
    1    Karl Heinz MORATH       5:43:19        Alexandra KRÉMER    7:18:57
    2    Alain DAELLENBACH     5:50:39            
    3    Mark ALLEN                  5:54:18            

    Les dirigeants du CONADET, créé quelques mois auparavant, regardent le phénomène avec un certain détachement. À leurs décharges, les difficultés d’organiser la version estivale de la discipline. Du coup, ce sont les organisateurs et les concurrents eux-mêmes qui vont construire ce sport. En raccourcissant les distances dans un premier temps car il est difficile de développer une activité, donc d’avoir plus de concurrents, avec des distances pareilles. En modifiant l’ordre des enchaînements ensuite. En définissant des règles d’organisation adaptées aux conditions parfois extrêmes. En mobilisant tous les massifs enneigés français. Bon an, mal an en 1988, on identifie une petite dizaine d’épreuves, ce qui est amplement suffisant pour couvrir la saison sportive hivernale.

    Le seul apport des instances structurantes au développement de la discipline s’observe lors de la transformation du CONADET en F.F.TRI. le 21 octobre 1989. La délégation est obtenue à la fois pour les versions estivales et hivernales du triathlon. Dès lors la route est ouverte pour asseoir ce sport dans le paysage national et international. Malheureusement le réchauffement planétaire, constaté à partir de 1990, va le rendre chaotique.

    Entre 1991 et 1995, un Championnat de France de Triathlon des Neiges existe sur un circuit d’épreuves malheureusement en constante régression du fait des aléas climatiques. En 1995, le Championnat de France de Duathlon des Neiges apparaît sur quatre épreuves. Ce n’est qu’à partir de 1996 que ces Championnats de France se déroulent sur une épreuve unique : le 2 mars aux Ménuires (73 - Savoie) pour le duathlon et le 17 mars dans la vallée d’Aspe (64 - Pyrénées-Atlantiques) pour le triathlon.

    Tout cela est du à la ténacité d’un seul homme, Alain LARIBI, qui réussit sans moyens à maintenir à flot ces deux sports.

    Voulu expressément par Les MAC DONALD, le Président de l’ITU, qui souhaite présenter un dossier pour les JO d’hiver, le 23 mars 1997, Malles (Italie) accueille le premier Championnat du Monde de Triathlon des Neiges.

    La France est en délégation restreinte : en Élite, Hélène SALOMON, Philippe LIE, Jean-Claude CARRÈRE et un seul Junior, Jérémy GACHET. Ils sont moins nombreux que la délégation du Liechtenstein. Si le calvaire de Philippe LIE, qui termine 5ème loin derrière l’italien Paolo RIVA et de Jean-Claude CARRÈRE (12ème) sont à remarquer sur ce parcours très sélectif au profil sévère (8,5 kilomètres de côte en course à pied et 700 mètres de dénivelé sur 9 kilomètres de vélo), ce n’est rien à côté de celui d’Hélène SALOMON (14ème). La course à pied en côte est déjà difficile, mais moins que de gravir un col en VTT avec un pneu crevé. Pour elle, le ski de fond est mieux… il y a quelques descentes. En termes de résultat, la satisfaction vient de Jérémy GACHET qui dérobe le seul titre mondial que les italiens aient laissé filer.

    Deux ans plus tard, le 14 mars 1999, lors des 3ème Championnats du Monde de Triathlon des Neiges à Bardonecchia (Italie), Nicolas LEBRUN devient le troisième Champion du Monde de l’histoire du triathlon français, en devançant le grand favori de l’épreuve, l’italien Paolo RIVA. Éric PINNA finit 5ème et Jérémy GACHET 6ème. Chez les filles, si Hélène SALOMON est absente pour cause de préparation préolympique, Estelle PATOU finit 9ème.

  • Les 1er JO du Triathlon

    16 et 17 septembre 2000 : Jeux Olympiques de Sydney. Certains diront : « l’année zéro du triathlon ! » Grâce à la performance de ses athlètes, la France dispose du quota maximum de qualifiés. Ils sont six, soit trois femmes (Isabelle et Béatrice MOUTHON et Christine HOCQ) et trois hommes (Olivier MARCEAU, Carl BLASCO et Stephan BIGNET).
    Tout commence le 16 septembre 2000 par la course féminine, qui se joue par l’arrière. Á la fin de la natation on compte les pertes. En fait seules quinze athlètes sont encore dans le coup, dont Isabelle MOUTHON et Christine HOCQ. Le vélo ne sert qu’à épuiser les favorites australiennes.

    La course démarre à la seconde transition. C’est à nouveau une course par élimination. Dans le dernier tour, elles sont encore cinq à pourvoir briguer le titre, mais pas pour longtemps. Á un kilomètre de l’arrivée, seules l’australienne Michellie JONES et la suissesse Brigitte MAC MAHON ont encore une chance de titre. S’engage un long sprint, où la suissesse s’avère être la plus résistante et entre ainsi dans l’histoire de l’olympisme.

    Podium Individuel JO Femme

    1    Brigitte MAC MAHON    CH      2:00:40
    2    Michellie JONES           AUS    2:00:42
    3    Magali MESMER          CH      2:01:08
    7    Isabelle MOUTHON       FRA    2:02:53
    8    Christine HOCQ            FRA    2:03:01
    35    Béatrice MOUTHON    FRA    2:11:08


    Le 17 septembre 2000, c’est au tour des hommes d’entrer dans l’arène. Á l’inverse de l’épreuve féminine, la course masculine se fait par l’avant.

    Peut-on reprocher à Olivier MARCEAU d’avoir tout tenté ? La course a réellement démarré au deuxième tour vélo par l’échappée « sans le vouloir » de Conrad STOLTZ et d’Olivier MARCEAU. Les deux hommes s’entendent bien et arrivent avec 56 secondes d’avance sur la meute.

    Si l’africain du sud est rapidement décroché en course à pied, le français donne tout mais se fait irrémédiablement passer par les fous furieux revenus de l’arrière. Pour le reste, le sprint est somptueux. À ce jeu, Simon WITHFIELD s’avère le meilleur et entre lui aussi dans l’histoire du triathlon.

    Podium Individuel JO Homme

    1    Simon WITHFIELD    CAN    1:48:24
    2    Stefan VUCKOVIC    ALL     1:48:37
    3    Jan RÉHULA            RTC    1:48:46
    7    Olivier MARCEAU     FRA    1:49:18
    19   Carl BLASCO          FRA    1:50:18
    31   Stephan BIGNET     FRA    1:51:12


    Dans une interview d’après course, Bernard PAGES dira : « Le contrat minimal est rempli avec trois finalistes et donc une certaine satisfaction. Cela n’empêche néanmoins pas un peu de déception après avoir vu Olivier MARCEAU en tête. On y a cru un peu et on regrette qu’il ne soit pas allé au bout ». Cette citation illustre parfaitement la pensée des milliers de triathlètes français qui ont assisté, devant la télévision, à ces deux courses du bout du monde.

  • La Saison Internationale 2000

    La saison 2000 reste, au niveau international, une des plus belles pour la France, tant sur le plan des organisations que des résultats. Le seul bémol est l’échec, tout relatif (bon mais sans médaille), des Jeux Olympiques de Sydney.

    Tout commence le 4 mars 2000 à Jaca (Espagne), où Nicolas LEBRUN conserve son titre de Champion du Monde de Triathlon des Neiges obtenu l’année précédente à Bardonecchia (Italie). L’équipe de France obtient également l’or par équipe, avec les 8ème place d’Éric PINNA et 9ème de Jean-Claude CARRÈRE. En Junior, Johann BOISSY et Claire BRESSOT sont tous les deux vices-champions du Monde.

    29 et 30 avril 2000, une date historique pour la France. Tous les meilleurs triathlètes du monde sont présents pour ce Championnat du Monde de Triathlon Courte Distance à Perth (Australie). Ceci d’autant plus que la Coupe du Monde de Sydney, répétition générale des Jeux, s’est déroulée quinze jours plus tôt.

    Frédéric BELAUBRE montre la voie le 29 avril 2000 en remportant, quatre ans après Sébastien BERLIER, un titre mondial en Junior.

    Le lendemain, c’est l’apothéose avec Olivier MARCEAU qui entre dans l’histoire du triathlon français en devenant le premier Champion du Monde Élite de la discipline. Puis derrière, ce sont Carl BLASCO 4ème et Stephan BIGNET 8ème qui enchaînent. Alors qu’elle n’était que neuvième au classement des nations, avec seulement deux dossards olympiques, la France décroche, au regard de ses résultats, son troisième dossard.

    Cela continue le 18 juin 2000. Nice (06 - Alpes-Maritimes) organise son quatrième Championnat du Monde Longue Distance (4/120/30).

    Chez les hommes c’est un mano a mano entre Peter SANDVANG et Cyrille NEVEU, après la chute sans gravité du néo-zélandais SHELDRAKE qui le contraint à l’abandon. Malgré un vélo prodigieux, Cyrille NEVEU n’a qu’une poignée de secondes d’avance à la sortie du parc à vélos. Les deux hommes n’auront jamais plus de 70 mètres d’écart sur la première partie du parcours. Au retour, vent de face, l’écart grandit pour atteindre 200 mètres au 22ème kilomètre. Tout le monde y croit. Mais Peter SANDVANG revient et passe Cyrille NEVEU à trois kilomètres de l’arrivée. François CHABAUD complète le podium.

    Par contre, chez les filles, Isabelle MOUTHON remporte un second titre mondial malgré une mauvaise natation mais grâce à un final époustouflant en vélo.

        Podium Individuel Homme            Podium Individuel Femme
    1    Peter SANDVANG       6:22:01        Isabelle MOUTHON      7:04:48
    2    Cyrille NEVEU            6:23:17        Natascha BADMANN    7:05:44
    3    François CHABAUD    6:26:49        Danièla LOCARNO        7:11:43

    Après Nice, en juin, c’est Calais (62 - Pas de Calais) qui accueille, le 8 octobre 2000, le gratin des duathlètes au Championnat du Monde de Duathlon Courte Distance.

    Suite à ses deux titres mondiaux consécutifs (1998 et 1999), Yann MILLON fait figure de favori. Pourtant après une première course à pied de folie, il ne tient pas plus de deux kilomètres à vélo dans la roue de Benny VAN STEELANT. Un phénomène belge qui ne souhaite pas évoluer dans le monde du cyclisme exclusif (« Je sais que je suis bon en vélo, mais dans le monde cycliste, je pense que ce n’est pas possible d’aller au top sans se doper »). Yann conservera néanmoins sa deuxième place.

    Chez les femmes, Edwige PITEL a joué le numéro « malchance ». Suite à une chute en vélo dans le premier tour cycliste, elle doit jouer les chasse-patates et y laisser beaucoup trop de force. Elle finit 5ème à vingt-sept secondes de la première.

        Podium Individuel Homme        Podium Individuel Femme
    1    Benny VAN STEELANT    1:46:05        Steph FORRESTER    2:02:02
    2    Yann MILLON                   1:47:11        Siri LINDLEY              2:02:03
    3    Huub MAAS                     1:47:40        Christiane SOEDER    2:02:14

    Cela se termine le 12 décembre 2000 à Pretoria (Afrique du Sud) qui accueille le Championnat du Monde de Duathlon Longue Distance. Edwige PITEL atteint le Graal et tient sa revanche sur sa déception calaisienne.

    Cinq titre mondiaux la même année et une pléiade d’accessits : il faudra probablement attendre longtemps avant que cela se renouvelle…

  • Les 1er Championnats de France Jeunes

    La politique de développement du triathlon dans la population jeune est passée par plusieurs phases. À l’époque du CONADET, après les expériences originelles des pionniers, le développement n’est envisagé que par le biais des fédérations affinitaires liées à l’éducation nationale (UNSS et FNSU). Il ne peut en être autrement à cette époque car, d’une part, le CONADET n’a ni les moyens, ni le développement pour s’inscrire dans une politique jeune et, d’autre part, la pratique du triathlon est perçue comme anti-physiologique pour les catégories les plus jeunes. C’est ainsi que naissent les premiers Championnats de France UNSS le 7 juin 1987 sur le plan d'eau de Meuse Madine (55 - Meuse) et le 1er Critérium National Universitaire à Nantes (44 - Loire-Atlantique) le 20 septembre 1987 (il n’acquiert le terme de Championnat de France Universitaire que deux ans plus tard). Ces systèmes fonctionnent bien et s’amplifient année après année.

    Une fois l’urgence de la crise financière de 1990 passée, il est temps d’envisager un développement chez les jeunes directement dans les clubs. Tous les critères indispensables à cet essor sont réunis. La couverture territoriale des clubs est plus aboutie et le nombre de formateurs sportifs est suffisant.

    Sous la houlette de Bernard PAGES, un groupe de travail préparant « l’Avenir » se crée. La première réunion se déroule le 7 décembre 1991 à Paris. Elle constitue les prémices de la création du programme du même nom. La pratique chez les jeunes de 8 à 13 ans est au centre des débats. Il faudra plus d’une année pour en achever la première étape consistant à officialiser les épreuves « Avenir ».

    En 1993, le concept UNSS tourne à plein régime. Il est le seul à proposer une épreuve nationale à cette jeune population. Mais que peut espérer un adolescent qui n’a pas accès à la pratique, faute d’une structure à proximité ? Rien !

    Les épreuves Avenir ont du succès. Elles permettent aux clubs de recruter les triathlètes de demain. Il est temps de densifier l’offre sportive. S’entraîner, c’est bien ! Faire aussi de la compétition, c’est mieux !

    Bernard PAGES imagine un concept inédit pour combler ce vide : la Coupe de France des Ligues Régionales. C’est une course en relais, engageant une fille et trois garçons sur un triathlon Distance Sprint. La première épreuve se déroule à Pont-à-Mousson le 29 août 1993. Réservée aux Juniors, elle remporte un immense succès qui ne se démentira pas¹.

    Lors du colloque des CTL de Boulouris, fin 1993, Jacques LAPARADE constate : « Nous gérons une fédération peu représentée chez les jeunes, une fédération « vieille » où la moyenne d’âge des licenciés est supérieure à 30 ans ».

    Deux mois plus tard, Bernard PAGES dévoile en assemblée générale le reste du « Projet Jeune ». Baptisé « Opération Tri Jeunes », il comprend deux volets.

    - La création d’un label « Club Formateur » : Il est délivré aux clubs s’orientant dans l’encadrement spécifique des enfants et adolescents. Les critères d’obtention ne sont pas drastiques. Pour l’obtenir, il faut dix jeunes licenciés, un créneau d’entraînement en natation et un cadre titulaire du diplôme initiateur. Cela ressemble plus à de l’incitation vers une démarche orientée qu’à l’attribution d’un label de grande qualité. Néanmoins celui-ci est connu des partenaires institutionnels au travers des autres fédérations sportives qui l’ont déjà mis en place. Ainsi, bon nombre de clubs obtiennent des subventions spécifiques jusqu’alors inaccessibles. Trente-trois clubs décrochent ce label en 1994, soixante-deux en 1995 et quatre-vingt-trois en 1996. Á partir de cette dernière date, ce sont les Ligues Régionales qui l’attribuent.

    - La mise en place du « Challenge du Nombre » : le principe est simple, tout jeune licencié entraîne le versement au club d’une certaine somme par la fédération, à condition d’en dénombrer un minimum de cinq. Le but manifeste est d’augmenter le nombre de licences Jeunes, sans tenir forcément compte de la qualité sportive. L’objectif avoué est de doubler en trois ans les 1.569 licences Jeunes comptabilisées fin 1993. L’augmentation est mitigée la première année avec 342 licences supplémentaires, plus probante la deuxième (+524) et équivalente la troisième (+500). Avec plus de 2.800 licences en 1996, le but n’est pas atteint mais la dynamique créée permet de disposer d’un réservoir suffisant sur le long terme.

    Fin 1995, pour tenter d’identifier l’élite de ce réservoir, la Direction Technique Nationale et l’université de Bordeaux 2 mettent au point le « Triéval ». Il s’agit, par des tests simples de natation et de course à pied, d’évaluer le potentiel des jeunes, de l’analyser et de fournir en retour aux techniciens des ligues et des clubs, des données objectives pour optimiser l’entraînement. Les résultats sont compilés sous forme d’un classement du meilleur au moins bon. En clair, c’est l’outil de détection par excellence. Sa réalisation difficile en termes de logistique entraîne son abandon au bout de trois ans laissant aux clubs et aux entraîneurs locaux la responsabilité de dénicher l’élite de demain².

    Si au niveau fédéral, plus aucune évolution n’est constatée durant les trois années suivantes, on observe une « usure » des systèmes UNSS et FNSU. Le système élitiste prôné par la F.F.TRI. va à l’encontre du système éducatif de l’UNSS qui se veut plus convivial et ludique.

    Ainsi, suite à l’abandon, par l’UNSS, le 23 janvier 2002, de tout classement individuel sur le Championnat de France de la fédération affinitaire, le Comité Directeur des 9 et 10 février 2002 adopte la création d’un Championnat de France de Triathlon Individuel Cadet. L’objectif étant de réaliser une grande épreuve pour l’ensemble de la population jeune, le cas des catégories Junior et Minime est abordé.

    Le Championnat national existe déjà pour les juniors³ mais le Comité Directeur adopte la création d’un Challenge National Junior, sans supprimer le Championnat de France. Pour les minimes, rien n’existe. La réticence de créer une épreuve élitiste pour de si jeunes pratiquants est contrebalancée par l’évolution de la discipline et la notion de globaliser cette manifestation à toutes les composantes Jeunes de la F.F.TRI. Au final, la création d’un Challenge National Minime est actée.

    Ils sont six cents à Yzeure (03 - Allier), le 15 juin 2002, venus de toute la France, à s’élancer pour disputer le premier titre national Jeune. Qu’importe que le vainqueur se voit attribuer un titre national ou un simple challenge. Dans l’esprit, ils ont disputé un véritable Championnat de France dans leur catégorie.

    Podium Individuel Minime Garçon        Podium Individuel Minime Fille
    1    Théo REBEYROTTE    31:49                Léna SASTRES      36:24
    2    Jordan ROYER            32:01                Anaïs PONS           36:52
    3    Benjamin LIGER          32:16                Manon CORMIER    37:22

    Podium Individuel Cadet Garçon          Podium Individuel Cadette Fille
    1    Dorian ALMANZA            56:17            Aurélie PAUL              1:04:05
    2    Clément LEFRANCOIS    56:19            Juliette BÉNÉDICTO    1:04:14
    3    Thomas SOUNALET        56:50           Virginie JOUVE           1:04:26

    Podium Individuel Junior Garçon         Podium Individuel Junior Fille
    1    Laurent VIDAL    54:57                        Marion LORBLANCHET    1:00:16
    2    Charly VIDAL     55:22                        Anne TABARANT              1:01:33
    3    David HAUSS     55:30                       Cécile LEMESLE             1:02:40

    Devant ce succès, le Comité Directeur vote la création des titres nationaux Junior (4) et Minime le 29 juin 2002. Le Championnat de France Jeune de Triathlon est né. Il se déroulera à Montluçon (03 - Allier) le 1er juin 2003. Cédric PRIMAULT et Camille CIERPIK décrochent le titre chez les Junior, tandis qu’Aurélien LESCURE et Aurélie PAUL s’imposent en Cadet. Laura MARTEAU et Aurélien RAPHAËL sont titrés dans la catégorie Minime.

    Il faudra attendre le 24 avril 2005 à Bugeat (19 - Corrèze), sous des trombes d’eau et une température hivernale, pour que se déroulent les premiers Championnats de France Jeunes de Duathlon. Seul moment de soleil et de chaleur, regarder les quatre cents jeunes athlètes participer à cette grande fête. Parmi les vainqueurs, certains et certaines feront parler d’eux.

    Podium Individuel Minime Garçon        Podium Individuel Minime Fille
    1    Thomas ANDRÉ                 29:13        Emmie CHARAYRON    32:02
    2    Arthur-Gil FATIN                  29:24       Gwen VAN POUCKE      33:27
    3    Alexandre DALLENBACH    29:26        Héloïse BOTTIN            33:27

    Podium Individuel Cadet Garçon           Podium Individuel Cadette Fille
    1    Étienne DIEMUNSCH    43:44              Charlotte MOREL    50:39
    2    Guillaume EDELY         44:04              Julie ARNAUD        52:45
    3    Benoît DEMON             44:05              Claire LEBOURG    53:00

    Podium Individuel Junior Garçon          Podium Individuel Junior Fille
    1    Bertrand BILLARD    55:11                   Jeanne COLLONGE         1:02:57
    2    Romain LIEUX          55:26                  Juliette BÉNÉDICTO         1:03:27
    3    Julien COUDERT    55:30                    Virginie BOMBARDIÉRI    1:04:40

    (1) Son extension à la catégorie Cadet sera appliquée en 1996. Pour les minimes, il faudra attendre 2004.
    (2) Il sera remplacé par le « Class Triathlon », plus simple au niveau logistique, en 2003.
    (3) Il se déroule sur la même manifestation que le Championnat de France Senior.
    (4) Le titre Junior, jusque-là attribué lors du Championnat de France Senior, est alors transformé en Championnat de France U23, catégorie créée par l’ITU uniquement pour les épreuves internationales.

  • Gérardmer, 1er Ironman France

    Le 22 juin 2002, Bernard CHARBONNIER et son équipe accueillent la première épreuve Ironman de France offrant cinquante places qualificatives pour Kona. Mark ALLEN est là pour accueillir le vainqueur. C’est aussi une première, il s’agit d’un français du Triathl’aix : François CHABAUD.

    Près de neuf heures plus tôt, au milieu des mille quarante et un concurrents, il s’élance dans le fameux lac des Vosges. Sa natation est prudente, sachant que le parcours vélo lui colle comme un gant. Trois cols à escalader trois fois. Une règle de neuf qui lui permet de passer en tête au quatre-vingtième kilomètre et de lâcher tous ses concurrents.

    À la seconde transition son dauphin, Stefan RIESEN, est à 7’45’’. L’écart est important mais le suisse est un excellent coureur à pied. Pourtant à sept kilomètres de l’arrivée l’écart est maintenu. La course paraît gagnée pour le français. Le suisse accélère pourtant sans savoir que le français souffre de problèmes gastriques. Il s’en faut de 1’03’’ qu’il ne perde.

    À la 9ème place du classement scratch on voit apparaître : Karin THURIG (SUI), 9h44’58’’. Mark ALLEN qualifie cette performance d’exceptionnelle. Sa dauphine pointe à 32’25’’. La première française (Véronique MATUR 6ème) est à 1h16’00’’.

    Podium Individuel Homme               Podium Individuel Femme
    1    François CHABAUD    8:55:03        Karin THURIG               9:44:58
    2    Stefan RIESEN           8:56:06        Gine KEHR                 10:17:23
    3    Timo BRACHT            9:18:51        Ariane GUTKNECHT    10:22:18

    Quelques mois plus tard, François CHABAUD réalisera à Hawaii la meilleure performance accomplie jusqu’alors par un français : 6ème.

    La société Ironman ne s’était jamais installée sur le territoire national avant cette date, car la F.F.TRI. avait, implicitement, toujours privilégiée le triathlon de Nice qu’elle organisait. Cette situation convenait parfaitement à la fois à l’Ironman Corporation qui se développait ailleurs et à l’ITU qui gardait la maîtrise sur une « épreuve historique ». C’est une des raisons de l’attribution à cinq reprises des Championnats du Monde Longue Distance à l’épreuve.

    Si cette date du 22 juin 2002 est importante, c’est parce qu’elle traduit un changement de politique de la société privée. Son essor est tel dans le Longue Distance qu’elle considère maintenant Nice comme une priorité. Le message est clair : lors du renouvellement de la concession d’organisation en 2004, Ironman sera sur la ligne de départ… et elle gagne par l’intermédiaire de Triangle dirigé par un triathlète local qui a marqué Nice : Yves CORDIER.

    Si on peut penser que la fédération a souffert de la perte de cet événementiel majeur, en fait elle contribuera à développer une autre grande épreuve fédérale : le Triathlon de Paris.

  • Cyrille NEVEU - Champion du Monde de Triathlon Longue Distance

    En 2002, le triathlon de Nice accueille une étape de Coupe du Monde le samedi 21 septembre et un Championnat du Monde Longue Distance le lendemain (son cinquième). Autant dire que l’élite du triathlon est au rendez-vous.

    Si ce grand week-end de triathlon commence timidement pour le camp tricolore, avec les 7ème et 10ème places de Frédéric BELAUBRE et Marion LORBLANCHET lors de la Coupe du Monde, il finit en apothéose. Cyrille NEVEU est le premier français à remporter un titre individuel de Champion du Monde Longue Distance, tandis que les 4ème et 7ème places de Gilles REBOUL et François CHABAUD, ouvrent la plus haute marche du podium à l’Équipe de France.

    Sa victoire, Cyrille NEVEU la construit en vélo. Il a 7’ d’avance lors de la seconde transition.

    Malmené par Ralph EGGERT et Torbjorn SINDBALLE durant la première moitié du parcours course à pied, il retrouve des forces et maintient l’écart jusqu’à son arrivée triomphante.

    Chez les féminines, Sophie DELEMER termine 5ème et Audrey CLÉAU 11ème.

    Podium Individuel Homme                     Podium Individuel Femme
    1    Cyril NEVEU               6:19:45        Inès ESTEDT                    7:06:43
    2    Torbjorn SINDBALLE    6:22:05        Kathleen SMET                 7:11:55
    3    Rutger BEKE               6:22:52        Virginia BÉRASATÉGUI     7:14:18

    Ce n’est pas la première victoire d’un français au triathlon de Nice. Celle-ci remonte à l’année précédente.

    Le 23 septembre 2001, le Triathlon de Nice (06 - Alpes-Maritimes) fête sa vingtième édition. Pour la première fois, il est le support du Championnat de France de Triathlon Longue Distance.

    Il est six heures du matin quand le départ est donné. La houle est forte et le ciel n’est pas spécialement dégagé. Difficile dans ces conditions de se repérer, d’où un gros cafouillage au passage de la première bouée.

    Pour cette année, les spécialistes du « court » côtoient ceux du « long ». En fait, ils les précédent… sur la première moitié du parcours avant de rentrer dans le rang. C’est probablement la première fois que tous les spectateurs, spécialistes ou néophytes, découvrent à quel point les deux populations sont différentes.

    Au final, après une course à pied haletante, Gilles REBOUL s’impose devant Xavier GALÉA et Christophe HAMARD. C’est (enfin) la première victoire d’un français à Nice. Chez les féminines, Sophie DELEMER fait la quasi-totalité de la course en tête et l’emporte devant Kate ALLEN et une formidable Hélène SALOMON.

    Podium Individuel Homme                     Podium Individuel Femme
    1    Gilles REBOUL            6:28:22        Sophie DELEMER    
    2    Xavier GALÉA              6:29:50        Kate ALLEN    
    3    Christophe HAMARD    6:30:38        Hélène SALOMON   

  • Développement Toute - 1er Acte !

    Depuis l’arrivée de Philippe LESCURE à la présidence de la F.F.TRI. le 24 mars 2001, le message est clair. La fédération a mis 10 ans pour se redresser d’une situation financière catastrophique, il faut maintenant qu’elle se structure et se développe. Les mesures, de restructuration interne, du Haut Niveau, des réunions et des Commissions, ont été votées tout au long des années 2001 et 2002. En 2002, pour la première fois depuis la structuration du triathlon, le nombre de licences est en baisse (116 unités). Le développement devient urgent. C’est tout au long de l’année 2003 que les projets de développement prévus dans le programme de Philippe LESCURE sont mis en place. Ils seront en partie financés par la convention d’objectif F.F.TRI./Ligues.

    Lors du Comité Directeur du 9 mars 2003, Frank GASQUET présente le projet des Structures Sportives Régionales et Inter-régionales d’Entraînement et de Formation (SSREF ou SSIREF), dont l’objectif est de regrouper, sur un même site, les meilleurs athlètes régionaux de Ligue(s). Leur création est envisagée afin de combler un vide entre l’entraînement dans les clubs et la première marche de la filière ministérielle de Haut Niveau, les Pôles Espoir. Elles viennent en complément des Structures Sportives Scolaires doublement labellisées par le ministère des Sports et l’Éducation Nationale. C’est toute la différence. Purement fédérales, elles offrent une plus grande souplesse de fonctionnement et s’inscrivent dans la durée¹. C’est en Languedoc-Roussillon et en Alsace que les deux premières structures seront labellisées.

    En avril 2003, Cédric GOSSE officialise le « Class Triathlon ». Sa mise en place repose sur un programme informatique qui centralise les résultats de deux tests simples, en natation et course à pied, de jeunes triathlètes et duathlètes. Tous les pratiquants sont concernés, du niveau départemental au niveau national. Un classement des performances est secondairement établi. Ce « Class Triathlon », première marche de la détection, mobilisera de longues années tous les animateurs sportifs régionaux.

    Un logo (ci-contre) est lié à cette opération. Créé par un jeune triathlète d’Île-de-France, il n’a pas été utilisé au-delà de 2005 pour des raisons financières.

    Pascal BILDSTEIN, le 15 mai 2003, signe un protocole d’accord avec Sport + qui prévoit la diffusion du Grand Prix de Triathlon, des Championnats de France de Triathlon Courte et Longue Distance et du Triathlon de Nice. Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, RMC info, s’associe au dispositif.

    Le 28 juin 2003, lors du Comité Directeur de Cublizes (69 - Rhône), Frank GASQUET présente le projet de mise en place des Commissions Inter-Régionales (CIR) qui fait suite au travail de découpage du même nom initié par Gérald IACONO, vingt mois plus tôt².

    Deux nouveaux concepts sont aussi présentés par le Président de la CNDAT : les « Espaces Triathlon » et les « Espaces Triathlon Itinérants » (bientôt rebaptisés « Triathlon Itinérant »).

    Le premier consiste à aménager une base de loisirs et à mettre à disposition un encadrement technique. Celui-ci proposera la découverte du triathlon ou du duathlon, sur des parcours simples, pendant une période prédéfinie, à tout public venant sur le site et désireux de s’initier.

    Les objectifs du second dispositif sont identiques, mais c’est le site qui va à la rencontre du public. Cette idée est née d’expériences réalisées en Île-de-France (Triacités) et en Languedoc-Roussillon (Tournée des Plages) dès la fin des années 90.

    Le premier Espace Triathlon ouvre en juillet 2005 à Coucouron (07 - Ardèche). Il sera suivi par celui de Fourmies (59 - Nord) en 2007 et d’Orléans (45 - Loiret) en 2008.

    Au regard des retours d’expériences, Cédric GOSSE préconise de modifier les critères d’attribution du label Club Formateur et de créer le label École de Triathlon, qui s’inscrira en amont du premier. L’idée est de proposer un niveau de progression aux structures accueillant des jeunes. Une ligne budgétaire est dégagée afin d’attribuer aux clubs labellisés une contrepartie financière.

    Dans le même temps, le Comité Directeur adopte la mesure visant à imposer le label « Club Formateur » à tous les clubs de Division 1, au 1er novembre 2006, sous peine de rétrogradation.

    Dans le cadre du développement de la pratique féminine, Pascal BILDSTEIN présente une opération de communication spécifique « Les journées du triathlon au féminin ». Prévue sur un week-end, cette opération débute les 26 et 27 juin 2004.

    La refonte de la réglementation générale fédérale était un axe fort du programme de Philippe LESCURE, souhaitée aussi par le corps arbitral. Jusque-là, Éric CHOCHOY, en charge de ce dossier, n’avait réformé que les statuts. Jean-Michel BUNIET est nommé pour effectuer ce travail³.

    Entre le 11 et le 18 octobre 2003, le Comité Directeur multiplie les réunions afin d’amorcer ce pénible labeur. Le terme n’est pas usurpé. Depuis presque dix ans, les Comités Directeurs successifs avaient opté pour la politique du « mille-feuille », se contentant d’ajouter des articles un peu partout. Les cent cinquante pages de la réglementation se réduisaient à une succession de rubriques, parfois contradictoires d’un chapitre à l’autre, sans compter les innombrables mesures obsolètes, fautes de frappe, perles en tout genres,…

    Mais Jean-Michel BUNIET ira au-delà, instaurant une refonte annuelle régulière (entre septembre et octobre de l’année) visant à améliorer progressivement les textes. Pas moins de six livrets, trois à quatre ans de travail acharné, seront nécessaires pour obtenir une réglementation optimisée.

    Le Congrès Fédéral de Saint-Jean-de-Monts (85 - Vendée), le 12 mars 2004, note toutes les avancées de l’année… et Patrick SOIN souligne un nombre de licences qui repart à la hausse (+ 800). Dès lors, et durant toute sa présence au poste de Secrétaire-Général, il n’annoncera chaque année que des augmentations.

    Fin du 1er Acte !...

    ¹ Le coordonnateur d’une Structure Scolaire Sportive est obligatoirement Professeur d’E.P.S. Une mutation de celui-ci ou un départ à la retraite, condamne bien souvent le dispositif à la fermeture, le remplaçant pouvant choisir de se diriger vers une autre discipline.
    ² Il ne sera jamais suivi d’effet. Pourtant le texte restera de nombreuses années dans la Réglementation.
    ³ Suite à la démission d’Éric CHOCHOY de la Présidence de la Commission Nationale de la Réglementation en mars 2004, Jean-Michel BUNIET sera officiellement nommé pour le remplacer lors du Comité Directeur du 12 juin 2004 à Lorient.

  • Développement Toute - 2ème Acte !

    Une fois n’est pas coutume, Philippe LESCURE, réélu lors de l’assemblée générale du 5 mars 2005 au Centre National de Rugby à Marcoussis (91 - Essonne), nomme les Présidents de Commission Nationale le 21 mars 2005, soit moins de trois semaines après sa prise de fonction. L’idée est claire : les avancées, observées suite aux mesures prises lors du premier mandat, doivent être rapidement complétées par des mesures d’ouverture d’accès aux disciplines.

    Ainsi, le 15 septembre 2005, Frank GASQUET présente deux projets.

    Le premier consiste à redéfinir les distances des épreuves Découverte. Initialement, ce format (500/20/5) était le plus court et le moins exigeant, pour goûter aux valeurs de la discipline. L’introduction progressive des épreuves compétitives Super Sprint (400/10/2.5) dans le panel des distances de course, rend caduques ces notions. Par ailleurs, nager 500 mètres a toujours été un frein, notamment pour les féminines et les jeunes. Officialiser un format avec, au maximum, 200 mètres de natation, 8 kilomètres de vélo et 2 kilomètres de course à pied, revient donc à créer un nouveau type d’épreuve, réellement adapté à la découverte de ce sport, donc à forte composante de développement. Indirectement le problème latent des « rois du Découverte » se résoudra dans cette formule trop peu exigeante. Ces nouvelles distances entrent en application dès le 1er novembre 2005.

    Le second dossier vise à ouvrir les épreuves Courte et Longue Distance au Pass Journée. Faciliter l’accès à tous les types d’épreuves est un autre facteur de développement. Mais le système peut avoir un revers : la fuite des licenciés des clubs. Ainsi, l’option choisie par le Comité Directeur est d’autoriser ce type de Pass, mais en les tarifant de manière prohibitive (20 € pour les épreuves Courte Distance et 30 € pour les épreuves Longue Distance). En clair, il faut que l’accès des non-licenciés à ces épreuves soit possible, mais reste exceptionnel, et surtout, moins avantageux que de prendre une licence. L’art et la manière de ménager la chèvre et le chou.

    La mise en fonction de ce pass est initialement prévue à compter du 1er novembre 2006, mais sous la pression des organisateurs, qui y voient une manière d’augmenter la participation, il entre en vigueur immédiatement après l’assemblée générale du 19 mars 2006¹.

    Entre temps, le Comité Directeur des 4 et 5 février 2006, apporte son lot de mesure.  
     
    Pascal BILDSTEIN, le vice-Président en charge de la communication et du marketing, souligne l’accord avec Triathlète Magazine qui prévoit l’envoi gratuit de quatre numéros par an à tous les licenciés. Cette mesure coûte cher à la F.F.TRI., mais pour la première fois depuis qu’elle existe, il est maintenant possible que chaque adhérent fédéral reçoive un calendrier des épreuves, un guide des Grands Prix et des articles spécifiques à la vie fédérale, écrits par les journalistes du magazine.

    Chacune des deux structures reste indépendante… mais la F.F.TRI. entre dans le cercle très fermé des entités pourvues d’un accès écrit mensuel. De son côté, Triathlète conforte son emprise sur le Triathlon. Ce monopole confié par la fédération au magazine est une sorte de PACS.

    Conscient des moyens généralement faibles des clubs et des organisateurs, il met aussi à leur disposition des affiches que les structures locales peuvent personnaliser. Une édition spéciale est réservée pour les Journées du Triathlon au Féminin 2006.

    Cédric GOSSE annonce le démarrage du Club France, qui doit organiser les déplacements sur les épreuves internationales pour les catégories groupes d’âge et handisports. C’est un rêve d’avoir des délégations superposables à celles des anglais ou des australiens, sur chaque championnat. Peut-on arriver à faire voyager les français ?

    Stéphane ZIMMER, le DTN Adjoint, présente « l’École de Triathlon », qui vise à élaborer une démarche pédagogique destinée aux détenteurs des brevets fédéraux, afin de capter l’attention des populations jeunes et de les amener à maîtriser la technique du triathlon. S’il n’y a rien d’extraordinaire dans l’idée même, elle permet néanmoins d’optimiser la méthodologie éducative².

    Outre la signature de trois conventions avec des fédérations affinitaires - La Fédération Sportive de la Police Française (FSPF), La Fédération des Clubs Sportifs et Artistiques de la Défense (FCSAD), La Fédération Française du Sport d’Entreprise (FFSE) - et la rupture de tout lien avec l’UFOLEP, Frank GASQUET souhaite augmenter le nombre des clubs de Triathlon. En effet, si l’augmentation du nombre de licenciés est annuellement conséquent, celui des clubs stagnent au environ de 520 depuis plusieurs années.

    Cela fait maintenant quatre ans qu’il conçoit un CD- Rom regroupant une énorme quantité de renseignements sur la manière de créer ou de développer un club ou une épreuve³. Les retours sur la qualité de cet outil sont positifs, Philippe LESCURE l’a constaté lors de son Tour de France des Ligues.

    On dit souvent que les idées les plus simples sont les meilleures. En l’occurrence il s’agit de compléter les informations contenues dans le CD-Rom par un contact direct qui aidera les personnes désireuses de créer leur association à se repérer dans l’imbroglio administratif auquel ils sont confrontés. Et à cet effet, un numéro vert est créé. Il entre en fonction le 10 avril 2006. L’effet est immédiat. La première année, près de cent quinze dossiers sont gérés avec une reprise de la croissance du nombre de structures. Á la fin de l’olympiade, le nombre de clubs a franchi le cap des 600.

    Il ne faut pas attribuer cette réussite au seul numéro vert mis en place. C’est l’ensemble du travail de développement et de restructuration entrepris depuis cinq ans qui est valorisé, le 0.800.881.646 n’est que le catalyseur.

    Le 17 mars 2006, les trois-quarts du Comité Directeur sont dans l’aéroport de Roissy - Charles-de-Gaulle. Départ dans la matinée pour rejoindre la presqu’île du Gosier en Guadeloupe. L’assemblée générale doit s’y dérouler deux jours plus tard. Cinq jours de déplacement dont deux de voyage avec huit heures de décalage horaire. Ce ne sont pas des vacances, c’est pour travailler. D’ailleurs le trésorier a été ferme six mois auparavant, lors de la décision : « Cette assemblée générale ne coûtera pas un euro de plus que celles qui se sont tenues jusqu’à présent. Certains membres du Comité Directeur peuvent anticiper ou retarder leur voyage… à leurs frais ».

    C’est la première fois que l’assemblée générale se déplace en outre-mer. Henri SERRANDOUR, Président du CNOSF, présent par hasard au même moment en Guadeloupe, assiste aux travaux. Comme d’habitude, seules les deux dernières heures apportent leur lot de nouveautés. Elles sont d’importance.

    La première est statutaire. Le nom de la fédération est changé. Elle devient « Fédération Française de Triathlon et des Disciplines Enchaînées ». Elle s’inscrit dans la volonté fédérale d’obtenir des délégations supplémentaires.

    La seconde prend en compte une anomalie. Jusqu’à présent, un organisateur paye dans l’agrément d’une épreuve une Responsabilité Civile Individuelle (RCI). La réalisation de plusieurs épreuves, le même jour, entraîne le paiement d’autant de RCI. C’est anormal puisque celle-ci couvre toutes les épreuves d’une même journée. Dès lors, seul le droit d’organisation le plus élevé sera retenu pour obtenir l’agrément de toutes les épreuves se déroulant sur la même journée.

    La troisième est spécifique à l’outre-mer. D’une manière générale, le niveau de vie en outre-mer est inférieur à celui de la métropole. Par ailleurs, l’insularité a un retentissement important sur la participation aux épreuves. Pour contrebalancer ces effets, l’assemblée générale adopte une réduction de la part fédérale de 50% sur les licences et les agréments. Á charge pour les Ligues Régionales d’Outre-mer d’utiliser au mieux cette réduction entre leur fonctionnement et leur tarif.

    Dorénavant, il sera aussi spécifié dans le cahier des charges des organisateurs de championnats de France jeunes que l’inscription et l’hébergement des athlètes ultramarins seront assumés par l’accueillant.

    Pour finir, le 10 juin 2006, le Comité Directeur officialise les « Animathlons » (organisation unique de la Pratique Animation, assimilable au Triathlon Itinérant mais sur un seul jour et en un seul lieu).

    En trois ans, toutes les mesures de développement ont beaucoup changé la fédération. Il s’agit maintenant de digérer ces évolutions… tout en évaluant leur retentissement sur la vie triathlètique de la base.

    ¹ Statutairement, seule l’assemblée générale peut voter des tarifs.
    ² Durant tout le mandat, et une partie du suivant, ce projet sera « l’arlésienne fédérale ». Lors de chaque Comité Directeur, un point d’information est fait par Stéphane ZIMMER. De nombreuses réunions téléphonées mobilisent les cadres techniques nationaux, les CTL, les élus,… Le dossier enfle pour devenir gigantesque. … Mais toujours rien à utiliser concrètement. Après les Jeux de Pékin, soit quatre ans après le démarrage du projet, le dossier est tellement gros, que pour pouvoir avancer, Cyril GAUTIER, son principal effecteur, doit prendre deux heures juste pour savoir où il en était. La définition même de l’usine à gaz.
    ³ Certains membres du Comité Directeur critiquent l’hypertrophie des informations contenues dans cet outil. C’est vrai. Mais doit-on être non-exhaustif quand il s’agit d’apporter des renseignements à des dirigeants qui n’ont pas forcément le temps d’aller les chercher ? Non ! Ce qu’il faut, c’est une logique de recherche rapide… et c’est le cas !

  • Championnat d’Europe de Triathlon CD à Autun

    Du 23 au 25 juin 2006, Autun (71 - Saône-et-Loire) accueille le Championnat d’Europe de Triathlon Courte Distance. C’est le point d’orgue de la saison française. Frédéric BELAUBRE, le tenant du titre, est fin prêt. Cédric FLEURETON, le vice-champion en titre, l’est aussi.

    17h00, top départ. Stéphane POULAT imprime d’emblée un rythme d’enfer en espérant qu’un autre bon nageur prenne le relais. Mais non. Aussi, tous les favoris sortent ensemble. Seul Cédric FLEURETON perd 1’13’’ dans cette partie de la course. En vélo, le peloton roule au train durant les quatre premiers des huit tours du parcours.  Cédric FLEURETON revient. Deux italiens s’échappent (Andréa D’AQUINO et Alessandro DE GASPERI). Ils n’iront pas bien loin. Cédric FLEURETON attaque avant la transition. Il pose son vélo en premier et part comme un boulet de canon. Frédéric BELAUBRE et la cohorte de favoris sont derrière. Cédric FLEURETON, au deuxième kilomètre : « Quand Fred m’a passé, j’ai cru que dix autres gars allaient me doubler ». En fait, ce sera le seul, offrant au camp français un second fantastique doublé consécutif.

    Chez les féminines, à seulement vingt-et-un ans, Vanessa FERNANDES remporte son troisième titre européen consécutif. Marion LORBLANCHET est 6ème et Virginie JOUVE 7ème. En junior, si le titre d’Aurélien RAPHAËL était attendu, la 2ème place de Jeanne COLLONGE est la bonne surprise du week-end.

    Le 13 novembre 2006, Rémy REBEYROTTE, maire d’Autun, fait citoyen d’honneur Frédéric BELAUBRE pour la publicité qu’il a apportée à la ville.
    Pour la circonstance un arbre est planté au plan d’eau du Vallon, théâtre de son succès.

         Podium Individuel Homme            Podium Individuel Femme
    1    Frédéric BELAUBRE    1:56:44        Vanessa FERNANDES    2:10:41
    2    Cédric FLEURETON     1:57:11        Anja DITTMER                2:10:48
    3    Andrew JOHNS            1:57:29        Nadia CORTASSA          2:11:54

    Frédéric BELAUBRE obtiendra un 3ème titre européen le 10 mai 2008 à Lisbonne (Portugal). Sur ce coup, c’est presque un triplé français puisqu’il devance Tony MOULAI et Olivier MARCEAU… entre temps devenu suisse.

  • Lyonnaise des Eaux devient Partenaire

    Le 12 septembre 2006, un événement marquant va modifier durablement la fédération. « 100.000 € par an ! » titre Triathlète. Lyonnaise des Eaux devient le grand partenaire attendu depuis cinq ans et le départ d’ARENA.

    Ce contrat concerne les trois secteurs que sont le développement, le haut niveau avec Frédéric BELAUBRE porte-parole de la marque, et le Grand Prix. Mais il ira bien au-delà, en intervenant sur plusieurs actions non comprises dans la rédaction initiale du contrat. De fait, il ne cessera de s’amplifier au fil des ans, passant à 120.000 € en 2008, puis 150.000 € en 2009 et 170.000 € en 2010.

    Lyonnaise des Eaux entre aussi dans le Triathlon de Paris en 2009 à hauteur de 50.000 € et dans le Grand Prix de Nice en 2011.

    On peut considérer qu’en incluant les frais internes à l’entreprise induits par ce partenariat, la valeur réelle en 2011 avoisine les 375.000 €.

  • La Renaissance du Triathlon de Paris

    Entre 1986 et 1996 le triathlon de Paris est organisé sous la tour Eiffel par la société Sport Leader. Il y aura bien quelques couacs en raison de la pollution de la Seine, mais cette manifestation reste annuellement un événement marquant. L’évolution des contraintes administratives des courses sur routes ouvertes condamne l’épreuve à devenir un fantastique souvenir pour tous ceux qui ont pu y participer. Pascal BILDSTEIN, responsable de la communication et du marketing fédéral, Président de la Ligue Régionale Île-de-France et Président du Comité Départemental de Paris, est de ceux-là.

    Le 6 juillet 2005, « Londres 2012 » ayant annihilé tout espoir d’organisation dans un programme olympique, il tente, en janvier 2006, de se rapprocher de la préfecture pour organiser un triathlon dans Paris basé sur les parcours prévus pour les Jeux Olympiques de Paris 2012. Niet catégorique de l'administration préfectorale. En décembre 2006, nouvelle tentative de Pascal BILDSTEIN qui tire les conséquences du refus précédent. Le dossier est davantage dans les « clous » de l'administration avec une épreuve se déroulant aux abords de l'Hippodrome de Longchamp et du bois de Boulogne. Nouveau refus.

    Loin d'abandonner, il interfère auprès des protagonistes désirant un triathlon à Paris. Affluent alors en préfecture les lettres de soutien de Bertrand DELANOË (Maire de Paris), Jean-Paul HUCHON (Président du Conseil Régional d'Île-de-France) et de Jean-François LAMOUR (ministre des Sports). Le dossier est alors instruit et en mars 2007, la préfecture donne son accord. Pour autant, il ne reste que trois mois à la Ligue Île-de-France présidée par Cédric GOSSE pour monter l'opération qui prévoit une seule épreuve : un Courte Distance.
    Lyonnaise des Eaux, partenaire fédéral, est également celui du triathlon de Paris. 3 juin 2007, six cents concurrents se jettent, un à un, dans la Seine, près de onze ans après la dernière édition. Même si la tour Eiffel est bien loin… le triathlon est à nouveau à Paris.

    L'épreuve, malgré un délai de préparation très court, s'avère être une réussite à la fois pour les participants, le comité d'organisation et les partenaires institutionnels et privés.

    Podium Individuel Homme        Podium Individuel Femme
    1    Toumy DEGHAM    1:49:42        Carine ESBRI         2:10:20
    2    Charly LOISEL       1:49:49        Laura MARTEAU    2:13:05
    3    Brice DAUBORD    1:50:16        Julie GIGAULT        2:14:55

    Où se situe la F.F.TRI. dans tout cela ? Nulle part… jusqu’à ce que le Comité Directeur de la Ligue Île-de-France, puis son assemblée générale en fin d’année 2007, ne décident de contribuer à la mise en œuvre d’un Triathlon à Paris, officiellement organisé par la F.F.TRI. avec l’aide de la Ligue. Le 18 janvier 2008 une convention est signée.

    Ce comité d'organisation associe dans les différents secteurs des membres des deux structures. Paris 2008 se prépare sur le même dossier technique, avec pour modifications essentielles l'augmentation du nombre de participants sur l'épreuve Courte Distance (1.200) et l'adjonction d'une étape du Grand Prix F.F.TRI. - Lyonnaise des Eaux de triathlon, d'une épreuve de triathlon Découverte et de cinq épreuves de Duathlon Avenir.

    Le 18 février 2008 le site internet est ouvert et permet l'inscription des athlètes étrangers. Une semaine plus tard l'inscription est possible pour l'ensemble des participants. Trois cent quatre-vingt-cinq inscriptions seront enregistrées le premier jour. Il faut préciser que seule l'inscription par Internet est possible.

    Au même instant, devant l'importance du dossier et la potentialité de l'épreuve, les dossiers de partenariats d'agences de marketing arrivent au siège fédéral (IMG, organisateur du triathlon de Londres, Sportys, le partenaire du Stade Français de rugby, Triangle, l'organisateur de Nice, Canal + Events, rattaché à la chaîne cryptée, ASO, l'organisateur du Tour de France cycliste et du marathon de Paris, et même Lagardère qui a déjà investi dans le Triathlon d’Hambourg et la World Championship Serie de l’ITU).

    Le 3 mars 2008, après une étude rigoureuse de tous les dossiers, le choix est arrêté de signer un protocole d’accord avec l’agence Sportys. Le laps de temps imparti à la F.F.TRI. pour poser le cadre de ce contrat est court, et même si quelques points mériteraient d’être étudiés de façon plus approfondie, ils le seront pour une éventuelle reconduction, dans les années à venir.

    Si le Triathlon de Paris du 22 juin 2008 se déroule bien, c’est au prix d’une mise en place fastidieuse. Paris n’est pas qu’une étape du Grand Prix…, c’est aussi un Courte Distance. Pour cette première organisation, la Fédération Française de Triathlon a vu grand. 1.067 partants sur l’Open à faire rentrer dans l’eau en moins de vingt-cinq minutes. Il en faudra exactement vingt-deux et sans faux départ « s’il vous plaît ». Seul bémol : le bateau de l’arbitre principal est toujours au beau milieu de la meute des concurrents, comme en 2007 !

        Podium Individuel Homme                     Podium Individuel Femme
    1    Victorien LAFARGUE          1:56:39        Fabienne SAINT LOUIS    2:08:22
    2    Franky VIEVILLE                1:57:04        Camille DONAT                2:13:00
    3    Pascal FAIVRE PIERRET    1:57:42        Corinne DIRINGER           2:16:08

    L’édition 2009, sera parfaite en terme organisationnel. Mais elle est toujours à Longchamp. Ce n’est qu’à compter de 2010 qu’elle réintègre le Champs de Mars… comme au tout début.
     

  • Triplé Français au Championnat du Monde de Triathlon LD à Lorient

    Le Championnat du Monde de Triathlon Longue Distance du 14 juillet 2007 à Lorient (56 - Morbihan) est à marquer d’une pierre blanche pour les tricolores. Certes, le plateau est qualifié de « léger », mais quand même.

    Á la sortie de l’eau seul le brésilien Reinaldo COLUCCI est distancé. Torbjorn SINDBALLE se met alors à avaler les kilomètres à un rythme infernal. Autour de lui, Julien LOY, Charly LOISEL et Xavier LE FLOCH. Ce dernier ne suit pas le rythme et décroche. Les deux autres tricolores aussi, un peu plus loin. Á la seconde transition, le danois a 2’ d’avance. C’est un peu juste pour les efforts consentis. Le clan français se réveille en course à pied. Au cinquième kilomètre Julien LOY fait la jonction et le décramponne irrémédiablement. Même chose avec Xavier LE FLOCH quelques kilomètres plus loin. Même chose aussi avec Sébastien BERLIER peu avant l’arrivée. La France vient de réaliser son premier triplé.

    Le contraste est saisissant avec les femmes. Les hommes sont encore dans l’aire d’arrivée quand Delphine PELLETIER en termine… 4ème. La plus mauvaise des places. Elle n’a jamais rien pu faire face à la britannique Léanda CAVE. Elle a tenu jusqu’au 16ème kilomètre avant de se voir passer par la hongroise Erika CSOMOR, puis par Catriona MORRISON, l’autre britannique.

        Podium Individuel Homme           Podium Individuel Femme
    1    Julien LOY                  3:30:10        Léanda CAVE              4:04:03
    2    Xavier LE FLOCH        3:36:19         Erika CSOMOR           4:05:20
    3    Sébastien BERLIER    3:36:40        Catriona MORRISON    4:05:55

    L’année suivante, le 31 août 2008 à Almere (Pays-Bas), les Français remettront (presque) le couvert… mais loupent le triplé d’un peu plus d’une minute. Julien LOY est au summum de son art en remportant son deuxième Championnat du Monde devant ses amis de l’équipe de France, François CHABAUD et Sébastien BERLIER, qui échoue au pied du podium.

  • La F.F.TRI. reçoit les Délégations de l’Aquathlon et du Bike & Run

    L’entrée de Philippe LESCURE dans son troisième mandat, le 14 février 2009, s’effectue dans une certaine continuité, il revient sans être parti ! Aucune grande réforme structurelle n’est à l’ordre du jour. Toutefois, après trois ans d’accalmie relative, il s’agit de s’accorder un temps d’observation, avant de dresser des constats et d’engager la reprise de certains secteurs fédéraux.

    Les résultats des Jeux Olympiques de Pékin induisent une réforme du Haut Niveau. Jusqu’à présent l’approche fédérale du Haut Niveau était maximaliste. Il s’agissait de détecter des athlètes, puis de les accompagner dans leur projet sportif, avec tous les moyens d’une fédération (Pôle, déplacement, Contrat d’Insertion Professionnelle, Aide Financière, …). La réussite de la Fédération Française de Natation lors de ces JO donne des idées… Á la base, il s’agit d’être encore plus maximaliste avec les athlètes qui ont un niveau international de premier plan avec des résultats… et très minimaliste avec ceux qui n’ont ni l’un, ni l’autre. Simple à dire, moins facile à faire surtout sans Directeur Technique National.

    En effet dès janvier 2009, Isabelle GAUTHERON est approchée par la Fédération Française de Cyclisme, sa discipline d’origine. Son transfert est officieusement annoncé pour l’assemblée générale du 14 février 2009¹.

    Juste avant son départ, la bonne nouvelle arrive le 10 février 2009 : le Ministère accorde la délégation de l’aquathlon, ce qui n’est pas une surprise, et du Bike & Run, ce qui, par contre, en est une.

    Deux nouveaux chantiers de développement s’ouvrent pour la fédération…

    ¹ Frank BIGNET, le premier DTN issu du sérail, sera officieusement nommé fin mai 2009 et entre en fonction le 1er août 2009.

  • L’Aide à l’Emploi des Ligues Régionales

    Depuis de nombreuses années, la convention d’objectifs F.F.TRI./Ligues pose problème. Créée en 2002, son objectif initial, d’être proportionnel à l’esprit créatif dégagé par les Ligues dans leurs actions de développement, a disparu depuis longtemps. Elle s’est transformée en un versement financier standardisé et renouvelable.

    La nouveauté vient de l’État, en 2007, qui remet en question tout versement pour le développement dans les fédérations. Il souhaite toujours abonder « l’Élite », mais refuse d’abreuver « la Base », estimant qu’elle relève des collectivités territoriales.

    Quatre-vingt pour cent du montant de cette convention sont constitués de fonds étatiques. Les supprimer revient à voir disparaître cette aide. Pendant deux ans, Stéphane ZIMMER, le DTN Adjoint en charge du développement, gesticule avec les lignes budgétaires et surseoit à cette disparition. Pour 2009, les choses sont claires, il faut modifier le système.

    Le traditionnel séminaire des Présidents de Ligues se tient les 15 et 16 novembre 2008 à Saint-Raphaël (83 - Var). Le problème y est abordé en présence de tous ses acteurs. Comment obtenir des fonds remplaçant les subventions ? Sur quels critères redistribuer ces deniers vers les Ligues ?

    C’est en évoquant la professionnalisation des Ligues Régionales que Philippe LESCURE trouve la solution. Pourquoi ne pas transformer les fruits de la convention d’objectif F.F.TRI./Ligues, en aide à l’emploi de ces structures !

    Le débat n’ira pas beaucoup plus loin à cet instant, mais une fois passées les élections, Cédric GOSSE, le Vice-Président chargé des Relations avec les Ligues Régionales, est chargé de peaufiner l’idée. Il lui faut un trimestre pour finaliser le projet qui est voté lors du Comité Directeur du 20 juin 2009 à Paris.

    Dès lors, le dispositif ne cessera de s’amplifier puisque les quatre ligues qui n’avaient pas d’emploi embaucheront dans les deux ans suivant l’adoption de la mesure.

  • Triathlon discipline Paralympique

    En 2000, lors des Jeux Olympiques de Sidney, le triathlon fait sa première apparition, avec les médailles d'or du Canadien Simon WHITFIELD et de la Suissesse Brigitte MCMAHON.

    Après sa participation à trois Olympiades, c'est naturellement que le Triathlon, à l'instar de 9 autres sports, demande l'intégration des triathlètes en situation de handicap, aux Jeux Olympiques :
    - Basket-Ball
    - Badminton
    - Canoë
    - Golf
    - Powerchair football (Football en fauteuil)
    - Taekwondo
    - Triathlon

    Suite aux différents votes du Comité Paralympique International, les Jeux Paralympiques de Rio 2016 verront l'entrée de nouvelles épreuves dans le programme : le Para-canoë et le Paratriathlon. Cette nomination est une nouvelle formidable pour notre sport, pour nos paratriathlètes. La création d'une Equipe de France compétitive lors de ces Jeux sera l'un des principaux objectifs afin de bien figurer à Rio.

  • Le Triathlon Durable

    Depuis 2010, la F.F.TRI. est engagée dans une démarche de Développement Durable et contribue ainsi à défendre et partager les valeurs citoyennes responsables. Cela se traduit par la création de plusieurs dispositifs :

    Le Label Triathlon Durable en 2010

    La création du label Triathlon Durable a permis à de nombreuses épreuves de mettre en place des actions de Développement Durable dans le domaine de la gouvernance, du social, de l'environnement et de l'économie, déclinant de fait d'autres thématiques telles que la santé et l'accessibilité. Le Label s'articule autour de 3 niveaux :
    - Label Triathlon Durable *
    - Label Triathlon Durable **
    - Label CNOSF "Développement Durable, le sport s'engage".

    Création du guide du Développement Durable en 2013

    Dans un souci de faciliter la mise en place des actions de Développement Durable sur le terrain, la Fédération a publié en 2013 un guide enrichi de fiches pratiques. Le guide se compose de 8 fiches thématiques permettant d'organiser un évènement sous l'angle du Développement Durable avec des pistes potentielles d'actions :
    - Sensibiliser le public, la presse, les parties prenantes au Développement Durable ;
    - Initier une gouvernance durable ;
    - Respecter et valoriser le site de pratique, les habitants et l'environnement ;
    - S'engager dans une ouverture et une accessibilité de la pratique du triathlon pour tous assurer la promotion de la santé par le sport ;
    - Maîtriser nos consommations et la gestion de nos déchets ;
    - Initier des modes de transport éco-responsables ;
    - Instituer une politique d'achat éco-responsable
    - Communiquer de manière éco-responsable.

    Partenariat avec la Surfrider Foundation en 2013

    Depuis 2013, la Fédération Française de Triathlon est associée à la Surfrider Foundation Europe pour combattre la pollution des déchets aquatiques sur les terrains de compétition et d'entraînement. La F.F.TRI. s'associe avec la fondation dans ses campagnes "Initiatives Océanes", dont l'objectif est de faire prendre conscience de l'enjeu environnemental afin que chaque citoyen adopte de nouveaux reflexes (réduire sa consommation de plastique, recycler les déchets).

  • Distance M au Triathlon de Nice

    Créé en novembre 1982, le Triathlon de Nice a connu des évolutions importantes au cours de son histoire. Durant de nombreuses années, le Triathlon de Nice rime quasi exclusivement avec Longue Distance.

    Depuis 2011 et l'arrivée du Grand Prix F.F.TRI., le Triathlon de Nice propose un spectacle avec les triathlètes mondiaux évoluant sur le Championnat de France des Clubs de 1ère Division. La Promenade des Anglais propose également une distance M pour les triathlètes de tous niveaux, ce qui permet aux amateurs de pouvoir pratiquer leur discipline sur la trace des champions du triathlon. Cette distance est le support de plusieurs compétitions :
    - Championnat de France Individuel Groupe d'Âge
    - Triathlon de Nice Open

    Composé de 1.5km de natation dans la Baie des Anges, de 40km de cyclisme avec la montée mythique du col d'Eze, et de 10km de course à pied sur la Promenade des Anglais, les triathlètes amateurs sont de véritables privilégiés.

  • Nouvelles appellations de distances

    Lors de la mise à jour de la règlementation pour la saison 2012 - 2013, les élus ont souhaité modifier les appellations de distance dans le triathlon. Cette évolution a permis de donner plus de clarté à nos pratiquants sur les distances.

    De ce fait :
    - Les distances découvertes et super-sprint deviennent Distance XS ;
    - Les distances sprint deviennent Distance S ;
    - Le courte distance devient Distance M ;
    - Le longue distance (3/80/20) devient Distance L ;
    - Le longue distance (4/120/30) devient Distance XL ;
    - Le longue distance (3.8/180/42.195) devient Distance XXL.

     

    Les épreuves Jeunes ont été également modifiées dans leur appellation en fonction de leur catégorie d'âge :
    - Jeunes 6-9 ;
    - Jeunes 8-11 ;
    - Jeunes 10-13 ;
    - Jeunes 12-19.

  • Label Triathlon Féminin

    Initiée en 2004, la politique de structuration de la pratique féminine a abouti, en 2012, à la mise en oeuvre du plan de féminisation de la Fédération Française de Triathlon.

    Il comprend quatre grands axes qui regroupent 10 actions distinctes :

    Axe 1 : Valoriser la place des femmes dans le triathlon
    - Augmenter le nombre de femmes arbitres, dirigeantes et éducatrices dans chaque Ligue Régionale.

    Axe 2 : Favoriser l'accès à la pratique
    - Adapter la formation à la spécificité de la pratique des femmes et à leur accueil dans les clubs ;
    - Inciter les clubs à développer des créneaux "familles" ;
    - Préconiser la mise en place de "départs protégés" sur l'ensemble des épreuves fédérales

    Axe 3 : Engager une communication nationale ciblée
    - Développer le concours "Bougez, Vibrez Triathlon" ;
    - Offrir aux femmes la possibilité d'être accueillies gratuitement dans tous les clubs durant un mois défini pour les inciter à découvrir la pratique.

    Axe 4 : Proposer une pratique compétitive équitable par tous les publics
    - Respecter un principe  d'équité entre les femmes et les hommes dans le Parcours de l'Excellence Sportive (P.E.S) ;
    - Développer la parité (et non la mixité) dans les péreuves par équipes pour les jeunes ;
    - Prendre en compte les particularités féminines dans les projets pédagogiques à destination des jeunes ;
    - Mettre en place un quota féminin dans les critères de labellisation des clubs "Ecoles de Triathlon".

     

    En 2013, une commission spécifique a été créée et un réseau de 30 référentes féminines bénévoles a été mis en place dans les Ligues régionales afin de coordonner et dynamiser les actions du plan de féminisation à travers le territoire.

    Le 31 janvier 2014, la Fédération Française Triathlon a reçu le Trophée FEMIX'SPORTS pour la qualité de son plan de féminisation. Ce trophée a récompensé sa politique de promouvoir la place des femmes au sein du mouvement sportif. Le développement de la pratique féminine est un axe majeur pour le développement de la discipline. En 2014, les femmes représentenr 24% des licenciés de la F.F.TRI., un chiffre en constante augmentation depuis 2004.

  • Lancement de l'Ecole Française de Triathlon

    La Fédération Française de Triathlon a souhaité initier une démarche d'enseignement du triathlon à destination des plus jeunes.

    Le projet nait en 2006 dans le but de développer plus globalement la pratique des jeunes au triathlon. L'objectif est multiple :
    - Proposer aux éducateurs des outils pédagogiques et une démarche d'enseignement du triathlon ;
    - Harmoniser les actions des clubs autour d'un projet fédérateur ;
    - Evaluer et valoriser l'ensemble des compétences des enfants ;
    - Fidéliser nos licenciés ;
    - Motiver leur progression par des points de repères précis et explicites.

    Entre les années 2006 et 2009, une première phase du projet est mise en oeuvre. Elle consiste à définir précisément la "logique interne" de la discipline, c'est-à-dire les caractéristiques de la pratique en fonction de l'âge des jeunes (conduites motrices, capacités physiologiques et énergétiques, appréhensions ...). En lien avec l'ensemble des actions motrices identifiées, la Fédération créé les premières fiches pédagogiques, disponibles immédiatement sur le site internet fédéral.

    Puis, entre 2010 et 2014, le projet entre dans une deuxième phase avec la construction des différents outils pédagogiques constituant la mallette Ecole Française de Triathlon :
    - Livret Ecole Française de Triathlon ;
    - Répertoire des actions et conduites motrices du Triathlon ;
    - Classeur des fiches pédagogiques ;
    - Passeport du triathlète ;
    - Diplôme Ecole Française de Triathlon.

    Le 1er Février 2014, lors de l'Assemblée Générale Fédérale qui se déroule à Quiberon, l'Ecole Française de Triathlon est présentée et est très vivement accueillie. Le dispositif est alors officiellement lancé et les clubs affiliés à la F.F.TRI. sont les destinataires des premières mallettes EFT.

    Partenariat F.F.TRI. - USEP

    En 2014, l'Union Sportive de l'Enseignement Primaire (USEP) et la Fédération Française de Triathlon et des Disciplines Enchaînées se sont associées afin de promouvoir ensemble les disciplines enchaînées (triathlon, duathlon, aquathlon, bike & run) dans le cadre du temps sportif scolaire. Le dispositif éducatif développé par la F.F.TRI. constitue le support pédagogique privilégié pour les enseignants et les éducateurs de l'USEP qui souhaitent sensibiliser les enfants aux disciplines enchaînées dans le cadre du temps sportif scolaire et au cours des rencontres USEP.

    Partenariat F.F.TRI - UNSS

    Le 29 septembre 2013, l'Union Nationale du Sport Scolaire (UNSS) et la F.F.TRI ont signé un partenariat de quatre années qui s'articule autour de 4 axes :
    - Organisations et championnats, à savoir une coordination des calendriers afin d'uniformiser les compétitions ;
    - Formation des enseignants, d'animateurs sportifs et de jeunes arbitres officiels ;
    - Programme spécifiques : Développement durable, la promotion de la santé, Lutte contre la violence et les conduites additives ;
    - Communication des deux structures pour mieux se faire connaitre.

  • Une moisson de médailles aux Championnats du Monde 2014

    Après les Jeux Olympiques de Londres 2012 où les Français se sont classés au pied du podium (David HAUSS 4e, Laurent VIDAL 5e et Vincent LUIS 11e) et française dans le Top 20 (Jessica HARRISON 9e et Emmie CHARAYRON 18e), les Championnats du Monde à Edmonton et à Weihai ont permis de démontrer la montée en puissance des triathlètes français dans toutes les disciplines.

    Championnat du Monde de Triathlon et Paratriathlon Edmenton (Canada)

    Les Championnats du Monde ont regroupé les catégories suivantes : Elites, U23, Juniors et les catégories Paratriathlon. Durant cette compétition, l'Equipe de France récolte 7 médailles, ce qui la classe à la 5e place du tableau des médailles, derrière les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Australie et l'Allemagne. La France peut compter sur une génération très prometteuse.

    Dans la catégories Junior Hommes, c'est Raphaël MONTOYA qui s'empare du titre de Champion du Monde Junior. Constamment aux avant-postes, le sociétaire de Sartrouville assume pleinement son statut de favori pour aller chercher le titre mondial au terme d'une course maîtrisée de bout en bout. Quelques heures auparavant, les filles ont brillamment lancé ces Championnats du Monde avec la médaille d'argent de Cassandre BEAUGRAND et la médaille de bronze d'Audrey MERLE.

    Dans la catégorie U23 Hommes, le titre mondial revient à Dorian CONINX. Après sa victoire en 2013 dans la catégorie Junior à Londres, il a su respecter son statut de favori et succède à Pierre LE CORRE, lauréat en 2013. Sa quatrième place à la sortie de l'eau permet au Français de se glisser dans le groupe de tête à vélo, constitué d'une quinzaine d'éléments. Malgré le retour des deux groupes de poursuivants, le sociétaire des Sables Vendée Triathlon reste aux avant-postes dans la partie vélo. Il réalise ensuite une course à pied parfaite. Accompagné des autres favoris dans les premiers tours, notamment les deux Britanniques Marc AUSTIN et Gordon BENSON, le Sud-africain Wian SULLWAD et l'Américain KANUTE, Dorian CONINX va très rapidement imposer un rythme d'enfer à ses adversaires qui lui permettra de les lâcher les après les autres.

    Les paratriathlètes ont également été très performants avec 3 médailles : Lionel HIFFLER s'impose en catégorie PT3, Stéphane BAHIER et Elise MARC s'empare de la médaille de bronze dans la catégorie PT2

    Championnat du Monde de Triathlon Longue Distance Weihai (Chine)

    En 2013, Bertrand BILLARD avait conquis le titre de Champion du Monde Longue Distance à Belfort. L'objectif est de doubler la mise en Chine.

    Après une natation rapide menée en grande partie par Sylvain SUDRIE, quatres athlètes se détachent et partent à vélo avec 1'15 d'avance sur un deuxième groupe dans lequel on trouve Bertrand BILLARD et Antony COSTES. Sylvain part rapidement seul à vélo puis est rejoint par Bertrand après une quinzaine de kilomètres. Ils feront tout le vélo à deux, collaborant pendant 2 tours et s'attaquant mutuellement dans le dernier tour. Sylvain est victime d'une petite chute à la fin du parcours, qui le contraint à laisser Bertrand poser seul le vélo. A l'arrière, Cyril Viennot qui avait 5' de retard à l'issue de la natation, remonte à vélo pour poser en 3e position. Antony est 6e à la 2e transition.

    Bertrand, parti assez vite à pied, résiste à Sylvain qui a pris une pénalité de 30'' suite à une erreur lors de la première transition. Après un mano à mano de plusieurs kilomètres pendant lequel l'écart est maintenu, Sylvin craque et Bertrand augmente son avance pour conserver son titre ! Sylvain, médaillé d'argent, monte pour la 4e fois sur le podium, Cyril arrive à gérer sa course à pied pour s'asurer la médaille de bronze.

  • Charte du Sport Responsable Générali

    Le 4 décembre 2014, la Fédération Française de Triathlon s'engage avec Générali pour un "Sport Responsable". Cette charte s'articule autour de 6 axes opérationnels :
    - Rendre le sport accessible au plus grand nombre en favorisant le rapprochement entre les générations, les personnes valides et en situation de handicap, les catégories sociales et culturelles.
    - Reconnaissance de la pratique féminine en luttant contre toutes les formes de discriminations liées aux femmes, dans la gestion, l'encadrement et la pratique de l'activité sportive.
    - Sensibiliser les pratiquants aux bons réflexes de santé et de sécurité en informant sur les bénéfices du sport pour une bonne hygiène de vie, la lutte contre le dopage, sur les précautions à prendre pour que les efforts physiques se fassent en toute sécurité.
    - Adopter les pratiques éco-reponsables à tous les niveaux afin de mieux maîtriser les ressources et les énergies.
    - Faciliter l'insertion et la reconversion des sportifs en les accompagnant dans un projet de carrière qui allie performances sportives et scolaires pour faciliter leur reconversion et leur insertion professionnelle.
    - Promouvoir l'esprit sportif en faisant partager aux pratiquants et aux publics les valeurs du sport telle que le respect des règles, le civisme, le sens du collectif et l anon violence, mais aussi en considérant la pratique sportive comme l'apprentissage de la vie en société.

     

    Cette charte, signée par 9 Fédérations Françaises (Badminton, Cyclisme, Equitation, Football américain, Golf, Sport en entreprise, Tennis de table, Volley-Ball, Triathlon), permet aux fédérations et aux associations de promouvoir leurs actions en faveur du développement durable. Afin de récompenser les meilleurs acteurs pour un sport plus responsable, Générali organise chaque année Les Trophées du Sport Responsable.

    Lors de cet engagement, Audrey MERLE, membre de l'Equipe de France de Triathlon est devenue la première ambassadrice Sport Responsable Générali.

  • Le retour du Garmin Triathlon de Paris

      Le Triathlon de Paris est considéré par les triathlètes parisiens comme un évènement phare de la capitale. Au cours de son histoire, le Triathlon de Paris connaît de multiples rebondissements...

    Entre 1986 et 1996, l'épreuve parisienne se déroule à proximité de la Tour Eiffel avec une partie natation dans la Seine. Après 11 années de "disette", le Triathlon de Paris fait son retour en 2007 doit s'éloigner de la Dame de Fer mais Paris récupère son triathlon. Pour cette édition du retour, près de 600 participants répondent présent au Triathlon de Paris. L'année suivante, le nombre de triathlètes connait une très forte augmentation pour atteindre 1067 participants en 2008. Le Triathlon de paris continue de prospérer dans le paysage parisien jusqu'en 2012 pour atteindre près de 5000 participants.

      Après deux éditions annulées en 2013 et 2014 pour cause de mauvaise qualité de l'eau, le Garmin Triathlon de Paris fait son grand retour le weekend du 4 et 5 juillet, avec un parcours différent des années précédentes. Exit la partie natation dans la Seine et place à 1 500 mètres de natation sur le plan d'eau Interdépartement de Paris-Val-de-Marne. Puis, 40km de vélo permettront de rejoindre la capitale, pour conclure avec 10km de course à pied, sur les pavés parisiens, et une arrivée aux pieds de la plus grande dame parisienne... La Tour Eiffel, au stade Emile Anthoine.

 
 
 
 
 
 
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